CH. V. — LES TONS DE LA MUSIQUE GRÉGORIENNE
C'est donc à nous maintenant d'étudier les œuvres de l'art antique, de les comprendre, d'y saisir la pensée exprimée, le caractère qui leur est propre, et de régler là-dessus la tonalité dans laquelle il convient de les écrire et de les exécuter ! .
Œuvre difficile, je l'avoue, et où les artistes même les meilleurs pourront différer d'appréciation, 11 n'importe cependant ; c'est une œuvre nécessaire, autant que de restituer à ces mélodies leur rythme primitif, parce que, sans cela, on n'aura jamais qu'une intelligence imparfaite des beautés que renferme cette musique, autrefois tant admirée et goûtée par tous.
1 Hucbald de Saint-Amand faisait déjà cette recommandation aux chanteurs: « En outre, suivant les fêtes, le temps et le nombre des chanteurs, on devra chanter les psaumes et toute autre mélodie sur un ton plus ou moins élevé, car il n'est pas indifférent de varier le ton d'après les circonstances. Par exemple, la joie matutinale éclate sur un ton plus élevé qu'aux assemblées nocturnes, où il convient de chanter plus doucement, sans somnolence... C'est à la raison et au bon goût de déterminer quand et jusqu'à quel point il convient de hausser ou de baisser le ton des mélodies, comme aussi de les chanter ou plus vite ou plus lentement. » (Commem. brevis de tonis et psalmis modulandis. — Ap. Gbrb., t. I, p. 227.)