‹ Études de science musicaleChapitre 169 sur 220 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

ses indications, confirmées d'ailleurs par les exemples que M. Bourgault- Ducoudray en a reproduits dans sou livre.

L'échelle du mode grave enharmonique présente plus de difficultés. M. Bourgaull-Ducoudray n'en parle pas et n'en cite aucun exemple. Voici ce qu'en dit le Lampadaire : <> Le mode grave enharmonique a comme sons principaux Zw, Ai, Ta. (Si, Sol, FA), En commençant, pour faire sentir le Bou (MI), il aime le dièze et, pour le Zu, le bémol. Les repos imparfaits ont lieu sur Ai, quelquefois sur nv, (DO), les parfaits et le final sur Ta [FA] , aussi bien dans les chants stichérariques que hirmologiques. Parfois dans ces derniers on se sert de l'échelle diatonique, et en ce cas les repos se font, les imparfaits sur Ai (Sol) , les parfaits sur H* et Zw (RE et SI), le repos final sur Zw. » — Puis il ajoute un peu plus loin : « Dans le grave enharmonique, la phthore (signe du mode) est la même que dans le troisième mode enharmonique, et elle se place sur Zw aigu, qu'elle abaisse ; ce qui a toujours lieu, quand le mode grave procède enbarmoniquement. Dès lors, en parlant de Zw, ou de tout autre degré affecté de la phthore, par les intervalles du circuit (pentacorde), on trouve à l'aigu deux tons majeurs, et au grave un quart de ton, puis deux tons majeurs. C'est là l'échelle propre de ce mode. »

11 semble, d'après cela, que l'échelle modale doive être de la forme suivante :

El

Sauf l'intervalle enharmonique- de RE-MI]?, qui ne se trouve pas ici, celle échelle reproduit à peu près celle du troisième mode enharmonique. C'est ce que ditle Lampadaire : « Le mode grave enharmonique, bien qu'il ait une même base (tonique FA) avec le troisième mode enharmonique, en diffère néanmoins par les sons principaux et par les degrés propres aux repos mélodiques, parfaits et imparfaits », comme on le peut constater en effet. 11 semble encore que, dans ce mode, la mélodie procède parfois uuthentiquement, c'est-à-dire s'élève au-dessus de la tonique FA jusqu'au

CH. IV. — QUATRIÈME MODE 37i

tétracorde supérieur, ainsi que le fait entendre l'auteur, lorsqu'il dit qu « en partant de Zo> enharmonique on trouve à l'aigu deux tons majeurs » , plus un ton mineur et un demi-ton pour arriver à l'octave de la tonique.

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Mais il préfère sans doute la forme plagale, qui est celle de son échelle propre, et c'est alors qu'il fait ses repos sur Sol et sur DO, pour terminer sur la tonique FA. Quoi qu'il en soit, authentique ou plagal, le mode grave enharmonique, par sa finale et par ses degrés principaux, diffère totalement du mode grave diatonique ; il ressemble au troisième mode plagal et, aussi bien que lui, peut être considéré comme appartenant réellement au troisième mode en FA, dont il ne fait qu'altérer certains intervalles.

Tout autre est le mode grave diatonique. Sa constitution, qui est des plus étranges et absolument fantaisiste, ne permet pas de le compter au nombre des plagaux du troisième mode, et, s'il faut lui assigner une place quelconque, c'est évidemment parmi les deuxièmes modes, à moins qu'on n'en fasse, comme le pense M. Bourgault-Ducoudray, un irrégulier du quatrième mode de Sol. Mais les trois spécimens qu'il nous présente dans son ouvrage, contredisent tellement notre sens musical qu'il vaut mieux laisser aux Grecs à juger quel rapport existe entre ce prétendu mode grave et leur troisième mode authentique ou plagal.

Quatrième mode authentique

11 est diatonique et son échelle est la même que celle du premier mode authentique (p. 362). Les trois formes de mélodies : papadique, stichérarique et hirmologique, sont usitées dans ce mode. La forme papadique a Sol comme tonique, base naturelle du mode ; la forme stichérarique a RE ; et la forme hirmologique, ML

■JPT.

Les sons principaux du mode sont : slichérariquement, RE, Sol et MI, sur lesquels se font les repos intermédiaires, le final étant sur RE et quelquefois sur MI. Hirmologiquement, les degrés principaux sont les mêmes, mais les repos se font rarement sur HE, et le final toujours sur MI.

Le quatrième mode, bien qu'ayant la même échelle que le premier, en diffère donc par ses degrés principaux et par le lieu où se font les repos.

Quatrième mode piaffai (huitième mode)

io

« Le huitième mode, dont la base est Nr, (DO), s'appelle plagal du quatrième, parce que le quatrième mode papadique, dont la base est Ai (Sol), devient plagal et se repose sur Nt|. Son échelle est diatonique, procédant par diapason. Mais, souvent aussi, il procède par triphonies ou létracordes et prend FA pour tonique. Dans ce cas les intervalles sont disposés à partir de FA comme à partir de DO, c'est-à-dire par triphonie diatonique (FA- Sol- La- Si 7). »

Avec DO pour tonique, les degrés principaux sont DO, Miel Sol, sur lesquels la mélodie repose, pour finir sur DO et quelquefois sur MI. — Mais, avec la tonique FA, les sons principaux deviennent FA, Solet Si]?, les repos intermédiaires ayant lieu sur Sol, et le final sur FA.

SYSTÈME MODAL

I. — Tels sont les huit modes de la musique ecclés Grecs modernes. Manifestement, leur système n'est pas des anciens Grecs, ni païens, ni chrétiens. Autant le s; simple, clair, régulier et fondé sur des principes ce moderne est embrouillé, illogique et fantaisiste ; on n'; préoccupé que d'une chose : accommoder les modes eccl de la musique turque. Aussi l'explication de chacun d suivie d'un tableau, où l'on montre la concordance de t tons de la musique turque avec les huit modes ecclésinsl encore :

1° Les échelles modales sont formées toutes n pei degrés de l'échelle complète; leurs toniques, en effet, i ou RE et, pour un seul mode, SI. On a voulu, sans constamment la mélodie dans l'ambitus moyen des voi: tention est bonne, mais la manière dont on s'y est pris : entièrement la distinction ancienne et la raison d'être d tiques et des modes plagaux.

2" La base constitutive de ces deux sortes de moc anciens, que l'an Ih en tique et le plagal ont une même éc les tétracordes sont renversés dans le plagal, qui trans tétracorde supérieur de l'échelle authentique; ou encore le plagal soit à la quinte inférieure de l'authentique, les des degrés différents offrent les mêmes intervalles, d ordre absolument semblable, c'est un même mode en rents.- Il u'en est plus de même dans le système i

modernes. La distinction des modes authentiques et plagaux, maintenue dans la théorie, disparaît dans la pratique: aucun des modes appelés de ce nom n'est réellement plagal de son mode authentique. La différence même entre les modes réputés authentiques ou originaux est parfois si minime, tellement accidentelle que, ni scientifiquement ni artistiquement, elle ne saurait suffire à constituer des modes réellement distincts ; en plusieurs cas, au contraire, on trouverait entre les diverses échelles d'un même mode des différences beaucoup plus caractéristiques, telles même qu'on peut difficilement les rattacher à un même système modal. Par exemple :

Échelle du lor mode authentique : — RE -MI -FA -Sol — La -Si -Do- Re Échelle du 4 er mode plagal diatonique : — RE- Ml -FA -Sol — La- Si -Do-Re

De part et d'autre, l'ambitus du mode est le même, l'échelle est composée des mêmes tétracordes disposés dans un ordre identique : la finale est RE, la dominante La, les degrés principaux sont naturellement indiqués par les tétracordes, RE-Sol et La-Re en premier lieu, puis FA et Do, La seule différence est donc, que les mélodies du mode authentique font leur repos intermédiaire sur FA dans la forme stichérarique, tandis que, dans cette même forme, les mélodies plagales les font sur Sol; encore cette différence disparaît-elle dans les chants hirmologiques du premier mode, où Sol est aussi note de repos intermédiaire. Ces deux échelles n'appartiennent donc pas à deux modes distincts, et l'une ne peut être considérée comme plagale de l'autre.

Au contraire, le troisième mode authentique se présente sous six formes différentes, dont quelques-unes renferment des modulations, non seulement tonales, mais modales. Les deux premières échelles répondent assez bien à la constitution spéciale des cinquième et sixième modes grégoriens ; la troisième reproduit un ton plus bas, l'échelle du premier mode hirmologique, mais en transportant la tonique du premier au quatrième degré, ce qui en fait l'équivalent de notre huitième ton.

CH. V. — SYSTÈME MODAL 375

RE Ml FA SOL

8e ton grégorien : I

DO RE Ml\> FA SOL La S«b Do

IIIe mode grec : I ', -î ,' ; { 1

La quatrième, de FA majeur (deuxième échelle) ou de DO majeur (première échelle), opère une modulation au mode de RE (phrygien), transposé une tierce plus haut et sous sa forme plagale (deuxième ton grégorien).

DO RE Mfy FA SOL Lofr Sty Do

La cinquième et la sixième échelles reproduisent, dans un genre semienharmonique, la deuxième et la troisième échelles; elles appartiennent aux mêmes modes que ces dernières. Voilà donc réunies dans un mode grec les échelles de quatre modes grégoriens (2e, 5e, 6° et 8e) ; et ce n'est pas le seul exemple qu'on en puisse citer, car il n'y a presque pas de mode grec qui ne présente de ces anomalies.

3° Évidemment, aucun principe n'a présidé à la confection de ces modes. Une seule chose, l'échelle musicale, paraît offrir quelque stabilité: en chaque mode (sauf les cas où l'authentique et le plagal se font un mutuel emprunt), elle a son point de départ et son étendue fixés. Mais ni les degrés principaux, ni les finales, ni les repos intermédiaires, ni même la constitution essentielle de la gamme modale, n'ont rien de bien déterminé. 11 semble que les maîtres aient pu en user à leur gré et donner aux modes des formes nouvelles, selon que leur génie ou leur caprice le leur inspirait. La théorie scientifique des modes musicaux est plus inconnue encore des Grecs modernes qu'elle ne Test des Latins et qu'elle ne l'était des Grecs anciens.

37(î APPENDICE II. — MUSIQUE ECCLÉSIASTIQUE DES GRECS

II. — Et cependant l'action corruptrice de la musique turque n'a pas fait disparaître toute trace du système ancien dans la musique ecclésiastique grecque; on peut, ce semble, le reconstituer assez, bien avec les débris qui en restent.

Nous avoas d'abord, sur les échelles propres des modes anciens (authentiques et plagaux), leurs toniques et leur disposition par rapport à l'échelle musicale complète, le témoignage de notre auteur, qui dit : « Les anciens musiciens avaient formé les quatre modes authentiques des quatre tons d'un pentacorde, en prenant ces tons dans l'échelle du grave à l'aigu : Ni), n*, Bou, Fa, Ai ; et en descendant de l'aigu au grave: lia, Nï), Zu, Ke, Ai, ils trouvaient les quatre modes plagaux. D'où vient que, dans l'échelle musicale qui se compose de deux Létracordes semblables, le télracorde supérieur renferme les modes authentiques, Ha, Bou, Tu, Ai, et le tétracorde inférieur, les modes plagaux, Nr„ Zo>, K«, Ai. »

rr mode iv mode

ur mode

Mais il ajoute un peu plus loin, parlant toujours des anciens: « Ils construisaient également un circuit octacorde, où se trouvaient contenus les sons qui forment les modes. Mais chaque mode plagal est séparé de son authentique par un intervalle de quatre degrés, en sorte que, pour le trouver, il faut descendre une quinte au-dessous du mode authentique. Tout cela d'après les anciens musiciens. » Les toniques modales se présentent ici du 4* m. dans un ordre renversé : La et Si remplacent RE et du 3e m. MI pour le premier et le deuxième modes, de même que RE, MI, au plagal du premier mode et à celui me, sont mis pour SOL, LA.

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ïJ^T^-Tii

CH. V. — SYSTÈME MODAL 377

La similitude des tétracordes :

/er mode

La - Si - Do - Re

RE - MI- FA - Sol

//° mode

"Si - Do - Re - MI Ml -FA- Sol - La

Ier Plaçai

RE -157-^4 - Sol

Sol - La - Sï? - Z)o 2° Plagal

MI - FA - Sol - Za La - Sip - Do - Re

semblait autoriser cette inversion, et Ton avait ici encore les modes plagaux à la quinte inférieure des modes authentiques. Mais cette disposition, quelque peu irrégulière ou, du moins, peu naturelle, est certainement de date plus récente que la précédente, plus simple et plus claire.

Quoi qu'il en soit, les Grecs modernes l'ont retenue seule, et on la retrouve à peu près entière dans leur système modal : Sol-MI-RE-DO-Sl , sont encore, malgré certains errements capricieux, les toniques normales des modes qui leur sont ici attribués ; La et Sï, du premier et du deuxième modes authentiques, ont été remplacés par RE et MI, parce que, dit Etienne, les échelles sur La et sur Si sont trop aiguës et qu'on peut les construire aussi bien sur RE et sur MI

De plus, au lieu que primitivement chaque échelle modale était construite tout entière sur sa tonique et qu'il y avait ainsi autant d'échelles que de modes, comme nous le voyons de fait dans le système de Plolémée et dans celui de saint Grégoire, les Grecs modernes, trouvant exagérée pour les voix cette étendue de deux octaves, ont réduit l'ambilus total de leurs modes à une seule octave, de RE à Re, plus deux tons au grave, DO et SI Mais, cette réduction, ils l'ont opérée d'une manière inintelligente, qui renverse toute l'économie du système -modal, tandis qu'ils auraient pu se servir de leurs phthores (V. plus loin, ch. vu, §111) pour donner aux diverses échelles modales leur forme régulière.

L'échelle diatonique, même pour les Grecs modernes, est le fondement de tout le système musical ; elle est, dit Etienne le Lampadaire, « la base et comme la source d'où, au moyen des phthores, c'est-à-dire par les bémols et par les dièzes, ou simplement par le relâchement des intervalles, on tire les échelles des deux autres genres ». Malheureusement,

l'échelle diatonique n'a pour eux qu'une forme, celle de l'échelle complète des sons, comprenant deux octaves de SOL grave à Sol aigu. De cette échelle ils ont tiré trois échelles partielles ou octacordes, une de SI, une de DO et une de RE, pour en faire leurs échelles modales, mais en se contentant de prendre comme tonique de chaque mode le degré qui lui était assigné dans l'octacorde ci-dessus, de SI grave à Si aigu :

Ier mode auth. — RE - MI - FA - Sol - La - Si - Do - Re.

IIe modeauth. — DO -RE - MI - FA - Sol- La- Si- Do.

IIIe modeauth. — DO - RE - MI - FA - Sol- La - Si- Do.

IVe mode auth. — DO-RE-MI-FA- Sol - La - Si - Do.

lre mode plagal. — RE - MI- FA- Sol- La- Si- Do- RE.

26 mode plagal. — DO- RE- M£- FA - SW - La - Si - Do.

36 mode plagal. — SI^-DO-RE - MI- FA - Sol - La - Si\?. 4e mode plagal. — DO- RE - MI - FA - Sol - La - Si - Do.

Il en résulte naturellement que ni la forme authentique ni la forme plagale ne peuvent être conservées danslesmodes. Tels modes authentiques, le troisième par exemple et le quatrième, ont leur tétracorde supérieur au grave, et procèdent ainsi plagalement, tandis qu'au contraire presque tous les modes plagaux procèdent authentiquement, c'est-à-dire par tétracorde inférieur et tétracorde supérieur superposés. C'est détruire complètement la notion vraie des modes authentiques et plagaux, et la remplacer par de pures fantaisies. Aussi les musiciens grecs ne se sont-ils point gênés pour modifier à leur gré la constitution essentielle de chaque mode, soit en déplaçant la tonique et la finale du mode, soit en faisant reposer la mélodie sur d'autres degrés que les degrés principaux de l'échelle modale. De là tant d'irrégularités et de désordre dans leur système.

Rien cependant ne leur eût été plus facile que d'observer les règles anciennes, tout en réduisant l'ambitus de leurs modes à une octave, plus un ton au-dessus et un ton au-dessous de l'échelle, afin de ne dépasser jamais l'étendue moyenne des voix. Il leur eût suffi de prendre dans l'échelle diatonique un même degré, 722? par exemple, comme tonique des

CH. V. — SYSTÈME MODAL

quatre modes authentiques, et un autre degré à la quarte supérieure de celui-là, Sol par exemple (quarte supérieure ou quinte inférieure de RE), pour en faire la Ionique des modes plagaux, puis, au moyen desphthores, de disposer tous les intervalles au-dessus et au-dessous des toniques comme il convient à chaque mode :

Ier mode authentique : RE -MI -FA -Sol -La -Si -Do -Re

IIe mode authentique : KE-MI^-FA -SOL-La-Sfy-Do -Re III8 mode authentique : RE-MI -FA^-Soï -La-Si -Do\-Re IVe mode authentique : RE-MI -FAI-Sol -La-Si -Do -Re

i*rmode plagal

2" mode plagal

3e mode plagal

4* mode plagal

RE-MI -FA -Sol -la-Sty-Do-Re RE - MlÇ- FA -Sol- La), - St> -Do-Re RE-Ml"-FAl-SÔj, -La-Si -Do- Re RE-MI-FA -Sol -La-Si -Do-Re

Tous les modes authentiques auraient eu leur échelle complète audessus de la tonique, c'est-à-dire formée de deux tétracordes superposés, avec ton disjonclif intermédiaire ; dans les modes plagaux, au contraire, à cause de la tonique située au milieu de l'échelle, avec quinte au dessus et quarte au dessous, les deux tétracordes, sont conjoints, et le ton disjonctif occupe le sommet de l'échelle modale. Les modes authentiques procéderaient donc authentiquement, et les modes plagaux, plagalement; les échelles modales seraient toutes parfaitement régulières, et les huit modes retrouveraient leur vraie forme diatonique, que les Grecs modernes ne savent aujourd'hui comment rétablir pour quelques-uns d'entre eux. Cela n'empêcherait pas de conserver au deuxième mode, authentique et plagal, la forme chromatique qu'ils lui ont donnée, à l'imitation de la musique turque. Les deux échelles diatoniques modifiées chromatiquement par les phthores deviendraient alors :

IIe Mode authentique : RE- MI^-FA^-Sol-La-S^-Do^-Re 2e Mode plagal : RE-MI?-FA\-Sol-La^-S^-Do-Re

Quanta la forme enharmonique de certaines échelles, elle devrait disparaître complètement, la division du ton en quarts de ton n'ayant rien de naturel ni de scientifique et, pratiquement, ne pouvant produire que des cacophonies dans le chant. Le genre diatonique et le genre chromatique sont seuls admissibles et suffisent, d'ailleurs, à la variété et à la beauté des mélodies sacrées.

On remarquera la différence des modes plagaux construits ici à la manière orientale, une quinte au-dessous ou une quarte au-dessus des modes authentiques, et de ces mêmes modes, tels qu'ils se présentent dans la musique grégorienne, c'est-à-dire une quarte au-dessous ou une quinte au-dessus des modes authentiques. Des deux côtés, le principe est le même : l'échelle modale authentique procède de la tonique par tétracordes superposés, avec ton disjonctif intermédiaire ; l'échelle plagale, au contraire, procédant par quinte au-dessus de la tonique et par quarte au dessous, les tétracordes sont conjoints et semblables toujours à ceux

du mode authentique. Mais l'application de ce principe est différente, suivant que l'échelle plagale est construite à la quarte ou à la quinte de l'échelle authentique.

Dans le premier cas, qui est celui de la musique grégorienne, le mode authentique et le mode plagal ont même tonique et même dominante, les tétracordes seuls sont renversés :

Ier mode authentique : RE-MI - FA -Sol — La- Si -Do- Re 1er mode plagal : LA - SI -1)0 -RE-MI -FA- Sol — La

l'ambitus total des huit modes est alors de deux octaves, du Sol grave au Sol aigu. Dans le deuxième cas, celui de la musique grecque moderne, la tonique du mode authentique devient dominante du mode plagal, qui

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