LE RYTHME MUSICAL
'.Ttf
Pour les Grecs modernes, comme pour les anciens, le rythme, et un rythme précis, mesuré, est une des qualités (to tcoiov ou -h touott^) les plus essentielles de la musique1. Mais, dans leur musique ecclésiastique, ils font usage d'une manière de rythmer les chants, qu'on ne retrouve ailleurs que dans les chants populaires de la Grèce, qui est beaucoup plus simple, plus élémentaire en quelque sorte et, par là même, de tradition primitive.
L'unité de mesure dans le rythme, que les anciens appelaient pied (7to'jç), les modernes l'appellent ypovoç (temps, durée, mais temps et durée déterminés, fixes) ; ils désignent par le nom de xaipôç (temps, moment) les parties dont se composent le ypovo* ou le pied, et qu'anciennement les Grecs nommaient ypovouç (temps, simples et composés) . De même, le rythme (pufljjLÔç) n'est pas pour eux ce qu'il était pour les anciens, la forme ordonnée du mouvement, c'est plutôt la quantité du ypovou, le temps plus ou moins long pendant lequel il se produit. Le rythme des mélodies est simple ou composé : simple, lorsque, du commencement à la fin, tous les pieds ouypovot ont une même vitesse ou une même lenteur; composé, si le mouvement change d'allure au milieu du chant, et que de lent il devienne rapide, ou réciproquement.
A part cette différence dans la terminologie rythmique, ce qui est proprement de l'essence du rythme musical se retrouve dans la musique ecclésiastique des Grecs modernes, aussi bien que dans la musique ancienne. Etienne le Lampadaire l'explique comme il suit :
« Qu'est-ce que le ypovoç? — Le ypovoç est le temps (xaipo?) qu'on met à produire un mètre (jifcpov) déterminé, suivant des signes également déterminés.
* « Sans mesure et sans rythme, est-il possible de chanter? — Non assurément; car tout ce qui est musique, tout chant subsiste dans le temps et par le temps. La mesure, le rythme est donc l'àme du chant. » (E. Lamp., loc. cit.)
ontienl le /povoî? — Quatre choses : la thésis, l'arsis, le bruil
j idée les musiciens ont-ils du ^pivoç? — Pour les musiciens t la mesure du mouvement dans ce qui se meut, ou encore la mouvement réglé par thésis et arsis.
>n mesurer le ypôvoî ? — En musique on mesure le ^pâvo; par le t régulier de la main, s'élevant et s'abaissant sur le genou : le
s'écoule depuis la première thésis, c'est-à-dire depuis le ippé, lorsque la main s'abat sur le genou, jusqu'à la fin de tnd la main, après s'être élevée, retombe pour marquer la ihésis, s'appelle un -/pivo; (un pied, une mesure) ; après ce ôvoç vient le second, puis le troisième, et ainsi de suite. C'est '. xpovo; est toujours marqué par le frappé en toute espèce de ocale ou instrumentale. »
nent débute le ypôvo? au commencement des mélodies? — Au nent de toute mélodie, les chanteurs, qu'il y en ait un seul ou it plusieurs, élèvent bien ensemble la main pour l'arsis et, en ps, ils font entendre le son du signe qui est en tête de la ; signe que les Grecs appellent Vison du mode). Cette arsis on deux xpivouî du mouvement ci-contre X, et sert ainsi de le mouvement ; mais le temps qu'on donne à cette préparation pas dans la mélodie elle-même. C'est ce qu'on appelle conôvou ou voie du chant.
nubien de parties le divise-t-on ? — En quatre et demie, c'estleux lenteurs et demie et deux vitesses. Ainsi, pour les deux
demie, lorsque le yjaovo; dure l'espace d'une seconde (ou la s partie d'une minute), on l'indique par le signe X; s'il dure e et demie, le signe est /., et pour deux secondes'/-. Les deux
Quinttlien dit également : « Hujus (rythmi) adfectiones dicimus elationem ionem{tiam), strepitum (Wçov) et quietem (tjpijuav). » (Ap. Meïb., p. 31.) Ce sont :rmes qu'emploie ici Etienne. Il ajoute en note, pour expliquer ces quatre us appelons tkém le frappé de la main sur le genou, d'où résulte le bruit. in de la mesure (piTpov) temporaire, c'est-à-dire le temps où la main s'élève et sis suivante. Le bruit est produit par le frappé de la main sur le genou. Le ins l'intervalle de la thésis à l'arsis, car alors la main reste sans mouvement. Leurs à la voix retentissante prolongent outre mesure ce repos, en sorte que le é par cette lenteur. »