DEVELOPPEMENT DU PRINCIPE MUSICAL
L'étude de la résonnance harmonique nous a révélé le seci l'échelle musicale, son origine et sa constitution. Ce n'est là encon la musique que l'élément premier, ce sont ses matériaux de constru l'art vient ensuite, et de ces matériaux il forme différents système ou moins complets, plus ou moins réussis, en vue d'exprimer par le les sentiments et les affections de l'àme humaine.
L'échelle musicale est, en effet, susceptible de recevoir plu arrangements dans l'ordre et la succession des sons; chacun < arrangements, lorsqu'il est fondé sur les lois de la nature, conslil système à part, qui a ses règles, sa manière de fonctionner, son car propre et son genre de beauté. Il y a, enlre les divers systèrr musique, assez de dissemblance pour qu'on ne puisse les confon qu'on fasse à chacun sa place à part; tous néanmoins ont une c commune, tous se rattachent à un même principe. 11 n'existe pas de plusieurs espèces de musique, il n'y en a qu'une, celle qui est fourr la nature et qui a son point de départ dans la résonnaoce mullip peut étudier ce principe, le creuser plus ou moins profondément, e des conséquences plus ou moins étendues, y trouver de quoi doi l'art musical un développement plus ou moins complet; on ne trt rien en dehors de lui, et il suffît à tout.
L'étude des systèmes qui ont existé en musique depuis les ten plus reculés achèvera de mettre celte vérité dans tout son jour. Il cinq surtout sur lesquels l'histoire nous renseigne d'une manière i
IIe ÉTUDE. — LA MUSIQUE GRÉGORIENNE
certaine, et qui furent ou sont encore en usage chez les nations les plus policées. Ce sont les systèmes musicaux — des Chinois presque h l'origine de leur empire, — des Égyptiens à l'époque la plus brillante de leur civilisation, — des Grecs avant leur décadence intellectuelle et artistique, — des peuples chrétiens durant le moyen âge — et enfin notre système actuel, depuis que la science de l'harmonie polyphone a ouvert des voies nouvelles et commencé pour la musique une transformation qui est loin d'être achevée, la résonnance harmonique ne nous ayant pas encore livré tous ses secrets.
Je me propose d'étudier successivement ces différents systèmes, autant que le permettent les documents parvenus jusqu'à nous. Ce ne sera pts* on le conçoit, une étude approfondie et complète; des volumes n'y suffiraient pas; ce sera assez néanmoins, pour donner au lecteur une connaissance exacte de chaque système et lui permettre de constater dans la multiplicité des formes l'unité de la matière, la similitude d'origine et de principe. On sera étonné, j'ose le croire, de la lumière que projette sur des théories restées jusqu'ici asgpz obscures le principe de la formation de l'échelle musicale par la résonnance harmonique. C'est lui qui est à la base de toute théorie ancienne sur la musique, et lui seul en explique les diverses parties avec une clarté qui ne laisse, ce semble, rien à désirer.
Ce n'est pas à dire que tout soit parfait dans les théories musicales que nous a léguées l'antiquité; les erreurs, les lacunes surtout y sont nombreuses : quoi d'étonnant? Est-ce au berceau de l'humanité que la science atteint son plein développement ? De nos jours même, après tant de siècles de civilisation accumulée, avons-nous réellement une science de la musique, et notre système, quelque supérieur qu'il nous paraisse à tous les autres, ne laisse-t-il rien à désirer? Une chose pourtant est digne de remarque : plus on remonte à l'origine des peuples, plus on se rapproche des premiers instituteurs qui leur ont enseigné les sciences et les arts, plus aussi dans les théories musicales l'accord se fait, et une science étonnante des vrais principes se dégage des multiples altérations, que le temps, l'ignorance et l'oubli des traditions y ont partout introduites.
Entre tous les systèmes énumérés plus haut, je donne la priorité à la musique du moyen âge, ou musique grégorienne, pour trois raisons :
1° A cause de son antiquité, beaucoup plus reculée qu'il ne semble