VI. Dorienne
tétracorde
SI-DO-RE-MI-FA-SOL-La-SilMl-FA-80L-La-Si-Do-Re-Mi
pentacorde
tétracorde
pentacorde
tétracorde
K II se peut que cette harmonie fût divisée autrement, c'est-à-dire en plaçant la disjonction au bas de l'échelle, de même que l'harmonie mixolydienne l'avait au sommet. Elle se présenterait alors sous la forme :
ton* et On* dominante
LA-SI-DO-BE-M1-FA- SOL - La
presque semblable à l'échelle hypodorienne par sa finale et sa dominante, mais plus encore à la dorienne et à la mixolydienne par l'identité de ses tétracordes constitutifs. Ainsi s'expliquerait ce que dit Athénée du mode éolien d'abord : « Les Éoliens renferment en partie dans leur mode le caractère de celui qu'on a nommé dorien, ce quia fait appeler le leur hypodorien. » Et plus loin, du mode iastien: « Je conclus que l'ionien n'est pas un mode spécial,
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c*est-à-dire en retranchant le syntonolydien qui n'est qu'une variété, une couleur du lydien, et en y ajoutant les deux gammes qui manquent: l'hypolydienne et l'hypophrygienne, exactement les sept harmonies anciennes, telles que je les ai reconstituées plus haut, avec leurs divisions harmoniques, leurs toniques, leurs dominantes, leurs pentacordes et leurs tétracordes naturels. Mais que dira M. Gevaert de cette Harmonie iastienne pourtant bien authentique, quoique si différente de la sienne? Et de cette harmonie phrygienne, avec tonique RE et dominante /^Rien de plus simple cependant ni de plus clair, que la chemin suivi pour aboutir à ce résultat; c'est Aristide Quintilien qui l'a tracé dans son diagramme, et voilà bien, aussi sûrement que possible, les modes anciens de la Grèce, après Pythagore et avant Aristoxène, c'est-à-dire au temps où florissait en musique le genre enharmonique.
III. — M. Gevaert ne se contente pas d'identifier à son gré l'iastienavec Thypophrygien, il en distingue encore trois espèces: intense, normale et relâchée; et cette division, selon lui, s'applique également au mode lydien. Mais il importe de discerner avec soin le certain de l'hypothétique, ce que disent les auteurs cités et l'interprétation qu'en donne M. Gevaert; car il se pourrait bien qu'ici encore cette interprétation fût une opinion purement personnelle, une simple supposition dénuée de preuves à l'appui.
Que les Grecs, dans leur musique, aient fait usage d'échelles dites intenses et d'échelles dites relâchées, que ces deux sortes d'échelles existassent dans le mode iastien et dans l'hypolydien ; on peut l'admettre, puisque Aristote, Platon etPratinas en parlent d'une manière assez claire. Voilà le certain, ce me semble.
L'incertain, le supposé, c'est tout le reste. Ni Aristote, ni Platon, ni Pratinas ne disent rien qui autorise à expliquer les modes intenses et les
maïs quelque chose comme un mode. » Le seul vrai mode hellénique était donc le mode de MI; mais, de môme que la langue des Hellènes renfermait plusieurs dialectes particuliers, ainsi le mode hellénique avait plusieurs variétés, suivant les peuplades qui en faisaient usage : variété dorienne, la plus pure ; variété éolienne, la plus douce ; variété ionienne, la plus rude, et ajoutons, variété mixolydienne, la plus pathétique. Dans le principe toutes ces variétés n'étaient qu'un même mode fondamental ; c'est plus tard seulement qu'en se corrompant chaque variété devint un mode à part, dont la vraie constitution nous échappe, sauf pour le dorien, et a pu d'ailleurs changer plusieurs fois avec le temps.
LA MUSIQUE GRÉCO-ROMAINE ET l'oCTOECHOS
modes relâchés, comme le fait. M. Gevaert. Plusieurs raisons, àù contraire, engagent à les expliquer tout autrement.
1° On demande, tout d'abord, quel rapport il peut y avoir entre un mode surtendu ou intense et des mélodies qui suivent régulièrement leur échelle modale, mais dont la note finale, au lieu d'être la tonique, se trouve être la médiante au-dessus de la tonique ? Cette seule variété de finale, quand rien n'est changé, d'ailleurs, dans tout le reste de l'échelle, suffît-elle à constituer une forme tellement distincte et anormale que les mélodies en soient dévoyées, snrtendues , et que leur expression soit outrée, comme parle Àristote ? On aura toujours peine à le croire.
Puis, comment appliquer aux variétés modales de M. Gevaert ce que dit le même Aristote : « Aux hommes affaiblis par l'âge il serait difficile de chanter les harmonies intenses (o-uvrovouç àp[xov(aç) ; la nature elle-même les porte aux harmonies relâchées (àvei|xéva<;) ? » (Cf. Gevaert, op. cit., p. 14, note 1.) Quoi donc ? Les vieillards pourront chanter une mélodie, qui parcourt régulièrement son échelle, lorsque sa dernière note est la tonique, et ils ne le pourront plus, si cette note est la médiante, une tierce au-dessus de la tonique ? — Quoi encore ? C'est la nature qui réclame pour les vieillards des mélodies plagales plutôt que des mélodies authentiques ? Ils ne peuvent chanter, quel que soit, du reste, le diapason, s'ils ne parcourent d'abord un tétracorde, puis un pentacorde, au lieu de procéder inversement? — Étranges raisons en vérité !
Que, dans certains modes, dont la première tierce est majeure, les mélodies puissent se terminer sur cette tierce, comme sur la tonique, rien de plus simple ni de plus naturel, étant donnée la fonction de la tierce dans l'accord parfait majeur et son intime relation avec la tonique. Nous le sentons très bien dans notre musique ; les anciens le sentaient également bien dans la leur; ce ne sont pas là les mélodies qu'ils ont appelées dévoyées, elles étaient parfaitement régulières.
De même, avons-nous dit, dans tous les modes, sauf le mixolydien, la mélodie peut être â volonté plagale ou authentique, ou se tenir entre les deux, ni tout à fait plagale, parce qu'elle descend peu au-dessous de la tonique, ni absolument authentique, parce qu'elle ne s'élève guère au tétracorde supérieur. Toute échelle modale comprenant un double diapason, le compositeur, sans sortir des formes régulières, normales, du
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mode, choisissait le lieu de ses mélodies, selon qu'il lui paraissait convenir davantage à leur expression naturelle : il les faisait nétoïdes, hypatoïdes ou mésoïdes, à son gré. C'est ce que les anciens appelaient les modes de lamélopée (Cf. Arist. Quint ilien, de Musica;a,\>. Meybaum, p. 29), et dans chacun de ces trois genres ils distinguaient encore plusieurs espèces. Mais jamais ils n'ont appelé relâchées des mélodies, quelles qu'elles fussent, simplement parce qu'elles étaient du mode hypatoïde ; pas plus qu'ils ne les ont nommées intenses, lorsqu'elles étaient du mode nétoïde, ou normales , si elles étaient du mode mésoïde.
2° Ces expressions : mélodies intenses, mélodies relâchées, ne sont pas tellement inconnues des auteurs grecs qu'il faille chercher ailleurs que chez eux leur véritable signification. Il n'en est pas un parmi eux qui, en traitant des genres et des espèces, ne parle de ces variétés d'échelles modales inventées par Aristoxène, à ce qu'il semble *, maintenues par ses disciples et augmentées encore par Ptolémée. Les genres sont le diatonique, le chromatique et l'enharmonique. On sait en quoi ils consistent. Les espèces ou les couleurs sont les variétés du genre, constituées par une tension un peu différente des cordes mobiles, c'est-à-dire des deux cordes qui occupent le milieu de chaque tétracorde, entre les deux cordes extrêmes toujours immuables.
C'était le principe d'Aristoxène, en effet, que les cordes médianes de tout tétracorde n'ont par elles-mêmes aucun lieu, aucune tension déterminée, mais pourraient être tendues d'une infinité de manières, autant que l'espace entre la première et la dernière corde (intervalle ou consonance de quarte) est lui-même divisible ; les convenances de l'oreille seules limitent cette divisibilité et fixent un certain nombre de tensions des cordes mobiles, plus aisément perceptibles et plus agréables à entendre. Les premières limites sont déterminées par les genres, dont les intervalles
* Cf. Aristoxenis, Harmonie. Elément, (ap. Meybaum, lib. I). Il dit entre autres, en deux passages : « Accidit autem illi (Harmonicas) in septem partes dividi ; — quarum una est ac prima, gênera determinare el manifestum reddere, quibus quandoque manentibus et quibus motis differentin? isla? fiant. N'emo enim unquam convenienti modo hoc determinavit ; quod de duobus generibus non agerent, sed de ipsa tantum harmonica (h. e. génère enharmonico). » — Elaillours : « His subjungemus generum differentias illas, quaa per mobiles sonos fiunt; prœterea modos, in quibus isti moventur. De his vero uemo unquam vel minimum dispicere cœpit. ltaque primis nobis omnia hic recensita pertractare incumbit. Nihil enim, quod alicujus momeuti esset, ad nos pervenit. »
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caractéristiques sont: le dièze enharmonique, le demi-ton chromatique et le ton diatonique. L'intervalle du dièze enharmonique est déjà tellement resserré qu'il ne souffre ni diminution ni augmentation sensible à l'oreille humaine, sans sortir du genre et devenir demi-ton chromatique. Celui-ci, au contraire, de même que le ton diatonique, comporte des tensions différentes et donne lieu à plusieurs couleurs ou espèces du genre. D'après Aristoxène, le genre chromatique a trois espèces, et le genre diatonique deux. Ptolémée ne reconnaît que deux espèces du genre chromatique, mais il va jusqu'à cinq dans le genre diatonique. Les musiciens grecs étaient loin de se trouver d'accord sur ce point ; chacun voulait faire à sa fantaisie, et tous en avaient le droit, aucun principe scientifique ne servant de base à leurs inventions.
Quoi qu'il en soit, parmi les espèces d'Aristoxène et de Ptolémée, genre diatonique (pour ne parler que de celui-là), il y en a une qui est appelée diatonique mou, et une autre diatonique intense. Elles se distinguent l'une de l'autre par le degré de tension de leurs cordes médianes. Suivant Ptolémée, leurs intervalles caractéristiques sont représentés par les nombres :