‹ Études de science musicaleChapitre 209 sur 220 · CONSTITUTION DE LA GAMME ARABE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE LA GAMME ARABE

N'importe; ce que nous avons entendu et ce que nous pouvons lire aujourd'hui de cette conférence est instructif sous plus d'un rapport. Je n'ai point l'intention de le résumer ici pour mes lecteurs. Le travail enlier du docte bénédictin ne dépasse pas vingt pages, et je ne saurais plus ni mieux résumer la théorie qu'il y expose ; c'est lui qu'il faut lire. Mais on me permettra un autre essai, celui de compléter en quelque sorte son travail, en faisant ce qu'il n'a pu faire, une étude critique du système que sa conférence signale à notre attention. Ce sera pour nous l'occasion de parler d'une autre musique arabe, dont le Révérend Père ne nous a rien dit, mais qui mérite bien qu'on l'étudié. Le lecteur en jugera luimême.

Trois points sont successivement touchés dans la conférence : caractère général de la musique arabe, constitution de sa gamme, formation des modes. Je crois inutile de m'arrêter à la première partie, nécessairement plus subjective qu'objective. 11 ne s'agit guère, en effet, que de comparer deux genres d'impressions fort différentes, produites sur nous et sur les Orientaux par nos musiques respectives. Or il est évident, que deux éducations musicales aussi éloignées l'une de l'autre ne sont pas faites pour sympathiser de prime abord. Aussi n'est-ce point par l'audition seulement qu'il convient de juger une musique étrangère, d'autant que l'exécution peut en être fort défectueuse, comme il arrive le plus souvent pour les chants des Orientaux, sacrés et profanes. On ne s'en fera une idée un peu exacte qu'en étudiant la théorie elle-même d'abord, puis les œuvres des maîtres dans une notation fidèle, mais moins imparfaite que la leur.

Les deux autres points traités par le conférencier ne renferment certainement pas toute la théorie musicale; ils en sont du moins la partie la plus importante, celle qui nous fera le mieux connaître ce que vaut la musique des Arabes. Voyons-les donc.

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