‹ Études de science musicaleChapitre 45 sur 220 · III. — Genre chromatique · texte numérisé non relu

III. — Genre chromatique

Au lieu des sept quintes qui forment le genre diatonique, on peut encore faire entrer dans la constitution de l'échelle musicale un plus grand

1 Je dis ici ton de LA et ton de MI, en me conformant à la manière de parler ordinaire ; mais on verra dans la suite que les vrais tons dans cette hymne sont le ton de DO, quatrième mode, dans lequel la mélodie est composée, et le ton de SOL, quatrième mode, où se fait la modulation (Cf. plus loin, ch. vi, § 4, des Modulations tonales, l'hymne Jesu, lledemptor omnium, qui est du même mode et contient une modulation absolument semblable).

— GENRE CHROMATIQUE

la série. Les intervalles mélodiques n i genre nouveau qu'on a appelé le gen ies de la simplicité et du naturel p genres précédents, et nous nous trou :s variées, toutes également possibles es que les autres. C'est un champ il s et les Arabes seuls paraissent avoir îs s'aventurer bien loin. Essayons d'c

sortes toutes les combinaisons possib

enneut que sept degrés seulement

iposées d'un plus grand nombre de d

iegrés. — Ces échelles ne peuvent et e faire usage de plus de sept quintes c ne doivent renfermer que sept sons d es. Il faut donc que, dans la constil ou plusieurs quintes intermédiaires saire de sept. Il y a plusieurs manière! ; exemples.

des Grecs. — Ils ont pris dans la j

,-RE-LA-MI- SI Fa\Do-\\

îs quintes, SOL et RE, et avec les ; ■ échelle chromatique :

:A - SI - DO - Do\MI - FA •

: neuf quintes à partir de FA, en [i rendre dou

1)> -S/[> -FA ~DO- SOL- RE- LA- Ml -SI.

96 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE

Suivant eux, les intervalles de cette échelle sont incomposés et indivisibles en intervalles plus petits, parce que, tels qu'ils sont, ils caractérisent le genre chromatique. Or ces intervalles sont de quatre sortes : deux demi-tons, l'un diatonique, MI-FA et SI-DO, l'autre chromatique,

Fa-Fa\ etDo-Do%; un ton, LA-SI, et deux trihèmitons (tierce mineure)

FA\-LAziDO\-ML

Ils divisent encore cette échelle en deux tétracordes semblables :

MI- FA - Fa\ -LA et SI -DO- Do\- MI

séparés l'un de l'autre par l'intervalle de ton LA - SI, qu'ils appellent disjonction.

Les musiciens grecs se servaient de cette échelle pour composer des mélodies du genre chromatique ; malheureusement il ne nous en est presque rien parvenu, et nous concevons assez mal comment ils s'y prenaient pour rendre ces mélodies intéressantes j. »

2° Echelle chromatique moderne. — Bien que nos artistes fassent souvent un emploi immodéré du chromatisme en musique, pouvons-nous dire que nous ayons réellement un genre chromatique? Oui, s'il suffit de jeter avec plus ou moins de discernement, dans la mélodie, un certain nombre de notes et d'intervalles chromatiques, étrangers à l'échelle du ton et du mode dans lesquels cette mélodie est composée ; non, si un genre suppose nécessairement une échelle régulièrement constituée, des intervalles fixes, un nombre déterminé de sons élémentaires et l'obliga-

et, en retranchant La|? - SI, SOL, RE composer leur gamme chromatique avec les sept qui restaient :

MI- fa- sol\> - LA - Si -do-re\>- ML

Mais, à vrai dire, ils ne se sont servis ni de Fa jf et de Do £, ni de SOL]? et de RE\> ; leurs intervalles étaient beaucoup plus arbitraires et pouvaient avoir plusieurs valeurs différentes. Pratiquement, ils agissaient comme si tous les intervalles de demi-tons avaient la même valeur et qu'il n'y eût en musique ni notes attractives, ni notes résolutives.

* Voir, plus loin, page 100, la critique de cette échelle; et aussi, à la fin, dans l'appendice II, Y Hymne à Apollon, récemment découvert à Delphes.

;H. m. — GENRE CHROMATIQUE 97

mélodie dans les limites de son échelle. Or cette st la seule vraie; un genre en musique suppose tout serait plus un système régulier, ordonné : c'est du ire. A proprement parler, nous n'avons donc pas, lerne, de genre chromatique, mais seulement un ant être mélangé de chromatisme, >ossédons une échelle, à laquelle il manque peu de ur constituer un genre. Le chromatisme y est peu îxiste néanmoins, et nous pouvons déjà, au moyen faire quelque idée du genre. C'est l'échelle du mode it la sixte mineure et la septième majeure.

ffet, les quintes qui ont servi à former cette gamme ? 1 - SOL -RE - LA -MI -SI- Fa § - Do\

jsquelles on a éliminé DO, SI, Fa j), pour ne con- ;s et sept intervalles dans l'échelle. Celle-ci est donc matique, puisque sa composition exige une série de

Il n'y a pas un musicien qui ne sente l'impression e produit cette gamme, à cause de son intervalle de leure incomposée) entre la sixte et la septième, •edu genre diatonique ne devrait renfermer d'autres

la gamme majeure relative: l'intervalle de trihémiï, il n'y aurait pas de note sensible au-dessous de

doient tantôt l'une, tantôt l'autre de cesdeux échelles règle fixe et sans se douter qu'il y ail là deux genres s, qui ont chacun leur caractère et leurs lois. On ien peu les méthodes et les traités de musique sont

98 H* ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMO

d'accord entre eux sur la manière de construire l'échelle du mo Voici trois manières différentes, entre lesquelles on a le choix

Trois échelles du mode mineur

Ketieila naturelle dulotiiqi

Des trois, quelle est la bonne ou quelle est la meilleure? que, dans le genre diatonique, une seule est la bonne, la premiè dans le genre chromatique, la seconde est plus caracléristu troisième, parce que dans celle-ci le Fa\ détruit l'effet du FA-SOL\ et qu'il ne reste plus alors, pour caractériser le geni tique, que la coexistence dans l'échelle du DO et du SOL\, ce q

Ou prétend, il est vrai, que l'intervalle du trihémiton est un dur, difficile à entonner et que, à cause de cela, il convient de dit Je ne crois pas l'objection fondée ; bien au contraire, le trihémi intervalle d'une grande douceur, qui possède un charme tout dans la gamme mineure, et il ne faut qu'un peu d'habitude pour avec la même facilité que^ tout autre intervalle naturel.

8° Eclielle chromatique plus complète. — Notre gamme même avec un seul intervalle de trihémiton, renferme donc le éléments du genre chromatique ; il lui manque cependant quel pour constituer ce genre dans toute son intégrité, c'est d'être chromatiquement dans chacune de ses parties.

Toute gamme régulièrement constituée se divise en deux pa létracordes autant que possible semblables, séparés par le ton Par exemple, notre gamme majeure:

DO - RE - MI - FA — SOL - LA - SI - DO

1" létracorde ton 2* lélracorde

CH. III. — GENRE CHROMATIQUE

;oit dès lors que, dans chaque genre, ces deux partie ent être constituées de la même manière, c'est-à-dire ( ins le genre diatonique et chromatiquement dans le i, pour que le genre soit pleinement caractérisé et que 1 i complète.

)posé, notre gamme du mode mineur offre deux tétr la manière suivante :

LA — SI- DO- RE -MI -FA- SOL - LA

■ ton - i" tétracorde — 2* tétracorde

ditjoncUr

nctîf se présente le premier et les deux tétracordes se -à-dire unis par une note commune, le MI. Pour lui tion semblable à celle de la gamme majeure, il faudra ;helle sur le MI, quinte du ton ; la disjonction se tre lace, entre les deux tétracordes :

Page 1