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CHAPITRE I

KÉSONNANCE HARMONIQUE

La nature nous offre dans les corps sonores un phénomène connu des hysiciens et des musiciens, mais auquel on n'a pas, ce semble, attaché aule l'importance qu'il mérite : c'est le phénomène de la résonnance harmonique. Là pourtant est le point de départ de la théorie musicale, l'expliation et la raison d'être des divers systèmes imaginés à différentes poques.

Lorsqu'on frappe une corde basse du piano, ou qu'avec l'archet on met n vibration une corde du violoncelle, non seulement cette corde fait ensndre un premier son fondamental , mais une oreille un peu exercée disngue sans peine d'autres sons plus faibles, qui s'ajoutent successivement u son principal et ne s'éteignent qu'avec lui. On les a appelés sons harumiques, parce qu'ils résonnent en accord ou en harmonie avec le son >ndamen(al, et aussi, nous le verrons plus tard, parce qu'ils contiennent a réalité les éléments de la science harmonique moderne.

Par l'expérience et le calcul, la physique a pu déterminer exactement i nombre, la nature et la valeur des sons harmoniques suivant une loi énérale dont elle donne la formule. D'après cette loi, on peut représensr la série des sons harmoniques par la série des nombres 1 , 2, 3, 4, 5, , etc.. Chacun de ces nombres exprime le rapport exact entre les ibrations du son fondamental, 1, et celles du son harmonique, que ce ombre représente. Par exemple, si nous supposons un son fondamenil formé par 32 vibrations simples de l'air, dans l'espace d'une seconde, : premier harmonique aura un nombre de vibrations double, ou 64, le icond un nombre triple, ou 96, le troisième un nombre quadruple, ou 128, ainsi de suite.

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Les musiciens saisiront mieux la nature des sons harmoniques, si on les exprime par des noms pris dans notre système de musique, bien que ces noms ne conviennent pas absolument à tous les sons de la série et qu'il y ait parfois une différence sensible entre le son désigné et le véritable son harmonique, ainsi qu'on le verra par la suite. Voici donc cette série, depuis le premier son fondamental, que je suppose être le DO

de 32,3 vibrations simples, jusqu'au quinzième son harmonique, DO, de

516,8 vibrations :

1-2- 3-4-5-6-7-8 -9-10-11- 12 -13-14 -15-16 -etc.. DO-DO-SOL-DO-MI-SOL-SI^-DO-RE-MÏ-FA-SOL-LA-SI^ t] -DO-etc...

L'oreille seule ne pourrait discerner un si grand nombre de sons harmoniques résonnant avec le son fondamental, mais l'expérience démontre leur existence dans plusieurs instruments, dans le Cor par exemple, qui fait entendre successivement jusqu'au quinzième harmonique de sa note fondamentale réelle. M. Cavaiilé-Coll, le célèbre facteur d'orgues, a fait la même démonstration au moyen d'une série de trentedeux tuyaux d'orgue, harmonisés dans les proportions indiquées par les nombres acoustiques et disposés sur un sommier, qui permet de faire entendre chaque tuyau l'un après l'autre et tous ensemble avec leur son fondamental. L'harmonie est alors parfaite, et le son fondamental en acquiert une puissance et une plénitude extraordinaires.

Voilà en quelques mots le phénomène de la résonnance harmonique; je renvoie pour plus de détails aux traités de Physique, qui expliquent tous ce point de science acoustique. Tel qu'il est, le phénomène n'est pas seulement curieux, il a de plus en musique une importance considérable, qu'il faut signaler.

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