I - DO- RE - MI - FA - SOL - LA
înale, qui est la tonique elle-même LA, et une donûi-dessus de LA . De la tonique k la dominante, de LA
122 11" ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — l8r TRAITÉ : HARMONIQUE
à MI, il y a mouvement; de la dominante à la tonique, de Ml à LA, il y a tendance au repos.
Le point de départ du mouvement mélodique, c'est la tonique ; toutes les autres notes sont liées à celles-là comme à leur principe, lin chant peut commencer sur un degré différent de la tonique, mais on sent bien que ce point de départ accidentel est cependant placé sur la ligne, qui va, par une pente douce, de la tonique à la dominanle, pour continuer de là vers la tonique octave, dernier terme et repos h'nal à l'extrémité supérieure de la ligne. Entre ces deux points, tonique et dominante, en haut et en bas, la voix se meut de mille manières; elle peut franchir plus ou moins de degrés, ne parcourir qu'un espace très limité, une quinte, une quarte même, ou prolonger sa course au grave ou à l'aigu au-delà de la tonique ; toujours néanmoins elle aura ses points de repère, ses stations réglées, sur un des points intermédiaires pour des arrêts passagers, sur la tonique ou la dominante pour des repos plus marqués, jusqu'à ce qu'enfin la voix arrive au terme de son mouvement et vienne se reposer sur la finale du mode.
Mais guelle variélé d'impression, quelle richesse d'expression dans ce mouvement bien ordonné de la voix s'élevant de la tonique vers la quinte, sans toujours l'atteindre, revenant sur elle-même, pour retourner bientôt et dépasser son premier élan, arrivant sur la dominante et y reprenant haleine, parfois aussi la franchissant dans sa course rapide, puis oscillant autour de ce point culminant, avant de redescendre vers la Ionique ou de s'élancer avec une force nouvelle jusqu'aux extrêmes de sa course; tantôt marchant d'un pas égal et régulier, de degré en degré, tantôt impatiente de parvenir au but et d'un bond escaladant les intervalles, pour reprendre ensuite, avec plus de grâce, son mouvement tranquille de va-etvient et achever doucement sa course, en revenant au point de départ naturel, à la finale ou tonique !
El chacun de ces mouvements, ascendants, descendants, progressifs, régressifs, circonflexes, les arrêts, les reprises, les repos plus ou moins prolongés, tout cela est commandé chez l'artiste par le sentiment instinctif, qu'il y a progrès dans le mouvement mélodique, déploiement de force et d'énergie expressive, lorsqu'on marche de la tonique vers la quinte; qu'il y a, au contraire, retour au repos, une sorte de calme inté-
ie de la quinle on revient à lii Ionique ! C'est la succession et artistique de ces deux choses, le mouvement et le repos, qui es mélodies, les mélodies vivantes et parlantes, celles qui 'homme et ses sentiments les plus inlimes. îple fera mieux saisir encore la différence capitale qui existe néiodies, dont l'une observe exactement la loi du mouvement st du repos à la tonique, tandis que l'autre divague au hasard e à travers les degrés de l'échelle diatonique. Voici deux ou es de ce dernier genre; elles sont extraites d'un recueil de inoise, a l'usage de ces joueurs de Hùte, comme ils son! tous en grand nombre aussi chez nous, qui croient faire merveille ins un instrument el à multiplier les sons avec une agilité lique.
fc-r|
ïm^^M *sj j^pli^p
124 II* ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — l°r TRAITÉ : HARHONIC
Harmonie du Midi -lente
Chant sur le papillon
On peut, ce semble, défier qui que ce soit de trouver un sens r à des mélodies conçues dans ce goût et aussi dépourvues de tout
;lame en musique: l'ordre, la proportion et les convenances. Ce is le mouvement qui fait défaut, mais il est absolument désorimpossible de deviner ni une tonique, ni une dominante que; les repos se font au hasard, et le chant peut se terminer, au 'artiste, sur n'importe quel degré. Voilà la musique, lorsqu'elle pas à la loi du mouvement et du repos mélodiques; voyons main- 'exemple contraire dans la musique grégorienne.
Qua-li - ter Ile - demptor or - bis ini-mn - la - tus
126 IIe ETUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — 1er TRAITÉ I HARMONIQUE
Quelle différence de ces mélodies aux premières, et comme on sent bien ici un art en pleine possession de lui-même ! Sans parler des autres qualités de rythme, de proportion et de belle ordonnance dans les parties
s musicales, comment n'être pas frappé de la marche toujours régulière
de la mélodie, de l'enchaînement si naturel entre les divers intervalles
i; des sons, de ces repos habilement ménagés, tantôt sur la tonique et
tantôt sur la dominante, plus rarement sur les degrés intermédiaires, de cette cadence finale, enfin sur la tonique si bien amenée et dans un si parfait accord avec le sentiment de l'oreille musicale? Voilà ce que
î produit, quand on l'observe, cette loi du mouvement et du repos, sans
£ laquelle, on en conviendra, il n'y a en musique ni mode ni mélodie
véritables.
fi
H. — Division harmonique de l'échelle modale. — Mais il y a dans les modes musicaux un troisième élément non moins nécessaire que les deux précédents. Car, avons-nous dit, il ne suffit pas à l'être vivant de posséder un corps el une âme, un principe matériel inerte et un principe spirituel actif, il faut encore que ce corps soit organisé, qu'il ait un certain nombre de parties ordonnées entre elles, capables de recevoir le mouvement et la vie, qu'il soit, en un mot, un tout organique et non pas une masse plus ou moins homogène, lolalement dépourvue
de force et d'activité propres. Ainsi, en musique, le mode doit posséder non seulement un corps, c'est-à-dire une échelle des sons, non seulement une âme, c'est-à-dire un principe de mouvement et de repos mélodiques, mais encore une organisation, des parties harmoniques entre elles, formant un tout bien ordonné, susceptible de mouvement et de vie.
Mais qu'appelé-je parties harmoniques, et comment l'échelle d'un mode musical doit-elle être composée de parties harmoniques? Cherchons encore la réponse à ces deux questions dans la résonnance harmonique.
On se rappelle ce que nous avons établi, au début de la question précédente sur la loi du mouvement et du repos en musique, que l'intervalle d'octave, produit tout d'abord entier et sans division, se partage ensuite en deux autres intervalles plus petits, le premier de quinte le