CH. IV. — TONIQUES ET FINALES DES MODES
L'habitude de terminer le chant sur un autre degré que la tonique, e habitude existe quelque part, ne suffit point à constituer un mode ;t; car le mode ne résulte pas uniquement d'une note finale et ieu de repos arbitrairement choisis. Les Grecs ont pu penser cela, il est certain que d'autres éléments encore et non moins essentiels tirent à la formation des modes, comme je l'ai démontré. Ces élé-
sont au nombre de trois : A) une échelle propre, caractérisée par istribution particulière des intervalles de tons et demi-tons; c'est ps, la substance matérielle du mode ; B) la division de cette échelle rlies harmoniques, par consonnances de quartes et de quintes, au- > et au-dessous de la tonique; c'est l'organisme du mode; C) une ante ou quinte du mode, qui soit principe du mouvement, et une ou tonique, principe du repos; c'est l'âme et la vie circulant dans is et dans l'organisme du mode, pour en faire un tout expressif et inieux. Sans ces trois éléments, il n'y a pas de mode véritable et : en musique '.
ssi ne peut-on admettre comme généralement vrai le principe posé 'waert, au sujet des modes grecs : « Le son le plus grave de chaque
d'octave est la finale mélodique du mode de même nom. » Il 3 lui-même, « aucun texte de l'antiquité ne dit expressément que ré inférieur de l'échelle du mode soit la finale5 », et il n'est pas à que les Grecs, même en l'absence d'une théorie modale bien défient contredit à ce point le sentiment et les lois de l'esthétique île. Pour ceux, d'ailleurs, qui regardent les modes grégoriens
lie et dans la partie instrumentale, des deux cordes qui concourent à diviser l'ocdcgré inférieur de la quinte est le son fondamental de toute la cantilene. » Pourquoi le lamentai? Sinon, parce qu'il en est la tonique et que, en descendant de la quinte nante sur ce degré, le repos est naturel, le mouvement mélodique trouve son ternie? t, c'est moins encore le retour, même fréquent, de la tonique et de la dominante Tmine le mode, que l'emploi légitime des tétracordes dont est formée la gamme s, comme nous l'expliquerons plus loin.
i encore, il me semble être d'accord avec M. Gewaert. Pour deux modes, l'hypoi (iastien) et l'hypolydien, il admet trois variétés, dont une (l'intense) a, comme finale )dies, non la tonique du mode, mais sa tierce ou médiante. S'il en est ainsi, et sans musique ancienne, le plaiu-chant lui-même, n'y répugnent pas plus que la musique t, la finale n'est pas seule à caractériser un mode; la contexture des mélodies, la les tétracordes, les points d'arrêt principaux sont des indices plus sûrs et plus res.
, Gewaert, loc. cit., I, liv. II, ch. n, p. 130.
154 IIe ÉTUDE ! MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ior TRAITÉ : HARMONIQUE
comme dérivés des modes grecs, la constitution des premiers serait une preuve du contraire ; car, dans le chant ecclésiastique, le mode authentique et le mode plagal ont une gamme différente, et ils ne possèdent cependant qu'une seule et même finale, tonique dans l'échelle authentique, quarte dans l'échelle plagale i.