‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 21 sur 70 · LITRES SYMBOLIQUES BANS LESQUELS NOUS PUISERONS LA BOGTRINB · texte numérisé non relu

LITRES SYMBOLIQUES BANS LESQUELS NOUS PUISERONS LA BOGTRINB

DE l'Église russe.

SI notre écrit ne devait être lu que par des Russes , il serait aussi inutile de parler des livres symboliques dans lesquels nous puiserons la doctrine de leur Église , qu'il serait hors de propos, en écrivant pour les Latins , de leur parler du saint concile de Trente.

Mais nous nous adressons autant aux Occidentaux qu'aux Russes; nous croyons donc devoir indiquer les sources auxquelles nous demanderons la doctrine authentique de l'Église de Russie.

La première est la Confession orthodoxe de la foi de 4' Église catholique et apostolique d'Orient.

Pour donner une juste idée de la valeur dogmatique de ce livre, nous ne saurions mieux faire que de citer les paroles de M«' Macaire Boulgakof, moine de Tordre de Saint -Basile-le- Grand et recteur de l'académie de Saint-Pétersbourg, récemment promu à l'archevêché de Tambof. Il parle des dangers que l'Église orthodoxe a courus , vers le commencement du

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Xvn* siëcle , de la part des catholiques et des protestants , et de la nécessité qu'il y eut alors de formuler une profession de foi aussi exacte que possible, et de fonder des écoles à i'usage des orthodoxes ; puis il continue en ces termes :

c Ce double besoin était clairement compris par beaucoup de monde en Grèce et .en Russie; mais personne n'en était plus pénétré que Pierre Mogila, métropolitain de Kief. Il cherchait les moyens de formuler une profession de foi orthodoxe de TËglise catholique et apostolique orientale ; et c'est lui qui introduisit le premier dans son collège de Rief renseignement de la théologie avec le développement qu'il recevait alors dans les universités d'Europe, et de cette façon il ouvrit la troisième époque de la théologie orthodoxe,

« Et, en effet, la Confession de foi orthodoxe fait bien époque dans l'histoire de notre théologie. Jusque-là , les enfants de l'Église d'Orient n'avaient pas de livre symbolique à eux , dans lequel ils pussent trouver , en matière de foi , avec quelque détail , une direction au nom de l'Église ellemême, un exposé systématique et une apologie du dogme ; ils étaient réduits à se contenter de définitions très - brèves , données par les conciles œcuméniques et locaux , et des règles des saints Pères nommés dans le concile in Trullo. Ils devaient ensuite recourir aux autres écrits des Pères qui ne pouvaient avoir la même autorité. La Confession de foi de Pierre Mogila , examinée et ratifiée par deux conciles , celui de Kief, en 1640 , et celui de Jassy, en 1643 , puis examinée et approuvée par les quatre patriarches œcumé^ niques et par les patriarches russes Joachim et Adrien, devint le premier livre symbolique de l'Orient. Pour la première fois , tous ses dogmes furent exposés , en son nom ,

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avec toute la précision possible , et en tenant compte , non pas seulement des anciennes hérésies, mais encore des erreurs nouvelles qui avaient sui^ dans TOccident depiûs qu'il s'était séparé de l'orthodoxie cecuménique. Par conséquent , cette Confession de foi est le guide le plus détaillé et en même temps le plus sûr en matière de foi , non - seulement pour tous les fidèles orthodoxes , mais encore pour les théologiens chargés d'exposer le dogme S »

Nous ne voulons rien ajouter à ces graves paroles : retenons surtout que la Confession de foi orthodoxe, approuvée par tout l'Orient et la Russie dans la personne de leurs patriarches, est reconnue formellement comme \e guide le plus sûr en mcUière de foi.

Cette Confession de foi a été imprimée à plusieurs reprises en différentes langues. Nous suivrons l'édition grecque^ latine qui fait partie de la collection de Rimmel, intitulée: Libri symbolici Ecclesiœ orientalis , et qui passe avec raison pour avoir été faite avec le plus de soin.

Le second livre symbolique dont nous ferons usage est la Confession de foi de Dosithée^ patriarche de Jérusalem. Voici ce qu'en dit M^ Macaire :

c Dosithei confessio , dans les Libri symbolici de Rimmel, léna, 1843, en grec et en latin. Il en existe une traduction russe. Cette Confession de foi de Dosithée, patriarche de Jérusalem, fut lue et approuvée au concile de Jérusalem en 1672, et elle fût envoyée en 1723 à notre synode , de la part des quatre patriarches orientaux , comme un exposé exact de la foi. »

1 V. De VEnseignement de la théologie dans VÈglise russe, par le P. Ga« parin. [Études de théologie, etc., t. l, p. 19, seqq.)

L'occasion de cet envoi fut fournie par les démarches que les protestants d'Angleterre firent vers Tannée 1723 auprès des Russes pour les entraîner dans leurs erreurs. Les Russes eurent le bon sens d'expédier aux patriarches d'Orient les pièces qui leur avaient été communiquées par les Anglais. Les patriarches répondirent à ce témoignage de confiance en faisant parvenir en Russie un exemplaire de la Confession de foi proposée par Dosilhée à l'approbation du concile de Jérusalem , concile auquel avaient assisté des théologiens russes, et dans lequel ils avaient reconnu avec les autres Pères que cette Confession contenait la foi tant de l'Église russe que de l'Ëglise orientale.

Les patriarches d'Orient, en envoyant en 1725 cette Confession de foi au saint synode de Russie , l'accompagnèrent d'une lettre , et à la fin de la confession , qu'ils signèrent de leur propre main, ils attestèrent et reconnurent c qu'elle est la doctrine orthodoxe de leur chrétienne , apostolique et catholique Église orientale. »

Trois patriarches seulement prirent part à cet acte , parce que la mort avait alors rendu vacant le siège d'Alexandrie ; mais cette lacune fut abondamment compensée par tous les prélats de TÉglise grecque non unie qui se trouvaient alors à G)nstantinople , et qui, au nombre de neuf, reconnurent, avec les patriarches de Constantinople , d'Antioche et de Jérusalem, c que cette confession était la foi de l'Église catholique orientale. »

Cette Confession de foi est généralement connue en Russie sous le nom à*Épître des patriarches d'Orient sur la foi orthodoxe* Nous la désignerons ainsi ; c'est d'ailleurs sous ce rjoin que W^ Philarète, métropolite de Moscou, la cite

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d'ordinaire dans son Catéchisme détaillé , dont nous parlerons bientôt. Il Tappelle aussi quelquefois VEœpimtion de la foi des patriarches d'Orient, dénomination qui indique encore davantage sa valeur symbolique.

On peut dire de cette ÉpUre qu'elle est pour TËglise orthodoxe ce que la Profession de foi dite de Pie IV est pour rËglise catholique. Comme les expressions : l'Église ca^ tholique enseigne, et la Profession de foi de Pie IV ensei^ gne , sont synonymes dans la bouche des catholiques , de la même manière les Russes disent indifféremment ; VÉglise orthodoxe enseigne , et l'Eœposition de la foi ou VÉpitre des patriarches d'Orient enseigne» En voici une preuve tirée du Catéchisme détaillé.

Dans la leçon sur le premier article de foi, le Catéchisme, voulant faire connaître que la prédestination des anges n'a pas été indépendante de leurs œuvres , demande : c Comment TËglise orthodoxe s'explique-t-elle sur ce sujet? » et il répond : « Dans VEœposition de la foi des patriarches d'Orient , il est dit : c Or, puisqu'il prévoyait que les uns € feraient usage pour le bien de leur libre arbitre et les c autres pour le mal, il prédestina les uns à la gloire et les c autres à la damnation (art. 5). »

C'est absolument comme si nous, catholiques, disions: € Dans la profession de foi de Pie lY, il est dit : etc. :»

Dans les extraits que nous emprunterons à YÉpître des patriarches d Orient, nous suivrons l'édition de Kimmel, indiquée par M^*^ Macaire Boulgakof , et cela avec d'autant plus de raison, que l'édition française , insérée dans la traduction de l'ouvrage du P. Theiner : V Église russe d'aprls les relations récentes du saint synode , est non-seulement

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. infidèle en beaucoup d'endroits , mais même tronquée dans des passages essentiels.

Le troisième ouvrage y qui n'a pas à la vérité la même autorité que la Confession de la foi orthodoxe et VÉpître des patriarches d'Orient, mais qui possède cependant une grande valeur dogmatique^ et dont nous nous servirons en conséquence, est le Catéchisme détaillé de VÉglise catholique orthodoxe d'Orient. Ce Catéchisme a été composé par M^ Philarète, métropolite de Moscou , et il a été , comme le titre même le porte, c examiné et approuvé par le saint synode de Russie, et publié à l'usage des écoles et de tous les chrétiens orthodoxes. » Il résulte de cet examen et de cette approbation que ce Catéchisme a pour les Russes l'autorité que le Catéchisme de VEmpire avait autrefois pour les catholiques français. L'enseignement qu'il contient est vraiment authentique, sans que cependant il soit décisif dans les points sujets à contestation.

Il existe de ce Catéchisme des traductions en plusieurs langues. Nous suivrons la traduction française, imprimée à Paris en 1851, par les soins, si nous sommes bien informé, du gouvernement russe.

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JUGEMENT AUTHENTIQTJE BU SAINT 8TN0DE DE RU88IS SUR U CONFORMITÉ DE LA DOCTRINE CATHOUQUE ET DE LA DOCTRINE

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