‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 25 sur 70 · DE LA PROCESSION · texte numérisé non relu

DE LA PROCESSION

mais elle est la doctrine de celui qui m*a envoyé. Si queU qu'un veut faire la volonté de Dieu» il reconnaîtra si ma doctrine est de lui, it^cpov Ix tou 6cou ^ortv^ ou si je parle de moimême ; utrum ex dbo sit» an ego a me ipso loquor ( Joann. yu,n), > paroles par lesquelles le divin Maître nie que sa doctrine soit sa doctrine, qu'elle provienne de lui , an ego a me ipso loquor^ en ce sens qu'il n'en est pas la source pre^ miëre; mais il ai&rme que cetle source est son Père; que c'est de son Père que sa doctrine provient , procède primitivement, utrum eœ Deo sit; qu'elle n'est en lui-même que par communication ; qu'il ne parle pas de lui-même, an ego a me ipso loquor, ou comme étant un autre principe de dootrine que son Père.

Ils disent 4"" que, si l'on prend le terme de procéder dans un sens plus large; si on l'emploie comme l'équivalent d'être produit par quelqu*un , de recevoir de /ut, de son action, reœistence et la subsistence, en faisant abstraction de principe primitif et non primitif, alors il faut dire que , puisque le Saint-Esprit est produit par une force communiquée par le Père au Fils , et par conséquent commune au Père et au Fils, il procède du Père et du Fils. Telle est la terminologie dont se sert l'Église romaine, et qui a été également employée dans l'Église orientale. Saint Âthanase et saint Basile ont dit : effulget ex Filio; Didyme d'Alexandrie : ex Pâtre et me (Christo) est; saint Épiphane : ex ambobus oritur; saint Cyrille d'Alexandrie : ex utroque profluit, profunditur, procedit; il ajoute même : substantialiter ; Anastase le Sinaïte : ex Domino Christo existit, etc., etc.

Ils disent W* que les phrases : l'Esprit - Saint procide

du Ph'e par le Fils, et : V Esprit-Saint procède du Pire, et il est rEsprit du Fils, sont parfaitement orthodoxes , et reviennent à ce que saint Augustin a exprimé en ces termes : € L'Esprit -Saint procède du Père primordialement (principaliter) ; mais il procède aussi du Fils, parce que le Père> en engendrant son Fils , lui a communiqué ce par quoi l'Esprit - Saint procède de Tun et de l'autre ; et c'est ainsi qu'il n'est pas dit en vain que l'Esprit -* Saint est l'Esprit du Père et du Fils *. >

Toute la contestation semble donc se réduire à une dis* |)ute de mots. Les Russes appellent seulement principe , cause, auteur, la source primordiale de la divinité; les Latins , à l'exemple de saint Augustin et de tant d'autres Pères , ne refusent pas de reconnaître cette origo principalis, cette source première , ce principe sans principe ; ils l'établissent même dans toutes leurs théologies ; mais quand ils parlent du principe du Saint-Esprit, ils parlent du principe de production qui est l'essence divine dans le Père et dans le Fils, et la faculté qu'ils ont de produire l'Esprit-Saint.

En outre, les Russes, lorsqu'ils considèrent la procession du Saint-Esprit, remontent à la source originelle ; les Latins, au contraire , s'arrêtent à l'acte, ou, si l'on veut , à la faculté par laquelle l'Esprit-Saint est produit , telle qu'on conçoit cette faculté dans le Père et dans le Fils immédiatement avant la production de l'Esprit-Saint. De là il arrive que les uns disent qîïe le Père est seul principe; les autres, qu'il est seul principe primordial; de même , les uns affirment que l'Esprit-Saint procède du Père seul, en tant qu'il est la source et le principe de la divinité , 6; wiy^ç xal apx^ç t^ç

* Voyez Petau, De Tnnit.^ 1. XV, c. xvii, d. 29, et 1. IV, c. xi, n. 29.

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