L-ÉausE fttrssE sr ue pape
expriment sans doute une autorité conférée par 1^ divjn mattre à son ap6tre.
ïl est très-vrai que le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés n'a pas été donné à Pierre d'une manière tellement ffiblusive , que personne autre que lui ne pût les remettre : ce pouvoir n'était pas borné au petit nombre d'années que Pierre devait passer sur la terre , et il n'était pas tellement concentré dans ses mains qu*il ne pût le partager. C'est évi« dent; autrement aucun prêtre; aucun évèque, aucun pape, àuain apôtre ne pourrait donner une absolution. Ce n'est cerftinennjebt pas le sens des part^lies dfe Notre-Seigneur ; aussi je ne suis nullement surpris de l'entendre dire un jour aux apôtfes réunis , avec lesquels et parmi lesquels était saint Piefcre : « Recevez le Saint-Esprit ; ceux auxquels vous remettrez les péchés, leurs péêhës leur seront remis; ceux auxquels vi6ud les rmteÀilréfc,ld#s'péchesflè(ir sérotit retenus*. » ji C'est nriycommnnîjcalion' pettiellti' et' -ôô^ ce n'est
pas la hrôtiocationJ ml la'îre8tric!?îOii''dÉJs'poiifvoir^'pirbmis isans rései^fe h saîh* Pierre tc^it' sè«h' EH'<k)rtférà!it là juridiction aux apôtres , Jésus-^hrife» h^ertlè«^ë pasaù'priAcè des apôtres lalpriïMtitéiid^îuridifGtîéïn' fjfa*à il»ln^éfl''è^t paé'rtjdins iirrai qiie-Jésws-G*j*iât';ïs*^reèBaïif|i''à'<Pi6 Pierrë'séul ,
lai (iitîa\wl3olènnité'»ivi:Jle1«idomibràl»lescfe^ ftiymrûe déà'cieùk; 'tout bé que tti»dnmk4i6]^dpr te^têrl^e i'sera lié dans Ierciel}'îtèi3t3*pe (pw- ta<âu#8(si«^lié sui^'M^Heité ; -sera délié cfciite'iéciel \i'k DoncPlerr e^la^u^û'te^iilëft fltt^ieîï 11 a reçu le'poiliAwr deillei? et^dè diélfen tet^^tet 'SàrtSlatibtlé^ restriction iilmt<ôkqmm^mtABM^^ ft)^^(!é^é'tuiluras délié.
^ Joaim, XX. 2St^8. n . • i . r
30 LES STAROVÂRES^
Avant de répondre à cette question , il faut encore avoir recours à une distinction. Cette primauté de juridiction, cette autorité exercée par le pape sur toute l'Église peut avoir deux origines différentes. Elle peut avoir été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, et dans ce cas elle vient immédiatement de Dieu , elle est de droit divin ; mais il aurait pu se faire que Dieu , sans rien déterminer d'aussi précis sur le gouvernement de son Église , se fût contenté de laisser à l'Église elle-même le soin de pourvoir à ses besoins; alors l'Église , par l'organe des conciles et des saints Pères, aurait pu, si elle l'avait jugé à propos, conférer une plus grande autorité à tel ou tel évêque en particulier. Dans cette hypothèse , l'Église serait toujours maîtresse de retirer les pouvoirs qu'elle aurait donnés. Si l'évêque de Rome avait reçu, non de Jésus-Christ immédiatement, mais de l'Église, par l'organe des conciles et des saints Pères, une certaine autorité embrassant l'Orient et l'Occident, cette primauté de juridiction ne serait plus de droit divin , mais de droit ecclésiastique, et par conséquent sujette à être modifiée, à être renfermée dans de plus étroites limites, ou même à être entièrement supprimée.
L'Église orientale ne peut pas contester que les évêques de Rome n'aient exercé une véritable autorité en dehors des limites de leur patriarcat. Us ont condamné et déposé des patriarches de Constantinople , d'Antioche, d'Alexandrie; ils ont reçu les appels des patriarches qui occupaient ces sièges, comme saint Athanase et saint Jean Chrysostome, ou bien encore les appels interjetés contre les sentences rendues par des patriarches de l'Orient. Or, tous ces actes établissent, d'une manière indubitable, la juridiction des
l'Église russe et le pape. 31
évèques de Rome sur l'Orient ; mais il ne s'ensuit pas encore que la juridiction exercée par les papes l'ait été en vertu d'une autorité conférée par Jésus-Christ lui-même , et non déléguée par l'Église. C'est là toute la question.
Les Orientaux reconnaissent que les papes ont été investis, au moins pendant quelque temps, d'une certaine primauté de juridiction , mais ils leur contestent que cette juridiction soit de droit divin. Suivant eux, ces privilèges conférés au siège de Rome s'expliquent suffisamment par l'importance que la ville de Rome avait dans l'empire et dans le monde ; mais ils n'ont plus aucune raison d'être depuis que la splendeur de Rome s'est obscurcie , que l'empire romain s'est divisé, qu'il a cessé d'exister, et l'autorité de l'Église el des Pères, qui avait établi ces privilèges, a pu aussi les révoquer et les transporter à un autre siège, à une autre ville, investie, par les vicissitudes du sort et les révolutions des empires , de la grandeur que Rome avait perdue.
Les catholiques romains, au contraire, soutiennent que cette primauté de juridiction, cette autorité que les évéques de Rome ont exercée dès les premiers siècles sur toute l'Église , ne tire pas son origine de la splendeur de Rome païenne, qu'elle n'est pas d'institution humaine, mais qu'elle a pour fondement la primauté de saint Pierre , prince des apôtres, qui l'a reçue de Jésus-Christ même, et transmise à ses successeurs, les évêques de Rome. Suivant eux, l'èvêque de Rome est le premier évêque du monde , non parce que son siège est établi dans la ville des Césars , mais parce qu'il est le successeur et l'héritier légitime du pêcheur de Galilée, auquel Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit : Tu es Pierre, el sur celle pierre je bâlirai mon Église, et les portes de
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RésuoiODs. Jësus-Christ a bâii son Ëglise sur saint Pierre; il a donné à saint Pierre les cle(s da rovaome des cieux , le pouvoir de lier et de délier; il Ta constitué pasteur et doctair de TËglise tout entière; n'est-ce pas dire qu'il Ta établi évêque de TÉglise universelle et son vicaire sur la terre. Mais celte autorité suréminente conférée à saint Pierre n'aurait pas servi à grand'chose, si elle devait périr avec lui ; ce ne pouvait pas être une distinction personnelle, c'est une fonction permanente ; elle doit donc subsister toujours dans l'Ëglise , et se transmettre aux successeurs de saint Pierre, qui sont tes évêquesde Rome. Par conséquent la primauté du pape est d'institution divine, elle fait partie inté^ ' grante de la hiérarchie que Jésus-Qirist a étalilie dans son Ëglise.
Nous venons de vœr les textes évangéliques ; pour rester fidèle à la marche suivie par M*' Grégoire , il nous faut maintenant interroger les saints Pères.
Mais, avant de produire des citations et d'en analyser la valeur, nous avons quelques observations à faire. Il ne faut pas s'attendre à ce que les Pères des premiers siècles , en parlant de la primauté du pape, comme en beaucoup d'autres points tout aussi importants , aient un langage aussi précis et aussi explicite que ceux des temps postérieurs. 11 faut tenir compte du développement successif qui s'est opéré dans la doctrine catholique et dans la conslitufion de l'Église. ' Saint Pierre, par la vertu des paroles que Notre-Seigneur JésuS-Christ lui a adressées , a été institué prince des apôtres, vicaire de Jésus-Christ, chef de l'Église. Cette autorité