‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 60 sur 70 · LETTRE XVII · texte numérisé non relu

LETTRE XVII

A Paris, k i« «nfl 173t.

Mo^SfEUE ,

Je ne voiis ai point écrit de nouvelles de mon ilhistie et malheureux ami , M. Rousseau ; parce que depuis son aocident , que je sus d'abord , je ne pus, non plus que personne à Paris , savoir de ses nouvelles , malgré mes redierdies et mes écritures ; cela dura près d'un mens. Tai été Uen dédommagé par lui-même ; il m'a écrit trcMs fœs ; il a la tête plus libre que jamais; il a composé une tres-beDe ode, qm est encore lettre close. Vous verrez Inentôt une qûtre de lui contre les déistes , adressée à M. Racine , auteur d'un poëme en quatre chants sur la religion. Le tout est approuvé à la cour et sous presse, à ce que m'a dit M. Hardicm. H. Rousseau a édifié tout Bruxelles ; nul remède plus consolant et plus efficace pour lui que les marques publiques d'affection qu'il a reçues ou qu'il continue d'^rouver de tout ce qu'il y a de personnes distinguées et d'honnêtes gens à Bruxelles et même ici. 11 ne songe plus à son retour; il en était le maître, mais il y manquait un assaisonnement qui le rendit plusagréable que n'ont fait des paroles très -obligeantes d'en haut. Quelque cabale scélérate aura la lâcheté de lui envoyer une mauvaise lettre signée de noms connus , non des personnes, pour l'insulter sur sa maladie. Sa demi-paralysie se dissipe peu à peu, mais lentement. M. le due d'Aremberg et M"'*" la duchesse, qui est à Paris tout novissime. Tout comblé d'attention.

Voltaire est toujours, dit-on, dans l'hermitage de Cirey ;

il parait de lui une épitre sur le bonheur, en attendant plusieurs autres feuille à feuille. Je ne l'ai pas lue; on n'en est pas content; des négligences sans fin, dignes de V Enfant prodigue; il faut voir tout cela. Ce recueil est apparemment ce qu'on voulait dire par le titre de liberté. Je me doutais bien du jugement que vous portez de la Métromanie. Le jeu sauve tout, et même Maœimien, que vous verrez ; c'est après tout ce qu'il y a de meilleur dans le moderne tragique ; il fait relire Thomas Corneille.

J'attends avec impatience // Newtonianismo per le dame ' et surtout votre sentiment.

Rien ici de merveilleux que le premier volume de M. Frézier sur la coupe des pierres, excellent ouvrage en son genre, et que le tome premier de M. l'abbé Banier sur la Mythologie expliquée par l'histoire. Vous le connaissez. On avait besoin, pour démêler ce chaos , d'un homme comme lui ; je crois pourtant que le vrai paganisme est lettre à demi close pour nous. Dieu bénisse feu M. Maillet; j'ai bien voyagé dans son Egypte , et j'ai connu l'espèce du personnage.

Savez- vous que nous allons aux spectacles, nous autres gens portant soutane, etc., jusqu'aux barbes et frocs : 1** à V Église de Saint - Pierre , peinte par Servandoni ; rien de plus beau pour les connaisseurs en perspective et entente de lumières ; 2® au Faune qui joue de la flûte ; "vous en seriez charmé ; la machine est simple et neuve, quelques soufflets chargés de poids proportionnels en font l'âme ; 3*" aux sermons du P. de Neuville. Passez-moi le mot de spectacle à cet égard; rien de si singulier que cette vogue commencée , continuée et portée au suprême degré. Cela ne

^ Ouvrage d*AlgaroUi.

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