‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 67 sur 70 · EN · texte numérisé non relu

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DANS le cinquième volume de Vancienne bibliothèque russe de Novikof, on trouve une relation du voyage que l'illustre Chérémétef fit à Venise , à Rome et à Malle en 1697 et 1698. Elle n'y occupe pas moins de cent quatre-vingts pages, et elle contient des détails très-curieux. Dun autre côté, les archives du Jésus à Rome possèdent quelques papiers dans lesquels il est fait mention du séjour

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du même personnage dans la ville éternelle. Nous avons pensé que ces manuscrits présenteraient quelque intérêt , et tious les publions sur les copies que nous en avons prises; Nous ne les traduirons pas, mais nous dirons en peu de mots ce qu'ils renferment;

Le principal de ces documents est une note sur le séjour de Ghérémétef à Rome , rédigée par le P. Ignace Szpot y jésuite polonais , qui remplissait les fonctions de pénitencier à Saint-Pierre du Vatican. Elle s'accorde assez bien avec le journal du voyage de Ghérémétef édité par Novikof ; mais elle ajoute plusieurs choses importantes dont l'autre relation ne parle pas. Ghérémétef avait passé sa vie à combattre les ennemis de la sainte croix, c'est-ànlire les musulmans. Au milieu des dangers auxquels il avait été exposé, il s'était toujours placé d'une manière spéciale sous la protection des apôtres saint Pierre et saint Paul, et il avait fait vœu de se rendre en pèlerinage à leur tombeau. Le P. Szpot dit qu'il entendit une messe dans chacune des trois grandes basiliques de Rome. Il fut admis à l'audience du souverain pontife > qui était alors Innocent XII ; il lui adressa un trèslong discours, et lui remit avec de magnifiques présents des lettres du tsar Pierre et de l'empereur Léopold. Le pape le reçut avec de très- grands honneurs, l'embrassa, lui donna sa main à baiser et lui fit à son tour de très -beaux présents : il lui donna une image de près d'une coudée de hauteur, peinte sur jaspe , et représentant Jésus -Ghrist au jardin des Olives ; cette image était ornée d'or et de pierres précieuses; il lui remit ensuite un morceau de la vraie croix enchâssé dans une croix d'or suspendue à une chaîne d'or.

300 MÉLA5GÉS.

Pendant le temps qu'il passa à Rome» Cbérèmetef vit à plusieurs reprises le P. Thyrse Gonzalez» qui était alors supérieur général de la compagnie de Jésus , et plusieurs autres pères. II visita Téglise du Jésus , la maison professe» et assista trës-dévotement avec un de ses frères à une messe basse dite dans la petite chapelle érigée dans la diambre que saint Ignace avait autrefois habitée.

L'arrivée de Chérémétef avait été annoncée au P. Thyrse Gonzalez par une lettre du P. Frédéric Wolf » datée de Vienne le 9 mars 1698» que nous reproduisons Clément. Le P. Wolf» qui semble avoir eu des rapports assez intimes avec Chérémétef» fait un grand éloge de sa piété et exprime Tespoir de le voir un jour embrasser la foi catholique et en devenir Tapôtre dans son pays. Chérémétef» de son côté» fait souvent mention du P. Wolf dans son journal.

Le P. Wolf désigne encore comme disposé à embrasser la foi catholique un personnage de la suite du feld- maréchal qu'il appelle Alexis Kourbatofski ; il figure dans la relation éditée par Novikof sous le nom d'Alexis Kourbatof. Il n'est pas nécessaire de dire que les espérances du P. Wolf ne se réalisèrent pas. Tant que Chérémétef fut à Rome» sa manière de parler et d'agir put faire croire qu'il n'était pas éloigné d'une réconciliation avec le saint- siège. Pendant son séjour à Malte» il témoigna la plus vive admiration et les plus chaudes sympathies pour les chevaliers. Le grand maître» qui l'avait reçu avec honneur» lui conféra la croix de l'ordre avec un diplôme par lequel il le créait chevalier de dévotion. Mais à peine était-il arrivé à Vienne qu'on put voir qu'il ne deviendrait jamais catholique, soit qu'il eût changé d'opinion , soit qu'il n'y eût jamais pensé. Des franciscains

qui voulaient se rendre en Chine par ia Hassie et la Sibérie lui avaient demandé des lettres de recommandation ; il les refusa en disant : c Je cours déjà risque de la vie, parce que je suis accusé auprès du tsar de m'être fait catholique, ce qui n'est pas vrai ; et maintenant que le tsar a ces soup-^ çons contre moi, que deviendrais-je si j'allais vous donner les lettres que vous me demandez? »

Ce dernier trait est tiré d'une lettre du P. Ignace François Zapolski, en date de Varsovie le 2 novembre 1698, que nous reproduisons également.

On trouvera encore dans ces divers documents quelques détails sur le séjour que Pierre P*" fit à Vienne en juin 1698, lorsqu'il revenait de Hollande en Russie pour réprimer la révolte des strélitz. Il assista dans l'église des jésuites de Vienne à une messe chantée par le cardinal Colonitz ; il dîna ensuite au réfectoire des pères. A cette époque il témoigna la plus grande bienveillance aux jésuites. Cette bienveillance était -elle sincère? Nous n'oserions l'affirmer. Nous ferons simplement remarquer le passage de la lettre du P. Zapolski où il dépeint Lefort comme un ardent calviniste, ennemi acharné du pape et des jésuites. C'est à cette époque que Pierre P' accorda le libre passage à travers ses États à ceux des jésuites qui se rendaient en Chine, n'exceptant de cette concession que les missionnaires français.

Cette exclusion des Français tient à plusieurs causes. En 1686, le P. Avril, jésuite français, était arrivé de Perse à Moscou par Astrakan, avec l'intention de passer en Chine; il n'avait pas de passe-port en règle, la permission de continuer son voyage lui fut refusée et il fut obligé de se retirer

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en Pologne. L'année suivante, 1687, le prince Dolgorouki fut envoyé à la cour de France en qualité d'ambassadeur extraordinaire avec la mission de négocier un traité de comnoerce et d'alliance entre les deux États ; mais il échoua dans sa négociation, et l'accueil qu'il reçut à Versailles indisposa vivement la cour de Moscou. Il faut ajouter à cela l'attaque du Palatinat, attaque à laquelle la Russie ne pouvait guère rester indifférente à cause de l'étroite alliance qui l'unissait alors à la maison d'Autriche contre le Turc. Aussi, lorsque le P. Avril revint à Moscou en 1689, avec mie lettre de Louis XIY pour les tsars et une autre de M. de Béthune, ambassadeur de France en Pologne, pour le prince Galitzin, il n'eut pas plus de succès que la première fois. Il attribua en grande partie ce second échec à un envoyé de l'électeur de Brandebourg, très-hostile aux catholiques et aux jésuites, qui fit tout ce qu'il put pour contrecarrer les desseins des missionnaires. Le P. Avril, à son retour en France , publia un volume in-quarto sous ce titre : Voyages en divers États d'Europe et d'Asie, entrepris pour découvrir un nouveau chemin à la Chine. Paris, 1692.

Dans cette relation, il se loue beaucoup de quelques évêques et archimandrites russes qui lui avaient témoigné de l'amitié ; mais en même temps il se plaint de l'ignorance des russes en mathématiques, et de leur haine contre l'Église catholique. ïl parle avec beaucoup d'estime du prince Basile Galitzin, qui gouvernait alors le pays en qualité de premier ministre de la régente Sophie; mais, en racontant l'union que Pierre P"" venait de contracter avec Eudoxie Lopoukhin, il dit : « Le jeune prince fut attaqué quelques jours après son mariage du mal caduc qui est héréditaire à toute sa famille, p

Pierre , qui , dans TintervaUe, était devenu seul maître en Russie, ne tarda pas à avoir connaissance de Touvrage dq P. Avril, qui eut plusieurs éditions en français , et qui en outre fut traduit en allemand et en hollandais. Il en fut pro-^ fondement irrité. Le général Gordon, qui élait un catholique fort zélé et qui portait un véritable intérêt aux jésuites, lâcha de le calmer, mais sans y parvenir. Il écrivit alors à un jésuite de Pologne pour l'instruire des suites fâcheuses que la publication de ce livre pouvait avoir en Russie pour la compagnie et pour l'Église. Le père se hâta de porter ces nouvelles à la connaissance du P. Ignace Diertins, alors visiteur de la province de Lithuanie, et le P. Diertins transmit la lettre au P, Thyrse Gonzalez, général de la compagnie de. Jésus, qui en témoigna sou mécontentement au P, Antoine Verjus , chargé à Paris des missions de rOrient.

Nous publions un extrait de cette lettre du P. Thyrse Gonzalez au P. Antoine Verjus.

Mais il est temps de revenir au comte Chérémétef. À l'aide des documents que nous avons tirés des archives du Jésus, et que nous publions aujourd'hui , et du journal circonstancié de son voyage, publié par Novikof , il est facile de reconstruire la physionomie de ce grand homme de guerre chrétien; sa piété éclate en toute occasion. Non content de se mettre dans les combats sous la protection de saint Pierre et de saint Paul , il choisit pour patron de son voyage saint Jean-Baptiste. Dans toutes les circonstances importantes de sa vie, il fait vœu d'aller en pèlerinage à quelque lieu vénéré de la chrétienté. Partout où il se trouve, il se montre exact observateur des lois de l'abstinence.

Quant d ses idées politiques^ il semble appartenir à Féeole de Galilzîn , le premier ministre de h princesse Soplûe. Il aurait aimé une sainte ligue de b Russie a^ec le pape» Tempereur d'Allemagne , la Pologne et la répuUique de Venise, contre les ennemis de la sainte croix , c'est-i-dire contre les Tatares de Crimée et les Turcs, en d'autres termes, contre les puissances musulmanes. De là vient cette espèce d'inclination qu'on remarque en lui vers les pm»sances catlioliques et vers Tf^lise catholique elle-même, inclination qui a pu faire penser au P. Wolf et à quelques autres qull était personnellement disposé à se Ëiire catholi* que. Pour ma part, j'ai peine à croire qu'il ait jamais accepté franchement la pensée de rompre les liens qui Tatladiaient à rÉglise russe ; mais probablement il aura souhaité une réconciliation entre la Rusâe et le saint-siége , et le rétablissement de l'ancienne union.

Il faut encore rmiarquer l'enthouâasme guerrier et chrétien que lui inspirèrent les chevaliers de Malte. Ces religieux militaires se consacrant par vœu à combattre les ennemis de la sainte croix parlaient vivement à son cœur , à son imagination , à tout l'ensemble de son être. La physionomie calme et digne du boyard russe emprunte à ce mélange de piété et de bravoure quelque chose de chevaleresque qui appelle la curiosité et excite la sympathie. Il a plus d'un trait de ressemblance avec Turenne ; il n'y a pas jusqu'au châtiment sévère qu'il infligea à la Livonie qui ne rappelle le Palatinat.

Je ne sais si je me trompe > mais il me semble que de nos jours on a donné au public bien des volumes destinés à faire connaître des hommes qui sont loin de valoir Chéréraétef.

Je m'estimerais fort heureux » si la publication de ces pièces et ces courtes réflexions pouvaient déterminer quelqu'un à s'occuper d'un héiDs qui a eu tant de i)art à la victoire de Poltava, et a jeté tant d'éclat sur les armes russes^

No 1

LETTRE DU P. FRÉDÉRIC ¥70tF AU P. THTR8E GONZALEZ, GÉNÉRAL DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, EN DATE DE TIENNE, LE 8 MARS 1698.

Aderit Romœ generaiissimua Moscoviticus Boris Petroi9?icz Scheremetef dictus, vir inter suos summus, et schismaticus licet, divinis tamen rébus addictissimus , mihi conûdentissimus, et manifeste vicinissimus regno Dei, atque conversioni, qui apostolum Moscoviae agere potest; sed hœc dd)ent esse summe sécréta.

Paternitas Yestra iili omnem hoaorem per nostros exhiberi faciat , et a Summo Pontifice benignissime tractari. Optimum foret, si quispiam ibi pater esset linguœ sclavonicœ gnarus, qui iilum sœpe accederet, de rébus divinis cum illo coUocuturus. Maxima spes est illum, sed occulttS" sime^ una cum suo primo servo seu mareschallo Alexio Kurbatowski , ad unionem reducendi ; lapsum est tempus . plura scribere non vacat , scribam proxime.

No 2

COURTE RELATION DE CE QUI EST ARRIVÉ AU TSAR DE MOSCOVIB ET AUX SEIGNEURS DE SON PATS, PENDANT LEURS VOYAGES A ROME ET AUTRES LIEUX EN 1698, RÉDIGÉE PAR LE P. IGNACE SZPOT, POLONAIS, PÉNITEN- CIER A SAINT-PIERRE DU VATICAN.

Anno superiore 16i>7, in aprili , magnus dux MoscbovisQ Petrus Alexiowitz, cupiens jampridem invisere et videre exteras nationes, sub prœtcxtu magnsc iegationis mandalœ a se in HoUandiam, Angliam, et imperatorem Leopoldum, ementita quidem ipse persona, sed quem fama ubique divulgabat, e suo imperio profectus est; fuitque cum illa sua legatione ubique receptus magna honoris demonstratione. 111e cum in Hollandia atque AngUa versaretur, ibidemque cum suis, ut

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vulgo ferebatur, nauticam et fàbricandaram navium artem, pnediandiquc iDoduro edisceret , quod postea ipsi lunii foret ad Pontam Euiinum navigandum, et classcm ibidem formandara contra Turcam y cui jam aliquot fortalitia, et civitatem magnam Aïof dictam vicinam Palndi Moeotidi armis ademerat; cœtcri ip«iu8 magnales et juventus selecta alias partes Europœ, praesertim Italiam, peragrabat. Roma nostra illos habuit fréquentes hospites per suas turmas Yenetiis venientes; quibus Suromus Pontifex Innocentius XII magna soi patemi animi testimonia exhiberi jussit. Admittebat eos ad capellam Pontificiam , cum pubiicœ functiones et solemnitates festonim in illa agerentar, Subroittebat rhedas suas cum uno aulico et interprète , qui ipsis per basilicas romanas et alia loca pia omnia ostenderent : ut hoc spectaculo simul et pietate romana allecti ac œdiflcati melins sentirent de romana religione, ad eamque aliquando aroplectendam inclinarentur. Inter hos prœcipuus ftiit dux Borissus Petrowicz Seremet y sununus exercitus Moschoviae prœféctus , et primus consiliarius magni ducis, ejusque consanguineus, vir celeberrimus^annorumcirciter quadraginta, et de religione catholica romana bene sentiens , qui ex voto (kcto ad limina apostolorum venerat; hic, postquam lllud votnro, prius auditis tribus missis cum magna devotione in tribus majoribus l)asiiid8, id enim voverat, exsolvit, habuit audientiam apud Pontificemi et in sna oratione eum diiit esse, pastorem pastorum , patrem patrum, inftdli* bilem magistrum orthodoxse Ecclcsise christianorum , ac summum Ghristi vicarium. Oblatis deinde litteris magni sui ducis, et imperatoris Leopoldi, quibus eum pontifici commendabant , petiit, ut in Melitam insulam, ejus benedictione et litteris munitus, ire posset ad visltandos illos heroas christianos, quorum deinceps exempla imitaretur. Inde obtulit munera Pontifici , alilsque primis ofûcialibus curise romanœ multis millibus scutorum romanorum sestimata. Excepit eum paterne Pontifex, amplexu suo paterno dignatus est, ad osculum manus admisit, et quœ petiit, concessit. Munera item ipsi dédit , prseter alia , imaginem orantis Ghristi in horto in jaspide pictam cubitalis fere magnitudinis, auro et pretiosis gemmis in marginibus ornatam, et auream crucem cum ligno sanctae crucis ex aurea torque pendentem.

Huicduci plurimam nayavit operam, tamad audientiam apud Pontificem impetrandam et facilitandam , quam ad alias affectus pontificii in illum demonstrationes, admodumR. P. N.Thyrsus Gonzalez, praepositus generalis. Visitavit eum per se aliquoties , per alios vero patres

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ad viTum ex ipso oiiginali in tela serica siibtili expressam, compendium sœpius honoris causa. Dediiipsi dono vultum Ghristi, alias Vcronicam, propagatœ in Japonia sanctœ fidei calholicse, et martyriorum pro ea toieratorum , factum eo ieropore ad preces ipsius in lingua polonica, qu8e est affinis moschoviticœ, et coUectum ex historia japon ica P.Barr UAi, labore unius patris Poloni pœnitentiarii ad S. Petrum ; compendium item conciiiorum oecumenicorum pcto , quœ Moschi non habent ( ubi de processione Sancti Spiritus , de primatu Pontificis Romani , et de pascliate celebrando, in quibus ut Groeci , ita et Moschi a nobis dissentiunt), scriptum ab eodem Pâtre, in lingua polonica. Prœter alla munuscula religiosa qu» Sua Patemitas isti principi obtulit, scripsit etiam litteras ad superiores eorum locorum , per quœ ille in Melitam discessurus erat, et ad PP. Melitenses, ut advenientem illum omni honoris, humanitatis» ac benevolentiœ obsequio prosequerentur : id quod ipsi ita prœstiterunt, ut is redux Romam grato aoimo profiteretur, se a nullo majorera affectum expertum fiiisse, quam a PP. jesuitis, ideoque se, nunquam ejus obliturum, prsBdicaturumque eum ubique. Romœ antequam in Melitam proficisceretur invitatus fuit a nostro pâtre ad mensam pauperem domus professa. Sed is affectu contentun, Ecclesiam tantum nostram et domum ipsam professam invisit, et missœ in cubiculo S. P. Ignatii celebratœ dévote cum flratre suo mi*' nore interfuit; quœ ipsi monstrata fuerunt , iam in sacello ilio, quam in Ecclesia ac sacristia cum pietatis sensu spectavit , probavit, excurrens dévote in laudem sanctorum , quorum vel imagines vel reliquiœ sacrœ monstrabantur , eorumque se commendans intercession^ In insula Melita, magnus magister ordinis, magno eum honore excepit, cruce religionis pretiosa donavit, ac fratrem devotionis suœ religionis> concesso diplomate, esse jussit.Speramus divinambonitatem bis omnibus usuram ad suam gloriam.

Quod isti principi Seremeto Romœ exhibitum fuit, a Pontificeet nostro pâtre, id ab imperatore Leopoldo et nostris PP. Viennensibus magno duci Moschoviœ redeunti ex RoUandia et Anglia cum sua legatione prœstitum ; susceptus ille ab imperatore et tractatus per aliquot septimanas,iis honoris, Isetitiœ, et benevolentiœ significationibus, quibus majores vlx exhiberi possunt alteri monarchœ; ad patrem vero nostrum Fridericum Wolf, imperatori farailiarem, qui uli Polonus polonica cum illo lingua loquebatur, eum concepit affectum ac animura, ut illum voluerit apud se habere quotidianum , non jam hospitem

sed domcstkum. lile com ipso familiaritar agdMit, ille in ipsins sacello, quod in eo palatio erat, celebrabat, ilie imperatoris abkgatnm aget)at, et quœ amicitiœ el confidentiœ erant perferebat. Demum angostissimi Leopoidi gratia et-favor in societatem fuit, ut magnus dm Moschoviœ nostram Ecclesiam domus professe Yiennensis Tisitaverit, Sacro ab eminentissinio cardinali Goloniti cnm mnsica cantato inter- Tuerit, et mensœ in ejusdem domus triclinio cum suis magnatibns accubuerit, magnaque benevolenti» suffi signa erga societatem ostenderit. Imperatum est ab iUo, ut missionarii societatis in Sinas et inde in Europam liberum commeatum per suas ditiones haberent. In Polonia autem, cum illacad suum imperium transiret, illustrissima princeps Zamoyska thesaurarii ejus regni consors vidua, cum ad illam ex industria divertisset lœtusque hospitaretur, cum illustrissimonuncioapostolico Davia, obtinuit ab eodem, ad preces P. Ignatii Zapolski, missionarii persici, qui anno i689 a Moschis non est permissus ire cum tribus suis sociis per Siberiam in Sinas, ut noslri missionarii liberum passum haberent in eorum missiones per ipsius ditiones, promittendo etiam ipse ultro impensas itineris, quibus possent commodius ire. Diplomatamen in scri* pto non dédit, eo quod ad manum non haberet necessaria, dicens : Terba principum plus Talere,quamquœvis diplomata : experturum patrem promissi sui ûdem, cum Moscuam appulerit îturus in Persiam x ubi etiam pro aliis missionariis diploma esset obtenturus,

EXTRAIT d'une LETTRE DU P. IGNACE FRANÇOIS ZAPOLSKI AU P. THOMAS IGNACE SZPOT, DATÉE DE VARSOVIE LE 2 NOVEMBRE 1698.

Gertum est datam esse facultatem verbotenus a magno duce Moschovise, dum esset Zamoscîae, transeundi per ditiones ipsius, omnibus missionariis, etiam societatis Jesu, dummodo non Gallis , ad suas missiones; promissara autem istam facultatem dandam Moscuse in scripto, ubi illuc missionarii venirent. Fabula ergo est, nostros esse ab hac gratia exclusos. Gertum tamen est, quod id omnino effîcere voluerit, ut excluderemur, dominus Lefort^ acer Galvinianus , acerrimus hostis ut sanctissimse romansB sedis, ita et nostrse societatis, quam scit sanctissimse huic sedi essentiali voto obligatam. De isto homine jam ego scripseram Homam. Sed istam ciausulam exclusit instantia illustrissimi nuncii et illustrissimse thesaurariœ regni , quœ tum magnum ducem

splendidissime tractabat. Isti etiam Calviniano ôrant contrarii alii cont^iliarii ducis Moschoviœ. Egi aliqaoties cum illustrissima Ihesauraria regni Zaïnoyska , tanquam singulari meae missionis benefactrice circa hoc negotium liberi per Moschoviam passus, et, ni fallor, immédiate an te adventummagni ducis illi scripsi. Egi etiam cum illustrissimo nuncio quampluriesj imo mei Leopolim abitus banc unicam causam illi aperui, ut per instantiam régis id obtinerem a magno duce. Tandem curavi verti ex germanico in latinum novissimam descriptionem itineris siberici in Chinas, quam eidem illustrissimo prœsentavi. Anautem fuerim utrique motivum vel occasio saltem petendi istam gratiam, ego nescio, Deus scit. Nihilominus, ut fatear, ego istis promissis moschoviticis (inniti?) timeo (tempus ostendet), prassertim in bis circumstantiis rerum polonicarum, in quibuspanim abest ab interitu. Id etiam sciendum est,quod ex ore principalis fratris Gabrielis, unius ex quatuor missionariis ordinis Sancti Francisci reformatorum, qui volunt per Moschoviam et Siberiam penetrare in Chinas, accepi : illum videlicet, cum Viennœ fuisset, petiisse a duce Seremet, ut ipsi daret commendatitias in Moschoviam : ducem vero Seremet eas negasse, dixisseque : Ipse, inquit, sum in periculo vitae, ideo, quod sim accusatus apud Zarum, quasi factus sim catholicus, quod non est verum. Et si nunc sum in ista suspicione apud Zarum, quid futurum esset, si litteras quoque aliquas commendatitias Yobis darem. Atque ita isti expediti fuerunt a duce Seremet. Ego bine vellem movere quàmprimum, sed non possum absque litteris régi is, quae difTeriintur. Nihilominus habeo spem fore, ut in decembri, cum fuerint vada et flumina concreta glacie hinc discedam. Rèverentia Yestra innuat patri nostro, ut illustrissimo nuncio Davia gratias agat pro instantia facta pro nobis. Non abs re fieret, si idem gratitudinis debitum exhiberetur illustrissime dominœ Zamoyska, tbesaurariae regni. Scribam Reverentiee Yeslrae Yilna, Moscua, Astracano, et ex Persia. Yestra Reverentia vicissim, rogo, mihi faciat istud solatium, ut res societatis intelUgam in illo exilio. Litteras Reverentia Yestra dirigatad P. procuratorem provincisB Lithuanœ, ille sciet modum illas mihi mittendi ibi ubi fuero. Rogo impense , faciat Reverentia Yestra mihi hanc gratiam.

Includo hic testimonium admodum reverendi patris Accursii,theatini, superioris seminarii pontificii, quitumcum illustrissimo nuncio adfuit plusquam secretarius.

Admoduni révérende io Christo pater ,

lliratar illustrissirous nuocins apcstolicos, qaod si! aliqois romor Rouue, qaod cxarus Moicboviœ negmet palribas socîetalis libemm pas- Sam per Mias diliones ad miMiones ipaonini. Falsaro id est. ftain etei Teruin sit qiiod quidam cal? inista Gonsiliarins Toloisset eidadere pâtres jesuitas, tamen ad instantiam illastrissimî nontii eam gratiam Qominatim etiam pro ilHspetentis, czarns coDceasit. Adfoi ego tom prssens, nec aliter testari possam. Non facrat oi>litos lUostrisrimas Paternitatis Vestnp in illa saa instantia, quem sciebat ea iBtentkme ire Leopolim, ut illum transitum sibi impctniret, sed lliustrissiroosextensam voluit istam gratiam etiam ad reliqaos Patres socictatis, et alios missionarios. Proindeccrtnm est patribas societatis eodem jure gratis ciareflB qao aliis missionariis apostolicis, paterc liberam transitom per ditiones Moscboviticas, et cum bis in obsequiom Patemitatis Vestrs me bamillime sisto.

Humillimas in Christo serras,

G. ScBASTiAmrs M* Accursios G. R.

Variofie, S noTeoibris 1608.

EXTRArr d'CI^E lettre du r. p. THTRSC GONZALEZ, GÉ^OËRAL DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, AC P. ANTOINE VERJUS, A PARIS, EN DATE DE ROME, LE 6 JUILLET 1694.

Litteras ad P. visitatorem Lithuaniœ scriptas , et ad me ab ea transmissas visum est communicare cum Yestra Reverentia et ab ea quaerere malo remedium , cujus gravitatem ex litteris iilis deprehendet. Sic habent : « Accepi hodie litteras ex Moscovia a D. generali Gordon* Sed illud mihi triste accidit quod in iisdem litteris, et quidem in schedula separatim inclnsa, mihi significavit his verfois : libellus ante duos annos editus Partsiis a pâtre societatis, Philippo Avril (qui cum aliis patribus fuit hic anno 1688 iturus in Ghinam) in quo multa acerbe et Indigne, qusedam etiam mendaciter scripta de hoc génère et populo ; vocando illos brutales, ignorantes, schismaticos , sed omnium pessiroum, quod et non vcrum, scribit quasi serenissimus princeps junior statim post nuptias correptus fuit morbo caduco , qui heredi tarins est toti familiae ejus. Quod adeooffendit serenissimum, utmaximam iram in socielaiem vestram conccperit ; et nos etiam patimur, incerti gratiaî.

HÉLAKGEd. Mi

Miramur quod pro privata vel publica curiositate aliquid laie permit* titur imprimi, quod tantum damnum catholicsB religioni afferre possit. Ego aatem sustineo (nulla tamen nixus auctoritate) libellum islum (uam in gallica et hollandica lingua ediiur ) vel sallem verba et seoteniias illas esse suppositas. Hacienus ille. Laudo et magni sestimo , D. generalis prudentiam et affectum Id societatem diim subreptitium esse partum sibi et aliis persuadet. laterim nobis forte allaboraadum esset ut ad toUendam hanc suspicionem et notam societatis vel al)olendam, vel excusandam, constet ex libello, an sit verus an supposititius, de quo Parisiis posset haberi informatio. » Ita ferunt litterœ Brunsbergœ 8 maii 1694 datSB ab uno e nostris ad visitatorem Lithuaniœ P. Ignatiiim Diertins. Yidet raalura Yestra Reverentia certissimum quod constat nobis ex libro P. Philippi Avril, quem hic habemus Romœ. iam vero quoad remedium, videat Yestra Reverentia quale afferri possit ; videtur nobis conficienda quam primum dictorum ejuratio , ac typis mandanda, in qua auctor se delusura esse confiteatur ex aliéna relatione circa res Moscovise quae hic reprehenduniur ; eaque mittenda ad visitatorem Lithuanise N., quia speranduro est posse tieri ejusmodi ejurationem seu retractationem in opère quod promisit auctor de rébus Moscoviticis : quod credibile est œternis tenebris damnatum iri ob similia convicia in illam gentem operi inserta. Prohibemus certe ne hoc alterum opus in lucem prodeat^ non recognitum Rom».

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