‹ Etudes de théologie et d'histoireChapitre 27 sur 31 · Retouches et additions · texte numérisé non relu

Retouches et additions

Les récits que nous avons appelés royalistes ont reçu, eux aussi, quelques additions de détail, par exemple les v. 9, 2^.9; au v. 11, 7 les motsSxia-j inxi ; au v. 11, 8 les nombres, qui sont manifestement excessifs; le v. 13, 1, qui manque dans les LXX ; le petit morceau 13, 19-22, qui détonne avec le contexte par son exagération et pourrait être une imitation amplifiée de Juges 5, 8; le demi-verset 14, 28*^. Pour la justification de ces assertions, nous nous permettons de renvoyer aux ouvrages de M. Budde ou au commentaire de M. Smith 1.

Le récit de la disgrâce de Saiil enchâssé dans le cycle royaliste (13, 7M5''), ainsi que le v. 10, 8 qui le prépare, doit aussi, comme cela est généralement admis aujourd'hui, avoir été ajouté après coup : 1° Dans la suite du récit,

* The international critical commentary, Samuel, Edimbourg, 1899.

Saiil est si loin d'avoir perdu la faveur d'en haut, que ses ennemis sont mis en déroute par Yahvéh lui-même; et Saùl, de son côté, est entièrement dévoué au Dieu d'Israël : il empêche ses hommes de pécher contre Yahvéh en mangeant du sang; et il se montre prêt à immoler son propre fils, pour rester fidèle au serment sacré qu'il a prononcé. 2° Saùl est rejeté, parce qu'il n'a pas attendu Samuel pour offrir ses sacrifices. Cette sentence est souverainement arbitraire, si le récit ne date pas d'une époque où il était interdit au laïque de sacrifier seul, c'est-à-dire d'une époque très postérieure aux ch. 13 et 14 (voj^ez 14, 34) et à l'ensemble du cycle royaliste .

Le récit 13, TMô-^ a donc été ajouté tardivement au document royaliste, afin d'expliquer pourquoi Dieu avait remplacé Saùl par David. Cette addition a dû être faite avant la fusion avec le groupe antiroyalisle ; car celui-ci fournissait l'explication désirée dans la scène grandiose du ch. 15.

On se demande si les versets qui précèdent et qui suivent immédiatement cette importante addition n'ont pas été, eux aussi, introduits ultérieurement ou tout au moins retouchés. Le tableau de la terreur produite par les armements des Philistins (13, 6. 7") présente une abondance suspecte de synonymes; il n'est pas indispensable pour préparer 14, 11 ni 14, 22, et peut émaner d'un rédacteur qui s'étonnait que le roi Saiil n'ait eu avec lui, au moment de la bataille, que 600 hommes. Un amplificateur de l'histoire de Gédéon s'expliquait à peu près de la même manière pourquoi son héros remporta Sij. victoire sur les Madianites avec 300 hommes seulement (Juges 7, 2-8). Pour nous la chose s'explique très simplement : Saùl, d'après la source qui ne lui attribuait que 600 hommes, n'était pas encore roi '. — Quant aux versets IS'' et 16 (Saùl passe en revue son monde; il est campé à Guibea et les Philistins à Micmas), ils ne font que répéter

^ Comp. les 300 hommes de Gédéon, les 600 hommes d,e David.

ce qui a été dit v. 4 et 5 ou sera énoncé 11, 2, en ajoutant seulement (d'après la leçon grecque du v, 10) que les soldats de Saùl pleuraient. Si la version grecque a ici, comme dans l'ensemble des cli. 13 et 14, conservé le texte ancien, il est évident que le v. 16 n'appartient pas aux récits primitifs de la bataille : les rudes compagnons de Saul et de Jonathan ne pleuraient pas à la vue du nombre des ennemis K

A écarter aussi 14, IS'^ -, qui reprend ce qui a déjà été dit, d'une façon plus archaïque, au v. 3 : « Car c'était lui qui portait l'éphod (14, 3 un éphod ; cf. 23, ())en ce jour-là devant Israël ».

Quant au petit panégyrique de Saùl qui termine le ch. 14 (v. 47-51), observons seulement, sans nous prononcer sur l'origine du morceau, que, sous sa forme actuelle, il émane d'un rédacteur deutéronomiste -, et qu'il n'a pas de lien nécessaire avec le contexte.

Ces diverses additions étant écartées, ce qui reste du cycle royaliste provient-il d'un document unique? Nous ne le pensons pas.

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