C. — Troisième période (Période paralytique
Bientôt les réflexes et les convulsions diminuent d'intensité, le batracien est paralysé, inerte et flasque. Si, à ce moment, on excite le nerf, le muscle se contracte vigoureusement; on peut donc conclure que la paralysie n'est pas le résultat de la perte de l'excitabilité neuromusculaire. Voici une expérience qui le prouve nettement.
Treizième expérience.
Le 2 septembre, à 5 h. 30', on injecte 0 gr. 20 de tanguin sous la peau d'une petite grenouille assez vivace:
3' après l'injection, on constate une légère hyperexcitabilité. 8' après, la grenouille est très agile; 10' après, elle devient plus calme; renversée sur le dos, elle ne peut se retourner. 12' après, la tête s'appuie sur la table ; en même, temps on voit une incurvation de la colonne vertébrale.
13' après, elle reste immobile; quand on la laisse tomber sur un plan résistant, on voit quelques contractions fibrilla ires ; puis survient une petite attaque convulsive ; \ T après, attaque épileptiforme spontanée; 18' après, les convulsions diminuentd'intensité ; 28' après, légères secousses ; 24' après, paralysie musculaire avec flaccidité extrême ; aucune contraction fibrillaire lorsque la grenouille retombe sur l'assiette qui la contient; 27' après, le cœur s'arrête en systole.
A cette période de flaccidité extrême, l'irritation mécanique et électrique du nerf sciatique mis à nu, provoque des contractions musculaires des plus nettes.
L'expérience suivante nous montre qu'à la suite de la phase convulsive, avec la perte des réflexes, c'est-à-dire à la période paralytique, le cœur, bien qu'affaibli, se contracte encore.
A cette période de flaccidité extrême, l'irritation mécanique et électrique du nerf sciatique, mis à nu, provoque des contractions musculaires des plus nettes.
L'expérience suivante nous montre qu'à la suite de la phase convulsive, avec la perte des réflexes, c'est-à-dire à la période paralytique, le cœur, bien qu'affaibli, se contracte encore.
Quatorzième expérience du 2 septembre.
A 3h. 51', on injecte sous la peau du dos d'une grenouille, pesant 16 gr., 0 gr. 06 de tanguin.
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A 4 h., elle est moins active ; à 4 h. 2', renversée sur le dos, elle ne peut plus se retourner. A 4 h. 6', la tête repose sur la table, affaissement. A 4 h. 15', convulsions épileptiformes. A 4 h. 25', petites secousses convulsives dans les membres postérieurs. A 4 h. 27', on provoque des réflexes en pinçant les pattes ; la flaccidité est complète ; les phénomènes convulsifs ont disparu. A 4 h. 29', en laissant tomber la grenouille sur la table, on ne provoque plus aucun mouvement. A 4 h. 32', la grenouille est en état de flaccidité absolue, consécutive à la phase convulsive ; le cœur bat encore. A 4 h. 50', les battements cardiaques persistent, mais sont rares.
Les contractions des muscles de la vie de relation cessent avant les battements du cœur.
Tout à fait vers la fin de l'intoxication, on voit apparaître la perte de l'irritabilité neuro-musculaire; la cessation de l'irritabilité du nerf survient un peu avant la perte de l'irritabilité du muscle; mais cette dernière s'éteint vite; c'est un phénomène curarique ultime, accessoire et éphémère.
Quinzième expérience.
A 3 h. 40', on injecte sous la peau du dos d'une grenouille 0 gr. 15 d'extrait de tanguin. 50' après, le cœur bat encore, les mouvements volontaires ont cessé et la contractilité électrique a beaucoup diminué. 1 h. 10' après l'injection, les contractions cardiaques existent, mais sont moins faibles ; 1 h. 20' après, l'excitabilité des nerfs est éteinte, même celle des nerfs qu'on excite pour la première fois. 1 h. 30' après le cœur bat faiblement. 1 h. m
après, les muscles et les nerfs, mis à découvert, ne sont plus excitables sous l'influence d'un courant de moyenne intensité. 1 h. 45' après, avec un fort courant, le nerf n'est plus excitable, tandis que le muscle se contracte encore; c'est là un phénomène curarique secondaire, accessoire.
1 h. 50' après, le cœur bat encore faiblement jusqu'à
2 h. 20' après le début de l'injection.
Cette perte de l'excitabilité neuro-musculaire n'est point due à l'affaiblissement du cœur ni à la cessation de la circulation générale, car, après la ligature du cœur, l'excitabilité persiste pendant plusieurs heures, tandis que dans l'empoisonnement par le tanguin la perte est précoce.
Voici des expériences qui le prouvent:
Seizième expérience. — Ligature des vaisseaux à la base du cœur. — Conservation de ï irritabilité neuro-musculaire plusieurs heures après la ligature.
À 3 h. 51', on lie les gros vaisseaux à la base du cœur d'une grenouille. On voit, au microscope, que le courant sanguin persiste 1 ou 2', puis s'arrête. La grenouille détachée à 4 h. exécute des sauts comme à l'état normal. Les mouvements abdominaux et hyoïdiens sont très faibles, deviennent à peine perceptibles, puis s'arrêtent; tout d'un coup l'abdomen se gonfle et reste dans cette situation, puis l'affaissement a lieu d'une manière progressive.
A 4 h. 27' (36' après l'injection), on observe encore du mouvement volontaire mais affaibli ; la tête reste en contact avec l'assiette ; la grenouille ne se tient plus sur ses pattes antérieures. Quand on excite les pattes postérieures,
azz TANGUIN DE MADAGASCAR
on détermine des mouvements assez vifs de nageur; l'une des pattes se fléchit après avoir été étendue.
A4 h. 42', les pattes postérieures se fléchissent encore faiblement ; la pression sur les pattes antérieures produit des mouvements sur place, puis surviennent de la flaccidité et la mort.
A 5 h. 7', à 5 h. 25', à 5 h. 39', à 5 h. 59', c'est-à-dire 2 h. après la ligature, l'excitabilité électrique neuro-musculaire est presque intacte.
Ainsi 2 h. après la cessation de toute espèce de circulation, l'irritabilité neuro-musculaire est conservée, tandis qu'elle est éteinte 50' après une intoxication par le tanguin. La conclusion s'impose : le poison de Madagascar détruit peu à peu l'irritabilité neuro-musculaire, mais cette action est lente et terminale.
Dix-septième expérience. — Ligature de V aorte.
Le 15 juillet, à 3 h. 20', on lie l'aorte d'une grenouille à la base du cœur. 1 h. 40' après, l'excitabilité des nerfs sciatiques est intacte, il en est de même 1 h. 53' et 1 h. 57' après. Enfin 2 h. 20' après la ligature, l'excitabilité électrique des nerfs et des muscles est encore très nette.
Dix-huitième expérience. — Ligature des vaisseaux à la base du
cœur.
Le 16 juillet, à 11 h. 30', on lie les gros vaisseaux de la base du cœur, 8' après, la grenouille excitée fait un grand saut. 15' après, les mouvements volontaires sont moins intenses qu'à l'état normal. 49' après la ligature, les nerfs et les muscles possèdent leur excitabilité physiologique.
TANGU1N DE MADAGASCAR
Dix-neuvième expérience. — Deux expériences comparatives. — Durée de ï irritabilité neuro-musculaire avec et sans injection de tanguin.
a) A 5 h. 53', injection sous-cutanée de tanguin ; 57' après l'injection, on excite le nerf à l'aide d'un courant induit, et l'on constate que l'irritabilité neufo-musculaire a totalement disparu.
b) A 5 h. 45', on lie le cœur d'une grenouille un peu audessus de la base. 30' après le début, les contractions musculaires sont vigoureuses. 1 h. 5' après la cessation complète de toute circulation, l'irritabilité neuro-musculaire existe encore.
Cette perte de l'irritabilité neuro- musculaire, dans l'intoxication par le tanguin, ne semble pas due à une action unique du poison sur les centres nerveux cérébro-spinaux. Si l'on compare la durée de l'excitabilité sur deux grenouilles privées de système nerveux central et dont l'une seulement a reçu le tanguin, on voit que les nerfs et les muscles du batracien intoxiqué perdent beaucoup plus vite leur excitabilité que ceux de la grenouille non empoisonnée.
Vingtième expérience. — Comparaison entre V excitabilité neuromusculaire de deux grenouilles, dont tune et (autre ont subi la destruction des centres nerveux, mais dont tune seulement a été intoxiquée par le tanguin.
Le 18 juillet, à 10 h. 34', on détruit la moelle et le cerveau de la grenouille A.
A 10 h. 37', à une autre grenouille B, dont on a préala-
blement détruit la moelle et le cerveau, on injecte sous la peau 0 gr. 12 d'extrait detanguin.
33' après le début, les nerfs et les muscles des grenouilles A et B se contractent normalement. 1 h. après, l'excitabilité neuro-musculaire est conservée chez les deux grenouilles. 4 h. 47' après le début de l'injection, on observe que les nerfs et les muscles de la grenouille B ne sont plus excitables, tandis que les nerfs et les muscles de la grenouille A ont conservé leur excitabilité physiologique.
Toutes ces expériences démontrent que l'action directe du tanguin sur les nerfs et les muscles est la cause principale de la diminution et de la cessation tardive de leur irritabilité.
Voici d'autres expériences très démonstratives à cet égard.
Vingt et unième expérience. — Durée comparative de l'excitabilité d'un nerf plongé dans V extrait de tanguin et t 'irritabilité d'un nerf plongé dans Veau distillée.
Le 18 juillet, à 10 h. 52', on désarticule le fémur de deux grenouilles, en conservant le nerf sciatique dans une étendue de 1 centimètre. On place un des nerfs A dans l'eau distillée, et l'autre nerf B dans l'extrait de tanguin. 1 h. 8' après le début de l'immersion, le nerf B excité ne provoque plus de contraction, tandis que le nerf A excité provoque des contractions normales.
Vingt-deuxième expérience.
A 11 h. 28', on sectionne les muscles des deux cuisses;
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ou dissèque avec le plus grand soin 0"',015 des nerfs scialiques ; on place l'un dans l'eau distillée et l'autre dans l'extrait de tanguin. 3!)' après, on excite les deux nerfs: celui qui est placé dans l'eau distillée possède encore son excitabilité normale, tandis que l'excitabilité du nerf qui est plongé clans le tanguin est totalement abolie.
Vingt-troisième expérience. — Élude comparative de V excitabilité de deux nerfs, dont l'un est plongé dans l'eau distillée, Caulre dans l'extrait de tanguin.
Le 15 juillet, à 2 11., on sectionne lotis les muscles de la cuisse d'une grenouille à droite et à gauche, en laissant libre et intact 1e'" et demi des deux nerfs scialiques ; les extrémités de ces deux nerfs sont plongées, l'une dans l'extrait de languin, l'autre clans l'eau distillée ; l'une et l'autre sont excitées! h. 3' après l'immersion; l'excitabilité du nerf plongé dans l'eau distillée est normale, tandis que l'excitabilité du nerf baignant dans le tanguin est absolument éteinte, les muscles des deux pattes sont excitables.
Le tanguin altère donc l'irritabilité nerveuse lorsqu'il est mis en contact direct avec le nerf moteur.
a. — Action du tanguin sur la respiration
Nous venons d'étudier avec soin, chez le batracien, les trois périodes de l'empoisonnement par le teFnguin, en insistant principalement sur les phénomènes musculaires, de telle sorte que nous pouvons résumer les phases de l'intoxication de la manière suivante : en premier lieu, apparaissent des signes d'excitation, en second lieu des pymplômes de résolution musculaire avec hyperexcitabi-
TllÙtAI EU1 IQL'E E < PÉRIMES IV LE. \]j
lité, et en troisième lieu des phénomènes paralytiques terminaux. 11 nous reste à étudier d'autres symptômes contingents, dont quelques-uns ont une importance capitale au point de vue du mécanisme de la mort.
Tout d'abord, avec la résolution musculaire, on voit survenir chez la grenouille un arrêt respiratoire, qui, chez les mammifères, est souvent précédé de convulsions. Cet arrêt de la respiration se produit toujours avant l'arrêt du cœur.
Voici des expériences qui sont très probantes à ce point de vue:
Vingt-quatrième expérience. — Injection de 0 gr. 20 de languin sous la peau d'une grenouille de 35 gr. — Résolution musculaire. — Arrêt respiratoire, convulsions. — Arrêt du cœur. — Irritabilité normale du nerf scialique.
Le 3 juin, à 10 h. 23', on injecte 0 gr. 20 d'extrait de tanguin ; immédiatement après l'injection, on remarque l'apparition de quelques mouvements fibrillaires au niveau de l'injection; pendant 9' la grenouille saute, nage, exécute des mouvements divers ; mais 10' après le début, elle devient flasque et reste immobile ; placée sur le dos, elle y reste, en présentant quelques contractions fibrillaires (phénomènes convulsifs) ; les mouvements de l'appareil hyoïdien ont cessé.
12' après, le cœur s'arrêle en systole ; les oreillettes se contractent encore. L'irritation mécanique par tiraillement du nerf sciatique provoque des mouvements étendus.
Dans ce cas, les premiers symptômes sont: la résolution musculaire, la cessation des mouvements volontaires,
l'arrêt de la respiration et l'apparition de phénomènes convnlsifs. 12' après le début de l'injection, le cœur s'arrête; à ce moment, l'excitabilité du nerf sciatique est normale.
Les mouvements volontaires ont cessé au moment où le cœur se contractait encore; c'est le contraire qui se produit dans les cas types d'intoxication par un poison cardiaque.
Vingt-cinquième expérience. — Injection sous-cutané de 0 gr. 20 d'extrait de tanguin à une grenouille du poids de 25 gr. — Première phase : accélération et grande amplitude de la respiration. — Deuxième phase : affaiblissement des mouvements volontaires et des mouvements respiratoires.
Après 12', cessation de la respiration. Après 14', exagération des réflexes, flaccidité des membres, secousses convulsives provoquées entre la 16° et la 32e'. Après 38', arrêt du cœur.
A 11 h. 16', on injecte sous la peau d'une grenouille, pesant 25 gr., 0 gr. 20 d'extrait de tanguin. 2' après l'injection, la grenouille saute très bien, la respiration est régulière, o après, la respiration est accélérée; 7' après, le saut est un peu moins fort; 11' après, les pattes postérieures, préalablement étendues, se fléchissent, moins facilement ; les mouvements hyoïdiens sont faibles, ainsi que les mouvements des flancs ; 12' après, la grenouille ne respire plus, les pattes étendues restent traînantes ; placée sur le dos, elle ne peut plus se retourner sur l'abdomen ; 14' après, réflexes exagérés, membres flasques; 16' après, quand on laisse tomber la grenouille sur la table, on provoque des secousses convulsives; 32' après, le nerf scia-
tique est encore excitable; 30' après, le cœur bal plus faiblement et s'arrête 38' après le début de l'injection.
Vingt-sixième expérience. — Injection sous-cutanée de 0 gr. 22 de tanguin à une grenouille. — Diminution de fréquence et de force de la respiration qui s arrête 20' après l'injection. — Résolution musculaire. — Les battements cardiaques diminuent de force et de fréquence.
Le 10 juin, à 2 h. 25', on injecte sous la peau du dos d'une grenouille 0 gr. 22 d'extrait de tanguin; 3' après, la tète s'affaisse un peu, mais se relève facilement quand on excite la grenouille; 20' après, on étend les pattes postérieures, qui gardent celte position ; les mouvements respiratoires diminuent d'intensité. 25' après, la respiration est arrêtée; la grenouille, renversée sur le dos, ne peut plus se mettre dans le décubitus abdominal physiologique; elle est absolument flasque, n'exécutant plus de mouvements volontaires ; l'irritabilité nerveuse est conservée ; 25' après, les contractions cardiaques persistent encore; 45' après, les mouvements du cœur sont faibles; 55' après, l'arrêt cardiaque n'est pas absolu; les battements sont rares et faibles.
On voit dans cette expérience que les mouvements respiratoires diminuent assez rapidement de fréquence et d'amplitude, puis s'arrêtent. A cette période la grenouille est en résolution musculaire, l'irritabilité nerveuse étant conservée. En même temps les battements du cœur diminuent de fréquence.
On observe les mêmes phénomènes chez les cobayes, dont la respiration s'arrête également avant le cœur.
En voici des exemples :
Vingt-septième expérience. — Injection sou s- cutanée de 0^,20 d'extrait de tanguin à un jeune cobaye. — Après 20', arrêt de la respiration. — Le cœur ne cesse de battre que 17' après l'arrêt respiratoire.
A 9 h. iS', injection sous-cutanée de 0 gr. 20 d'extrait de tanguin ; à 9 h. 56', tremblement de la tête, le museau tombe sur le plan de la table ; à 10 h. V, nausées, secousses de l'oreille ; à 10 h. 4', expiration brusque, l'animal rejette un peu de salive. A 10 h. 5' efforts de vomissements accompagnés d'un petit cri. Le pourtour de la bouche est coloré en vert. A 10 h. 7', convulsions surtout dans la partie antérieure du tronc. Ces convulsions sont très nettes ; à 10 h. 10', la respiration s'arrête. On ouvre le thorax, le cœur bat jusqu'à 10 h. W ; à cette phase les battements commencent à diminuer. A 10 h. 17', le cœur bat encore, mais les mouvements se ralentissent de plus en plus en diminuant d'intensité. A 10 h. 21', le ventricule se contracte. A 10 h. 24', l'oreillette seule se contracte; même fait à 10 h. 26'. A 10 h. 27', arrêt de l'oreillette.
Vingt-huitième expérience. — Injection sous-culanêe de 0 gr. 10 d'extrait de tanguin à un jeune cobaye. — Mort 30' après, par arrêt respiratoire, le cœur continuant à battre.
A 9 h. 28', injection sous la peau du dos d'un petit cobaye de 0 gr. 10 d'extrait de tanguin. A 9 h. 33', quelques secousses dans les muscles de la tète. A 9 h. 35' le museau tombe sur le plan de la table, la respiration est à 160. A 9 h. 37', secousses vers la région du museau; démarche spéciale; le cobaye s'avance allongé, la tète trem-
blante. A 9 h. 40', le cobaye se couche, marche en tremblant. A9h.41', la respiration est forte. A 9 h. 42', l'animal ne peut plus avancer, il tourne sur lui-même, la respiration est à 60. A 9 h. 45', il éprouve quelques secousses, la respiration est à 80. A 9 h. 48', la respiration est à 84; de temps en temps, on constate l'apparition de quelques secousses générales suivies d'attaque convulsive. A 9 h. 55', la respiration s'arrête. A 10 h., le cœur bat toujours. A 10 h. 4', l'oreillette seule bat encore. A 10 h. 6', arrêt de toutes les parties du cœur. A 10 h. 8', l'excitation électrique du nerf ne produit plus de contractions; l'excitabilité persiste.
Vingt-neuvième expérience. —Injection sous-cutanée deOgr. 80 d'extrait de tanguin à un cobaye. — Mort rapide par arrêt de la respiration, le cœur continuant à battre.
De 9 h. 25' à 9 h. 35', injection sous-cutanée de Ogr.40 d'extrait de tanguin à un cobaye de 630 gr. Après l'injection, tremblement de la tête, puis de tout le corps. Chute sur le côté droit, les membres réagissent. A 9 h. 42', efforts de vomissements continus. A 9 h. 50', la respiration s'arrête. On ouvre immédiatement le thorax et on voit le cœur battre encore pendant 6'.
Chez le chien, comme le démontrent les expériences qui vont suivre, nous voyons toujours l'arrêt respiratoire être précédé de convulsions passagères ; chez ces animaux, la phase d'excitation est beaucoup plus manifeste que chez les batraciens.
L'arrêt respiratoire est dû à une action du sang intoxiqué sur le système nerveux : en effet, si au moment précis
où l'animal fait la dernière respiration on injecte le sang d'un chien sain dans le bout périphérique de l'artère carotide, on voit se produire plusieurs respirations successives ; pour réussir l'expérience, il ne faut pas trop attendre, car, après quelques minutes, la réapparition respiratoire ne se produit plus; et même, quand on provoque la réapparition des mouvements respiratoires avec la première et la deuxième transfusion, la troisième ne détermine plus le phénomène.
Voici plusieurs expériences qui en sont des preuves:
Trentième expérience. — Injection sous- cutanée d'extrait de tanguin. — Pression artérielle. — Injection de sang artériel dans le bout périphérique de t 'artère carotide après l'arrât de la circulation.
Le 17 juillet, on prend chez un chien de 7 k. la pression artérielle normale qui est de 0m,152; le pôuls est à 108.
A 9 h. 30', injection sous-cutanée de 1 gr. 20 d'extrait de tanguin. À 9 h. 40', l'animal s'agite, éprouve des nausées violentes. A 9 h. 45', la pression sanguine est de 0M71..A 9 h. 50', le pouls est à 124. A 9 55' (25' après l'injection), l'animal cesse de respirer ; immédiatement on lui injecte par le bout périphérique de la carotide du sang artériel extrait de la carotide d'un autre chien non intoxiqué. Pendant l'injection de ce sang qui va au bulbe, l'animal fait plusieurs mouvements respiratoires ; mais au bout de 2' environ, l'injection continuée ne produit plus rien.
On ouvre alors le thorax, on voit le cœur se contracter sous l'influence de l'excitation électrique ; les muscles sont le siège de contractions fibrillaires.
Au moment de la mort, l'animal se raidit, éprouve quelques phénomènes convulsifs avec arrêt respiratoire. On remarque, en outre, qu'avant la mort, les respirations deviennent plus amples et que le chien, après avoir été excité dans les premiers moments qui suivent l'injection, devient à la fin calme et somnolent.
Trente et unième expérience. — Injection sous-cutanée de tanguin. — Analyse des gaz du sang, dosage de (acide carbonique exhalé. — Pression artérielle. — Injection de sang artériel dans le bout périphérique de la carotide après Tarrêt respiratoire.
Le 19 juillet, on constate que la pression artérielle d'un chien de 12 k.890 est de 0m, 142; le pouls esta 94, la respiration à 10 et la température à 39°, 3.
Les gaz contenus dans 20 ce de sang artériel sont de 8 ce. CO2 et de 2 ce. 7 0. 25 litres d'air expirés en 4' 45" contiennent 0 gr. 71 d'acide carbonique.
A 9 h. 10', injection sous-cutanée de 0 gr. 40 d'extrait de tanguin. A 9 h. 30', la pression est la même qu'avant l'injection. A 9 h. 38', nouvelle injection de 0 gr. 40 de tanguin. A 9 h. 47', le pouls esta 70. A 9 h. 50', les gaz contenus dans 20 ce. de sang artériel sont de 5 ce. 8 CO2 et de 2 ce. 7 0. A 9 h. 57', la respiration est à 11 ; la pression artérielle est peu modifiée. A 10 h., la respiration est h 8, la température rectale à 38°, 6. A 10 h. 10', 25 litres d'air respirés en 4' 35" contiennent seulement 0 gr. 53 CO2. Les gaz contenus dans 20 ce. de sang artériel sont de 3 ce. 7 CO2 et 2 ce. 9 0. A 10 h. 15', la pression n'est plus qu'à 0m, 096 ; le chien urine abondamment, il commence à se calmer et à devenir som-
noient, après avoir été agité depuis le début de l'injection. A 10 h. 25', le pouls est à 170, la respiration à 11, la température rectale k 38°, 4; la respiration devient plus ample. A il h. 10', arrêt respiratoire. On injecte immédiatement par le bout périphérique de la carotide du sang artériel pris à un chien bien portant; au moment de l'injection, la respiration se rétablit pendant quelques instants; mais bientôt, malgré l'injection de sang qui est continuée, les mouvements respiratoires ne reprennent plus.
L'ouverture du thorax montre que le cœur continue encore à battre. L'intestin se contracte à la suite d'excitations électriques.
b. — Action du tanguin sur la circulation, action sur