DE LA RESPIRATION
Un mot de technique. — 11 faut recueillir et mesurer l'air que l'animal expire.
Le dispositif que nous adoptons pour ces expériences esL le suivant : on fait respirer l'animal à travers les soupapes de Millier, avant, pendant et après le bain ; on fait circuler à travers ses poumons un nombre de litres d'air parfaitement déterminé, soit en faisant respirer à travers un compteur, soit, ce qui est préférable pour éviter un trouble respiratoire, dans un grand ballon de caoutchouc assez épais, dont on aura préalablement essayé l'imperméabilité pendant quarante-huit heures et renfermant un nombre de litres d'air bien mesuré ; à l'aide d'un manomètre et de l'analyse des gaz il sera facile de résoudre cette question.
L'animal inspire el expire à travers des robinets à trois voies, d'un grand calibre dontj'ai montré plusieurs spécimens à la Société de biologie; il respire à travers 1rs sonpapes de Muller, dont les tubes con liquants oui un
calibre supérieur à celui delà trachée du chien.
Or, voici des chiffres pour la trachée de ce dernier. Sur un chien de 18 kilogrammes, nous trouvons une trachée qui a un diamètre antéro-postérieur de 12 millimètres, et un diamètre transversal de 14 millimètres.
Le calibre des tubes qui servent à la respiration du chien doivent être courts et mesurer 20 millimètres de diamètre.
Lorsque l'eau des soupapes a été renouvelée, l'animal doit respirer un quart d'heure à vingt minutes, avant de recueillir l'air expiré : de cette manière, l'eau se sature d'acide carbonique de telle sorte que, pendant l'expérience, l'eau ne retient plus d'acide et n'en donne pas.
Il faut s'assurer que les soupapes ne sont pas insuffisantes, que les flacons gardent bien. — Les flacons doivent être fermés avec le plus grand soin : la muselière est rigide dans toute son étendue, excepté au niveau du museau, où elle présente un bourrelet élastique, qui s'adapte en arrière des commissures labiales. On fait quelques essais pour savoir si la quantité d'air expiré dans le deuxième ballon est la même que la quantité renfermée dans le premier ; pour cela il suffit de le vérifier à l'aide d'une cloche graduée munie d'un robinet : elle est préalablement remplie d'eau, on y adapte le ballon, on ouvre le robinet et le gaz prend la place du liquide qui s'écoule dans la cuve ; il est bon de placer une couche d'huile à la surface de l'eau pour empêcher l'absorption de l'acide carbonique. Dans des recherches récentes, nous avons remplacé les soupapes de Muller par des soupapes modifiées de d'Arsonval.
Si la quantité d'air expiré dans le dernier ballon était inférieure à celle que l'on avait mise dans le premier, il faudrait en chercher la cause dans un lut insuffisant ou dans un défaut de la muselière qui ne garderait pas.
Il est indispensable d'obvier à tous ces inconvénients, de recommencer les dosages jusqu'à ce que la quantité d'air soit égale dans le premier et dans le second ballon. D'ailleurs, dans un dispositif perfectionné, nous apprécions le volume d'air expiré après le passage dans les barboteurs, de telle sorte qu'à un moment quelconque du dosage de CO- on peut connaître le volume d'air expiré qui donne un poids connu de CQ-.
Supposons que l'air expiré ait été recueilli dans d'excellentes conditions, il faut alors faire une prise pour l'analyse endiométrique. On met en communication le second ballon renfermant l'air expiré avec une série de flacons
Flg. 1.
Durand: d'abord deux flacons renfermant de S04H2 qui absorbe la vapeur d'eau, puis deux flacons de solution de
potasse que l'air à analyser traverse bulle à bulle, grâce à une trompe aspiratrice Golaz; enfin un autre flacon do SOU2 doit retenir la vapeur s'échappant des deux flacons de potasse qui retiennent l'acide carbonique.
Les trois derniers flacons pesés avant et après donnent le poids de CO2.
Reste à faire une prise d'air débarrassé de vapeur et d'acide carbonique, le barbotage n'étant pas terminé: pour cela il suffit de disposer un tube en T sur le trajet des tubes où se fait l'aspiration.
La branche horizontale est en communication avec les barboteurs. Trois pinces à pression articulées en V d'un côté, angle aigu avec pas de vis, de l'autre p,p',p", servent à interrompre toute communication entre les barboteurs Bt et l'appareil à régulation R.
La branche verticale est en rapport, à l'aide d'un caoutchouc, avec la pompe à mercure P.
Ce régulateur de pression R est fort simple : il se compose d'une longue éprouvetle contenant du mercure jusqu'en M; elle est fermée par un bouchon de caoutchouc percé de deux trous ; l'un est traversé par un tube muni d'un robinet simple b, l'autre laisse passer un tube de verre recourbé qui va se rendre à un petit réservoir d'air E, consistant en un flacon de verre fermé par un bouchon à deux trous; l'un reçoit le tube du régulateur, l'autre laisse passer la branche verticale d'un tube en T, la branche horizontale étant en communication, d'une part, avec une trompe aspiratrice de Golaz 0, d'autre part avec un flacon F qui est en rapport avec les barboteurs B et avec un tube à robinet par où il sera également facile de recueillir un volume d'air expiré.
La régularisation des barbotcurs se fait à l'aide de l'aspiration qui est réglée grâce au robinet b.
Prise de Cair expiré. — Pour faire une prise de gaz, on place près des barboteurs une pompe à mercure d'Alvergniat P, dont la partie horizontale et aspiratrice communique par le tube en caoutchouc C et le tube en T avec les tubes de l'aspiration. On ferme les trois pinces à pression pp"p" ; on chasse l'air de la pompe, on descend le réservoir mobile, ce qui produit un vide dans la pompe, on tourne les robinets de la pompe, on ouvre alors p',p", et on laisse fermé p ; le barbotage commence; on peut en régler la vitesse à l'aide des pinces r' et r" ou avec le robinet de la pompe.
Supposons que l'air soit chassé de la pompe à mercure : on abaisse le réservoir mobile, on ouvre graduellement les pinces r et r" situées du côté du ballon ; l'air barbote à travers S04H'2 et la potasse avant de pénétrer dans le réservoir à vide de la pompe ; celle-ci est vidée, remplie de nouveau par la même manœuvre, et ainsi de suite à trois ou quatre reprises ; on dispose alors l'eudiomètre sur le réservoir fixe de la pompe ]\e ; on fait pénétrer dans l'appareil 80 à 150 ce. d'air qu'il faut débarrasser d'acide carbonique par la potasse, on ajoute une quantité d'oxygène suffisante pour la combustion. On fait passer l'étincelle et on calcule en centième la quantité d'oxygène que contient l'air expiré par l'animal. De cette manière on mesure le volume d'oxygène absorbé pour un volume d'air expiré et pour un temps donné.
Disons ici une fois pour toutes que le volume des gaz dans toutes les expériences est ramené à 0 et à 760.
Méthode très exacte pour recueillir l'air expiré et en faire £ analyse eucliomélrique afin de connaître la quantité d'oxygène absorbée.
Le procédé que nous venons d'exposer peut conduire à l'erreur, si on n'a pas grand soin de laisser barboter l'air expiré pendant plusieurs heures, de manière à ce que tout l'air des espaces nuisibles des barboteurs ait été chassé.
Nous préférons un procédé beaucoup plus sûr qui est le suivant :
On recueille l'air expiré dans un petit ballon B fait avec
Fig. 2.
d'excellent caoutchouc d'une capacité de 10 litres environ. On mesure et le temps et le volume d'air expiré. A l'une de ses extrémités on ajuste au préalable un robinet à trois voies R.
On met en communication ce ballon avec une pompe à mercure PP. Le robinet et le ballon sont maintenus en place à l'aide d'un support S couronne d'un plateau IV qui peut s'élever ou s'abaisser à l'aide d'une vis à pression V. Avant de faire passer l'air du ballon B dans l'eudiomètre, il faut, en raison des espaces nuisibles, faire trois ou quatre prises d'air que l'on perdra en le ebassant à l'extérieur. Ceci fait, on fera passer L'air dans l'eudiomètre de la même manière que dans le procédé décrit précédemment.
A. — Influence du bain très froid sur l'absorption