POULIOT. V. MENTHE
. POUMONS. Organe de la respiration dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Les poumons sont de grandes cavités formées d’une multitude de petites cellules à cloisons minces. Une infinité de conduits qui communiquent par les bronches à la trachée-artère remplissent toutes ces cellules de l'air atmosphérique. Le sang qui circule dans les cloisons est vivifié par son contact presque immédiat et dépose une partie de son Carbone, qui, se combinant avec l'oxygène de Fair, se convertit en acide carbonique. On constate la présence de celui-ci dans la respiration par la couleur blanchâtre que prend l’eau de chaux filtrée en soufflant dessus.
Les branchies des poissons sont un organe analogue aux poumons quant à leur destination ; elles sont formées de petites lamelles à dents de peigne où circule le sang qui s’y trouve en contact avec l'air dissous dans l'eau qu'ils habitent.
Ce que les poumons et les branchies sont aux animaux, les feuilles le sont aux plantes. Leur léger parenchyme, couvert
de stomates, met la sève en rapport avec l'air qui les enve-
790 PRÈ
loppe; mais au lieu que dans les poumons son oxygène est absorbé et se trouve remplacé par une forte dose d’acide carbonique, dans les feuilles, au contraire, c’est l’oxygène qui est exhalé, et l’acide carbonique enlevé à la masse d’air atmosphérique, qui en serait bientôt viciée sans cette décomposition. Honneur en soit rendu à la divine Sagesse, qui a su d’une simple feuille faire l’heureux lien de deux principes également destructeurs, l’un par son inertie, l’autre par son activité ! |
POURPIER CULTIYÉ. Portulaca oleracea. (Porcelane.) Les petites feuilles du Pourpier, épaisses et aqueuses, sont assez fades; elles se mangent en salade ou accommodées, et peuvent se confire au vinaigre comme les Cornichons. Le Pourpier est rafraichissant et tempérant, mais du reste assez peu convenable aux estomacs faibles.
C'est une plante potagère. On cultive surtout le P. DORÉ, variété plus grande et plus jolie par les petits points dorés qu’elle offre sur ses feuilles; mais on ne peut la conserver telle que par des soins, car elle tend naturellement à redevenir verte. Le Pourpier, une fois introduit dans un jardin, s’y ressème naturellement seul; pourtant il est mieux de récolter sa graine et de le semer en mai. Cette graine trèsfine doit être semée avec du terreau, peu recouverte et souvent arrosée.
PRÈLE. Equisetum. (Chaquène, Queue-de-cheval.) Il est peu de plantes aussi singulières que les Prêles ; leur tige et leurs rameaux articulés, et leur fructification bizarre en forme de clous groupés en épi, les distinguent aisément des plantes cryptogames. Elles ne sont pas sans propriétés. La P. D'HIVER, E. hîemale ( Asprèle ), qui fleurit l'hiver, croît dans les bois humides et s'élève à À mètre. Elle est employée à polir le bois etles métaux, après qu’on a fait passer dans sa tige un fil de fer pour lui donner plus de consistance. On s’en sert pour agrandir les trous de flûte et nettoyer ceux de montre. Les doreurs en font usage pour adoucir le blanc qui sert de couche à l'or, et les parfumeurs pour mettre le talc en poudre. Toutes les Prêles peuvent plus ou moins servir à ces emplois, en raison de leur rudesse. |
La P. pes CHAMPS, E. arvense (petite Prêle, Aprèle, Queuede-renard), se mange à Venise quand elle est jeune; elle passe pour être astringente, diurétique, anti-dyssentérique et propre à préserver les enfants des hernies. Ses tiges fertiles, toujours très-précoces, sortent de terre comme de petites Asperges et se flétrissent longtemps avant que les feuilles stériles aient paru.