‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1030 sur 1111 · RON · texte numérisé non relu

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réjouissent les enfants et sont le raisin du pauvre , tandis que les feuilles sont, par leur principe astringent, un bon remède aux maux de gorge et aux ulcères de la bouche.

Ces propriétés sont communes à toutes les Ronces, parmi lesquelles on distingue la R. À FEUILLES DE COUDRIER, R. Corylifolius, la R. COTONNEUSE, R. fomentosus, la R. A FRUITS BLEUS OU SAINTE-CATHERINE, R. cœsius, el surtout la R. NOIRE OU COMMUNE, R. fruticosus (Mürier des haies, Catimuron), qui‘se couvre de mûres ou mürons noirs, petits fruits très- . doux dont on fait du vin, du sirop, de l'eau-de-vie et des conserves. On s’en sert en Provence pour colorer le vin muscat. Ils teignent la laine en améthvste foncé, et en rouge-carmin avec l’alun. Leur suc, mêlé à l'esprit de vin, sert de réactif en chimie. Épaissi et misen tablettes, on l'emploie en peinture. Plusieurs variétés de la Ronce commune sont cultivées dans les jardins. Les plus belles sont la blanche et Ja rose à fleurs doubles, qui durent de juin en octobre. Elles se taillent et se palissadent bien, et réussissent en tout terrain à mi-ombre.

Une Ronce plus intéressante à connaitre que toutes les autres est la R. pu MONT Ina ou FraMBoisrer, R. Idœus. Cette Ronce des montagnes fait les délices du chevrier par son petit fruit rouge, parfumé, légèrement acide. C’est la conquête du botaniste, quand il parcourt les montagnes et grimpe sur les rochers, ou que le pâtre en fait hommage auchàlet. Le Framboisier est cultivé dans tous les jardins, mais il effrite le terrain. fl faut le changer de place au moins tous les trois ans et le mettre en lieu frais et à mi-ombre. On taille en mars le bois nouveau à 8 ou 10 décimètres, et on enlève le bo's mort. Outre le Framboisier rouge ordinaire, on possède le F. BLANC et le F. DE TOUS LES Mois, qui offre une sous-variété à fruits trèsgros et très-parfumés. Pour qu'il remonte bien, il faut avoir soin de pincer les jeunes rameaux qui sont à l'extrémité des tiges. .

La framboise se mange seule ou mêlée aux groseilles. On en aromatise les glaces et les sorbets; on en fait du sirop, un vin.assez bon, et une boisson très-rafraichissante, connue sous le nom de vinaigre à la framboise. Pour la préparer, on remplit une bouteille de framboises bien mûres, et l’on verse par dessus, autant qu'il en peut tenir, du bon vinaigre rouge ; on bouche hermétiquement, et, l'été suivant, il suffit de mêler une cuillerée à café de ce vinaigre avec un verre d'eau sucrée pour avoir un rafraichissement délicieux.

On cultive aussi, mais seulement pour l'agrément, le F. pu CanaDA, R. odoratus. De grandes fleurs lie-de-vin, semblables à de petites roses disposées en bouquet, terminent ses ra-

meaux visqueux et odorants, et se succèdent de juin en septembre. Ses fruits ressemblent aux framboises. Il veut un terrain frais et ombragé; on doit au printemps retrancher le bois mort.

RONDELETTE, RONDETTE. V. GLÉCHOME.

ROQUETTIE DES JARDINS. Eruca saliva. Cette plante annuelle du midi de la France est cultivée dans les jardins potagers pour fourniture de salade. C’est un stimulant et un anti-scorbutique. Elle convient, dit-on, à l’asthme pituiteux, à Ja toux catarrhale et à la coqueluche, mais est contraire aux tempéraments sanguins. Les semences sont vésicantes et font saliver. La Roquette réussit partout: on la sème fort clair, depuis le printemps jusqu’à la fin de l'été, selon le besoin. Elle est d’autant plus douce et meilleure qu’on l’arrose davantage. .

RORELLE. V. RoSsoLIs.

ROSAGE FERRUGINEUX. Rhododendron ferrugineum. (Laurier-rose des Alpes.) Ce bel arbrisseau couronne le sommet des hautes montagnes ; il fleurit encore là où il n’en croit plus d’autres, et alimente presque seul le petit feu des chevriers. Ses grandes et belles fleurs rouges l’ont fait transplanter dans les iardins, où il languit et atteint à peine le tiers de sa grandeur naturelle: il faut à cet enfant des Alpes Pair pur des montagnes et le voisinage des glaciers. L’infusion de ses feuilles est un remède contre les dartres et autres maladies de la peau.

Le R. pu PoxT, R. Ponficum, de l’Asie-Mineure, a pu être uaturalisé en France, où il supporte les hivers ordinaires ; il se couvre en mai de magnifiques bouquets de fleurs roses au bout de chaque rameau. On prétend que le miel que les abeilles récoltent sur ses fleurs est dangereux et donne des vertiges, car on lui attribue l’accès de fureur des soldats de Xénophon à la retraite des Dix Mille. Les propriétés sudorifiques et narcotiques de ses feuilles sont mieux constatées.

On cultive plusieurs autres Rosages exotiques, à fleurs rouges, roses ou blanches, d’un effet magnifique en juin et juillet.

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