VINAIGRIER. V. SUMAC
VINETTIER. Berberis vulgaris. (Epine-vinette, Epine-aigrette.) Très-joli petit arbrissean de nos baies dont les grappes de fleurs jaunes au printemps et les baies d'un rouge luisant en automne font l’ornement. Ces petits fruits, d'un goût acide et agréable, servent à préparer des confitures estimées, dusirop, des dragées et un vin rafraichissant ; ils ont en médecine les mèmes propriétés L les groseilles. La racine et l'écorce teignent en jaune et les baies en rose. Les épines du Vinettier sont fort remarquables en ce qu'elles montren le
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changement d’un organe en un autre. On y voit des rudiments de feuilles dont les nervures seules ont persisté, se sont durcies et sont devenues piquantes. Les étamines sont douées d’une grande irritabilité ; elles se crispent aussitôt qu'on les touche avec une épingle. |
On se sert de l'Épine-vinette pour faire de jolies haies productives. Celle à fruits sans pépins est préférable ; on la multiplie de marcottes et d’éciats. Les variétés à gros fruits, fruits blancs, fruits violets, sont moins acides et également rustiques.
VIOLETTE ODORANTE. Viola odorata. (Violette de mars, Jacée du printemps.) Symbole de la pudeur chez les anciens, la Violette avait à leurs veux la vertu d'empêcher livresse et de prévenir les excès; ils s’en faisaient des couronnes dans les festins. Elle n’est plus parmi nous que le doux emblème de la modestie et la fleur chérie de tout le monde. Extrêmement précoce, les mois de janvier et de février la voient éclore ; souvent inaperçue et cachée sous la feuille, son parfum la trahit et invite à la cueillir; aussi est-ce la fleur qui fait chaque printemps la fortune des bouquetières, le luxe de l’échoppe et le parfum de l’antichambre et des salons.
La Violette n’est pas seulement très-agréable, elle est utile ; c'est un des béchiques les plus fréquemment employés. On en compose un sirop pour les maux de gorge et de poitrine. Ce sirop est l’un des réactifs les plus usités en chimie; les alcalis le font passer au vert et les acides au rouge.
Les feuilles sont émollientes et laxatives , les graines lithontriptiques; les racines enfin sont purgatives; elles ont dans leur forme et leurs propriétés de grands rapports avec l’Ipécaeuanha. C’est un éméto-catharctique naturel qui mériterait d’être plus souvent employé.
Parmi les variétés de la Violette ordinaire, on distingue celle des quatre saisons, qui fleurit de septembre en février ; celle à fleurs doubles, la plus cultivée pour le sirop; elle est très-belle et moins traçante que celle à fleurs blanches, grises ou roses, plus rare et plus délicate que la Violette commune. Toutes veulent une terre franche, à mi-ombre, et se multiphent d’éclats.
La V. PENSÉE est cultivée dans tous les jardins. On y a, sous ce nom, deux espèces distinctes : le V. éricolor, qui est annuel}, et le V. Aféfaica, qui est vivace. Celui-ci est la souche des Pensées anglaises, remarquables par leur grandeur et par leur beauté, et qui durent trois à quatre ans. Elles résultent du croisement des deux espèces. Depuis quelques années, la culture des Pensées a pris de grandes proportions, et l’on a
VI 883 établi des concours où l’on décerne des couronnes aux horticulteurs qui obtiennent les plus belles. Pour mériter le prix de la beauté ou du moins pour entrer dans une collection , une Pensée doit avoir une fleur grande, parfaitement ronde dans son contour, offrir des couleurs riches et harmonieuses, el surtout présenter un masque bien prononcé. Les Pensées dégénéranf promptement, il est à propos de les bouturer fréqueen pour conserver les belles variétés. On en obtient de, nouvelles par le semis, qui se fait deux fois L'an : la première fois au mois d'avril pour avoir une floraison à l'automne, et la seconde fois à la fin du mois d'août pour jouir des fleurs au printemps suivant. Les jeunes plants doivent être repiqués, lorsqu'ils ont quatre ou six feuilles, dans un terrain ma, bien fumé, mélangé de bon terreau et placé à miombre, |
VIOLIER. Matthiola. Les botanistes modernes ont formé un genre nouveau, dédié à Matthiole, de deux espèces appartenant aux genres Cheiranthus et Hesperis, mais si voisins par leurs caractères et leurs feuilles cotonneuses, qu'on les confond souvent; ce sont le V. BLANCHATRE où GIROELÉE DES JARDINS, M. incana, et le V. QUARANTAIN ou GIROFLÉE QUARANTAINE, M. annua.
. Le premier’est bisannuel ou vivace; il a communément les fleurs violettes, l'odeur de girofle et les feuilles cotonneuses ; il est indigène. Ses varidiés blanche, rose, couleur de chair, rouge, lilas, sont également cultivées. On vise toujours à lavoir double. Pour cela, on place le Violier simple entre deux doubles à l’époque de la floraison. On sème à la fin d'avril; le plant est repiqué en bonne exposition. On le laisse en planche jusqu’à la fin de septembre qu'on le met en pot pour le soustraire à la gelée. La variété cocardean doit son nom à ses fleurs en cocarde, beaucoup plus grandes que les autres.
Le Violier quarantain demande moins de soins. On le sème de mars en juin pour varier l’époque des fleurs. On repique en planche, et on met les mottes à demeure au moment où les boutons paraissent, On en possède de 20 à 30 variétés, Les al on sont : la violette, la blanche, la rouge, la rose, la ilas, la carnée et la brune d’un violet brun. C’est la plus remarquable.
Une troisième espèce est le Kris ou GIROFLÉE GRECQUE, M. glabra. I a la tige et les feuilles vertes et glabres, et les fleurs violettes, rouges, blanches ou bigarrées. On en a deux variétés : l’une annuelle, que l’on cultive comme le Quarantain; l’autre bisannuelle, qui veut les mêmes soins que le Violier blanchätre.
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