‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 601 sur 1111 · ACH · texte numérisé non relu

ACH

Sous le nom de Céleri, V'Ache a passé des marais dans les jardins potagers; son odeur est forte et son goût très-prononcé. On en mange le collet et la côte des feuilles après qu’on les a fait étioler et-qu’ils sont suffisamment blanchis. Pour cette opération, quand les feuilles sont bien développées, on les réunit par trois liens de paille, qu’on atteint de huit en huit jours, en les buttant avec de la terre, jusqu’à ce que le sommet des feuilles soit caché. On peut, en semant et repiquant le plant en différentes saisons, avoir ainsi du Céleri toute l’année. Il demande des terres fortes et des arrosements fréquents. Le Céleri de Tours et le Céleri turc sont les plus grands; le Céleri creux et le petit Céleri se mangent crus en salade. Le Céleri-rave, dont le collet s’arrondit en pomme, est le plus estimé de tous ; on le mange comme les Navets. Les graines du Céleri sont, comme celles de FAnis, excitantes et carminatives. La racine, prise en infusion, est un bon diurétique, et toute la plante antiscorbutique.

ACHILLÉE. Achillea. Un nom si pompeux donné à un genre peu remarquable de plantes herbacées étonne moins quand.on a étudié les propriétés de ses nombreuses espèces. Au premier rang est l’A. MILLEFEUILLES, À. millefolium, autrement appelée Sourcil de Vénus, Herbe à la coupure, Herbe au charpentier. Ces derniers noms indiquent assez qu'elle a été singulièrement vantée dans le traitement des coupures. L’usage qu'en font souvent les écoliers paresseux justifie mieux celui de Saigne-nez qu’elle porte encore. La médecine actuelle en prescrit l'usage dans les atonies nerveuses et dans les hémorrhagies passives.

L’A MILLEFEUILLES est une herbe des prés secs, fournissant un assez mauvais foin, mais un bon pâturage aux moutons ; il a le mérite de résister aux plus grandes chaleurs; on ne saurait trop recommander sa culture aux propriétaires du Midi. Une variété à fleurs roses, durant presque tout l'été, à été introduite dans les jardins. On y cultive aussi PA. vis- QUEUSE, l'A. DORÉE et l'A. p'EGYrTE, toutes trois remarquables par leur large corymbe d’un beau jaune. Elles viennent en tout terrain et à toute exposition.

Les jardins ont aussi reçu, sous le nom de Bouton d'argent, l’A. PTARMIQUE OU STERNUTATOIRE, qui croît dans les prairies humides. Elle a la saveur de l’Estragon. On emploie la poudre de ses feuilles pour faire éternuer, et sa racine mâchée pour exciter la salivation.

Une autre Achillée est très-célèbre dans les Alpes : c’est le : Génepi blanc, A. nana. Tous les pâtres la connaissent et préconisent ses vertus fébrifuges; elle fait partie des vulné-

ACO 391 raires suisses. Le botaniste est fier de la cueillir au pied des neiges éternelles.

ACIDES. Substances composées, résultant de la combinaison de l'oxygène ou quelquefois de l'hydrogène à un ou plusieurs autres éléments. Ils font passer au rouge les couleurs bleues végétales ; on les distingue encore à la saveur piquante qui.leur a fait donner leur nom. L'étude de leurs propriétés est tout entière du domaine dé la chimie, mais elle doit à la Botanique la connaissance des nombreux végétaux qui les lui fournissent. Les plus intéressants sont les suivants :

ACIDE ACÉTIQUE. V. VIGNE, Bots.

ACIDE CARBONIQUE. Combinaison d’un atome de carbone en vapeur et de deux atomes d'oxygène. Il en résulte un gaz pesant et délétère,: entrant pour trois ou quatre millièmes seulement dans la composition de l’air atmosphérique. Il est sans-cesse reproduit par la fermentation, la combustion et Ja respiration qui consument beaucoup d’oxygène. Comment donc, depuis tant de siècles, l'équilibre ne s’est-ii pas rompu ? Comment, dans ce grand laboratoire de la nature, chaque règne puise-t-1T les éléments qui le conservent? C’est à la Botanique à nous l’apprendre. Cet acide carbonique est nécessaire par son carbone à la consistance des plantes; il les pé- -nètre, soit qu’il leur arrive par l'air qu'elles aspirent ou par l’eau que pompent leurs racines. Aux rayons du soleil ou simplement à la lumière du jour, les feuilles, et généralement toutes les parties vertes de la plante, le décomposent dans leur mince parenchyme ; elles s’incorporent le carbone qui leur est nécessaire pour leur donner de la solidité et rendent à la masse atmosphérique l'oxygène purifié. Les vents et les courants ont bientôt fait le mélange ; l’équilibre, momentanément rompu, est pleinement rétabli, et l’action de la Sagesse éternelle se fait encore admirer dans cet invisible anneau qui unit ainsi tous les règnes.

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