ADO
état qu’elle a eu longtemps cours dans le commerce d'Europe sous le nom de terre de Lesbos. Les jeunes feuilles, séchées et pulvérisées, leur servent aussi d’assaisonnement nécessaire à tous leurs mets. Ils les regardent comme très-propres à diminuer la transpiration et à prévenir leurs maladies inflammatoires. Ils font de grandes pirogues d’une seule pièce de leur énorme tronc, ou, les laissant debout, ils creusent dans leur vaste flanc des trous profonds dans lesquels ils ensevelissent leurs morts. De là la vénération profonde qu'ils semblent avoir pour ces vieux patriarches du monde. Ils suspendent sur eux leurs amulettes et les regardent ensuite comme des arbres sacrés.
ADIANTHE CAPILLAIRE. C’est le vraiCapillaire ou Capillaire de Montpellier, indiqué sous le nom d’Adianthe dans les ouvrages d’Hippocrate. Ses longues et fines tiges d’un roux luisant lui ont valu la dénomination de Cheveux de Vénus ou simplement de Capillaire, sous laquelle il est plus connu. Aussi commun dans le Midi que rare dans le Nord, il tapisse les grottes humides et les rochers de la mer. C’est un des béchiques les plus estimés qu’emploie la médecine ; elle en fait un usage fréquent en infusion et en sirop dans les rhumes et les catarrhes.
Comme leur nom lindique (du grec 4, non, diainein, humecter }, les Adianthes ont la faculté de dessécher latmosphère, c’est-à-dire de soutirer les vapeurs d’eau dont elle peut être chargée. Cette propriété en rend la culture éminemment hygiénique et propre à Fassainissement des salons. L’un des plus gracieux est l’Adianthum reniforme, qu’on cultive dans de grandes coquilles marines qui font très-bien ressortir l'élégance de son feuillage.
ADONIDE D'AUTOMNE. (Goutte de sang.) Les poètes racontent que Vénus pleurait le bel Adonis tué par un sanglier, et que, pour consoler sa douleur, elle le changea en Adonide. Le port gracieux de cette plante, son joli feuillage découpé en lanière fines comme des cheveux, et surtont ses pétales rouge de sang, marqués sur l'onglet d’une tache noire, auront sans doute donné lieu à cette gracieuse fiction.
L’Adonide croit naturellement dans les guérets, d’où les jardins l’ont enlevée; elle veut une terre légère et doit être chaque année semée sur place. On cultive aussi l’A. DU PRIN- TEMPS, vivace, à lige plus petite, mais à fleur plus large et d’un beau jaune citron; elle habite les montagnes des Cé-
vennes et celles de l'Alsace ; sa racine a les propriétés de l'Hellébore.