‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 623 sur 1111 · ANC · texte numérisé non relu

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dedans), Cette science importante est à la Botanique ce que l'anatomie animale est à l'étude des sciences médicales ; mais entre l’une et l’autre quelle différence! A la place d’un amphithéâtre sanglant, un gazon vert et fleuri; une tige gracieuse, des fleurs embaumées, un fruit succulent, au lieu d’ossements desséchés, de chairs palpitantes ou baveuses ! Un canif, une loupe, un poinçon suffisent au botaniste pour lui révéler une foule de merveilles. L'importante classification des végétaux en cellulaires et vasculaires, et la division de ceux-ci en endogènes et exogènes, suffiraient seules pour démontrer les services rendus à la Botanique par l'anatomie végétale.

Elle consiste à séparer, par quelques moyens mécaniques, les parties élémentaires des organes des végétaux, pour étudier la forme et la disposition de chacune d’elles. On y parvient aisément en ramollissant les tissus ou en opérant sur des erganes encore verts. Ainsi, il est aisé de surprendre le sommeil d’un embryon bien complet dans une graine de Haricot où de Fusain ; on verra distinctement la moelle et l’étui médullaire dans une jeune branche de Sureau; la section d’un Sapin-offrira très-distinetement la superposition des couches ligneuses et concentriques ; la culture d’une grosse tige de Mauve alcée montrera les trachées se déroulant en spirale ; enfin l’on découvrira dans l'étoile d’une pomme partagée par son milieu et dans la chair qui l'enveloppe la structure parfaite du péricarpe le plus compliqué.

ANCOLIE. Aquilegia vulgaris. (Aiglantine, Clochette, Gantde-Notre-Dame.) Cette jolie fleur, dont les pétales en cornet se réunissent en petit bec crochu qui figure assez bien les serres de l'aigle, doit son nom botanique et celui d’Aiglantine à cette particularité. Elle embellit les prés, les bois, et surtout. le bord des ruisseaux ; son beau port, ses feuilles élégamment découpées et le bleu vif de ses cloches pendantes l’ont fait cultiver partout ; les jardiniers en ont obtenu des variétés roses, blanches, violettes, lilas, et des doubles très-remarquables par leurs cornets insérés jusqu’à cinq les uns dans les autres. L'Ancolie se multiplie de rejetons et dé graines semées à la maturité.

L’Ancolie est, dit-on, apéritive, diurétique et sudorifique. On obtient des fleurs une teinture bleue qui peut, en chimie, remplacer le Tournesol. (V. TOURNESOL.)

On cultive depuis quelques années deux jolies Ancolies d'Amérique : l'A. pu CANADA et l’A. DE SKINNER, remarquables par leurs fleurs rouges, jaunes et vertes. La seconde surtout est une des plus belles plantes vivaces qu'on puisse avoir dans un jardin; mais elle est délicate, gèle sou-

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vent et périt fréquemment à la division des pieds. I lui faut une terre de jardin amendée de terreau ou de terre de bruyère, une exposition protégée, des arrosements réglés, -et de Pombrage avec éclaircies.

ANDROSACE (du grec andros-akos', remède d'homme). Les Androsaces habitent les hautes montagnes et le voisinage des neiges éternelles; compagne des Primevères auricules, elles ont avec elles de très-grands rapports. On a reconnu à . quelques Androsaces la propriété de faciliter l’écoulement des urines et d’expulser les graviers.

ANÉMONE (du grec anémos, vent, parce que la graine de plusieurs espèces, étant plumeuse ou lameuse, devient facilement le jouet des vents). L’A. DES FLEURISTES, À. coronaria, est sans contredit la plus belle des espèces cultivées dans nos jardins. Elle a fait autrefois les délices des amatèurs, et elle les ferait encore, s'ils n'étaient pas devenus trop paresseux pour surmonter les difficultés qu’oppose sa culture.

Les jardiniers ont donné divers noms aux différents organes d’une Anémone double. Aïnsi, le feuillage est appelé pampre; la tige, baguette ; Ia collerette, fane; les pétales de la circonférence, manteau, et leur onglet, culotte ; les pétales qui viennent immédiatement après le manteau, cordon ; ceux qui forment le rang suivant, béquilions : ce sont les ovaires entièrement transformés ; et enfin lés ovaires du centre changés aussi en pétales composent la panne ou peluche.

Pour être belle aux yeux d’un amateur, une Anémone doit réunir certaines conditions. Le pampre doit être très-découpé, bas et bien garni, la baguette haute, ferme et droite, la fane éloignée de la fleur du tiers de la longueur de la baguette ; la panne doit faire le dôme comme dans le Pavot et être très-garnie de béquillons ; ceux-ci, ainsi que tous les autres pétales, doivent être arrondis par le bout; lorsqu'ils sont pointus et étroits, c’est un grand défaut ; il est de rigueur que les pétales du manteau soient d’une couleur iranche, et qu'ils dépassent, mais de peu seulement, le diamètre de la peluche; le cordon doit s’apercevoir un peu, et ne point excéder en longueur les premiers béquiilons, ni faire le boulet par son épaisseur.

Une Anémone doit être grosse et pommée ; son coloris doit être très-brillant, même dans les couleurs brunes ou bizarres; les nuancées sont rares; lés veloutées sont les plus belles ; les panachées. sont préférables à celles qui ne le sont pas.

Le manteau aide à reconnaitre quand une Anémone doit

372 ÂNÉ augmenter en coloris. Si la peluche est d’abord d'une seule couleur et le manteau de deux, il y a lieu d’espérer que le coloris des grands pétales qui le composent pourra monter dans les béquillons de la peluche.

Il. y a des Anémones qui varient : une année, elles sont panachées et ont les béquillons bordés; l’année suivante, elles sont larmoyées, et enfin, une troisième et quatrième année, elles auront Les grands pétales piquetés et les béquillons unis. Ces Anémones sont préférables à d’autres, car, par leurs mênes pattes, elles formeront autant de variétés.

Les Anémones simples, connues sous le nom de Pavots, sont plus fortes et plus florifères que les doubles. Certains amateurs les préfèrent même, à cause de la pureté de leurs formes et de la grande vivacité de leurs couleurs.

Pour avoir de belles Anémones, il faut d’abord leur préparer une terre convenable, condition sur laquelle elles se montrent très-difficiles. On compose la terre avec 5 parties de sable, 3 de terre franche, et 4 à 5 de terreau. On fait ce mélange au commencement de’ l’automne, pour ne s’en servir que l’année suivante à la même époque, et après l'avoir fait passer une ou deux fois par la claie. Il faut creuser un fossé de 4 mètre de profondeur et le remplir entièrement de celte terre ainsi préparée, car les racines pénètrent beaucoup plus avant qu’on ne se l’imagine communément.

Dans nos climats, on doit planter les Anémones de la mioctobre à la mi-novembre. Les planches qu’on leur destine étant bien labourées et ratissées, il faut tirer dessus au cordeau des traits en long, séparés par 15 centimètres d’intervalle, et refendre ces traits par d’autres en travers, espacés aussi à 45 centimètres, afin que les pattes étant placées aux endroits où les traits se seront croisés, elles soient à une égale distance les unes des autres.

Les Anémones ne doivent pas être mises en terre à plus de trois bons doigts de profondeur. Il faut faire leur place avec la main dans le sol, de crainte de rompre les pattes.

Afin de remplacer dans des planches les pattes qui pourrissent, il faut en planter plüsieurs dans des pots, une seulement dans chaque pot. Quand les Anémones sont sorties de terre et qu’on aperçoit des places où il en manque, on les remplace par celles qui sont dans les pots.

Pour qu’une planche d’Anémones offre un agréable coupd'œil, il faut que les couleurs soient savamment combinées et les nuances artistement mélangées. Par conséquent, lorsqu'elles sont en fleur, on doit avoir soin. de numéroter et de décrire celles que l’on veut conserver.

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Les Anémones veulent être arrosées lorsqu'il y a de Ja sécheresse ; mais alors il faut éviter, surtout quand elles sont épanouies, de les arroser en plein soleil, ce qui brûülerait leurs délicates couleurs. Cette opération doit être faite le soir avec une grille percée de trous très-fins.

Pour conserver la beauté du feuillage et pour la propreté des planches, on coupe avec ongle toutes les feuilles qui sont pourries. Quand il y a des tiges faibles sur quelques pieds, on les coupe avec des ciseaux, afin que les autres tiges aient une nourriture plus abondante.

Quand arrivent les premières gelées, il ne faut pas se presser de couvrir les Anémones de paillassons ; elles se portent mieux d’être un peu endurcies au froid; mais, dans les fortes gelées, on doit les couvrir avec des paillassons ou du fumier sec. Quand le temps est radouci, il ne faut pas négliger de leur donner de l’air.

Le temps convenable pour déplanter les Anémones est lorsque Ja feuille jaunit pour sécher. On ne doit pas la laisser sécher entièrement; car, lorsque la plante n’a plus de sève, elle s’échauffe dans la terre et pourrit à la moindre humidité. Après les avoir déplantées, on les met sécher dans une chambre, à l’air, avant de les enfermer dans leurs boîtes. Il faut aussi les éplucher avec soin en ôtant tout le pourri, sans craindre de couper jusqu’au vif, et en retranchant tout ce qui est étranger au tubercule.

Les pattes d’Anémone peuvent se conserver deux ou trois ans hors de terre sans se gâter, en les mettant dans un lieu sec; on en obtient même de plus grosses fleurs. Pour avoir une belle floraison, il serait donc bien d’avoir une double collection et de faire reposer chacune pendant un an avant de la replanter. | à

Les Anémones doubles ne portant pas de graine ; on récolte celle-ci sur les simples. Il faut la ramasser quand elle quitte la tête de la tige et qu’elle est près de s'envoler ou de tomber. On la met dans une boîte et on la conserve sèchement jusqu’au mois-d’août pour la semer.

On ne doit semer cette graine que dans une terre bien préparée; il faut surtout qu’elle soit remuée et bien unie au râteau.

Les graines d’Anémone sont tellement unies les unes aux autres qu’il faut les séparer. Pour cela, on met dans un vase ce que l’on veut semer, et l’on jette dessus du sable bien sec : ur on les manie et on les remanie jusqu’à ce qu’elles soient

ien désunies.

On sème la graine fort clair et par un temps bien calme,

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de peur que le vent rie l'emporte. Quand les semences sont répandues, on les recouvre de Fépaisseur de 1 centimètre de terre et de terreau mêlés ensemble Après cela, on-umit la terre avec une baguette, et on la recouvre d’une légère couche de paille qu’on fixe avec quelques baguettes. On arrose légèrement par dessus, et l’on retire l’arrosoir dès que l’eau cesse de se répandre sous forme de pluie.

On continue, si le temps est sec, à arroser tous les cinq à six jours, et on laisse la paille quinze jours. La graine germe par dessous. Lorsqu'on ne voit pas lever la graine, on ne laisse pas cependant d’ôter la paille, mais l’on prend garde que la terre ne se sèche.

En procédant de cette façon, une partie du jeune plant fleurira dès le mois de mars et le reste en avril.

Il faut nettoyer soigneusement les planches de semis et les couvrir pendant les gelées. Lorsqu’au printemps les jeunes pattes sont devenues grosses comme des pois et que les fleurs commencent à se faner, on les arrache avec précaution, on les met sécher dans un lieu très-sec, et on les replante à l'automne suivant.

Comme on le voit, la culture des Anémones coûte beaucoup de soins et de peines, mais on en est amplement dédommagé par le plaisir qu'on éprouve à voir son parterre embelli de leurs riches couleurs et de leurs nombreuses variétés.

L’A. SYLVIE, Anemone nemorosa, est une charmante rhessagère du printemps qui arrive toujours avant le rossignol. Elle tapisse les bois humides et le bord des ruisseaux. Sa grâce, sa délicatesse, une sorte d'élégance modeste à baisser sa jolie tête blanche, et surtout sa précocité, en font une des fleurs les plus chères au botaniste. Elle a été introduite dans les jardins, où on la cultive quelquefois à fleurs doubles. Elle est employée utilement contre la goutte et le rhumatisme.

L’A. DES MONTAGNES, Añemone montana (Coquelourde, Pulsatille, Fleur-de-Pâques, Passe-fleur), était prise autrefois, mais à tort, pour l’Anemone pratensis de Linné. A peine ouverts, ses carpelles plumeux deviennent le jouet du vent, qui les dissémine au loin. Les feuilles, caustiques et vénéneuses, fournissent une encre verte. Les Wurtemberceois font un grand usage de sa fleur pour teindre les œufs de Pâques.

Toutes les Anémones sont pourvues du sue âere et brülant des Renonculacées, qui les rend plus ou moins vésicantes et vénéneuses. Il serait donc dangereux de les porter à la bouche, comme quelques personnes ont la malheureuse habitude de le faire pour toutes les fleurs qu’elles rencontrent.

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