‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 631 sur 1111 · AR · texte numérisé non relu

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ARGLISSE. V. RÉGLISSE.

— SAUVAGE. V. POLYrOD&.

ARGOUSIER. Hypophae rhamnoïdes (du grec argos, blanc, hypo-phainon, brillant en dessous). (Griset.) L’Argousier justifie ses différents noms par ses jolies feuilles grisàtres et argentées qui l’ont fait introduire dans les jardins d’agrément. Il a 2 mètres de haut; c’est un arbrisseau rameux et épineux très-propre à faire des haies productives; il est originaire du Midi, mais vient en tout terrain. La culture en est facile ; on le multiplie même de boutures. Les baies de l’Argousier se mangent; on les emploie surtout comme épice pour les sauces et le poisson. Leur suc donne une teinture jaune, et leur décoction peut servir contre les insectes de la peau et dans les maladies cutanées des animaux. Le bois, très-dur, est employé par les ébénistes et les tourneurs.

ARISTOLOCHE (du grec aristos, plante excellente). Les racines des Aristoloches jouissent en général de propriétés excitantes très-prononcées et bien connues des anciens. Leur Joli feuillage passe pour vénéneux ainsi que leur tige, qui, dans plusieurs espèces, est longue et grimpante. La plus commune de toutes est l’A. CLÉMATITE (Aristoloche des vignes ou Poison de terre, parce qu'elle infecte les lieux où elle se trouve) ; il est difficile d’en extirper les racines. Les Russes vantent son fruit comme fébrifuge. - |

La racine de l’A. RONDE, particulière au Midi, est excitante comme celie de la Clématite; mais elles le sont moins que PA. SERPENTAIRE, plante de la Virginie, à odeur aromatique, forte et camphrée; elle agit particulièrement sur la peau en y provoquant la transpiration ; on l’a vantée dans le traitement des fièvres typhoïdes; c’est un stimulant très-énerg;:que. D’autres Aristoloches d'Amérique sont employées contre la morsure des serpents; on dit même qu’un morceau de la racine les met en fuite.

Parmi les espèces cultivées dans les jardins, la plus remarquable par la singularité de sa fleur en pipe et d’un rouge noir est l'A. EN SIPHON, originaire de l'Amérique septentrionale. C’est un arbrisseau grimpant de 8 à 10 mètres, qni atteindrait même la hauteur d’un mât s’il avait des supports suffisants. Ses longues feuilles en cœur et bien fournies le rendent propre à garnir des berceaux et des treillis. Sa racine est bonne pour déterger les vieux ulcères.

ARMOISE. Artemisia. Une espèce d’Armoise vient fréquemment sur les tombeaux ; lui aurait-on trouvé quelques rapports avec la célèbre Artémise, si fidèle aux cendres de

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Mausole, son époux ? Quoi qu’il en soit, l’Armoise est un des genres les plus importants, non pour l'éclat de ses fleurs qui n'ont rien d’apparent, mais pour l’utilité de ses nombreuses espèces aromatiques, toniques et stimulantes.

La plus commune est l’Armoise (Herbe ou Fleur de saint Jean) ; son odeur repoussante, le vert noirâtre de ses feuilles en dessus et leur teinte blanche en dessous paraissent conformes aux tristes lieux qu’elle habite ; aussi lui a-t-on prêté bien des vertus imaginaires, comme de conjurer l’apparition des spectres, de préserver des sorts, etc. Les propriétés moins ridicules et plus réelles de ses fleurs et de la sommité de ses tiges prises en infusion sont d’être stimulantes, toniques et provoquant les sécrétions; on indique sa racine contre les affections nerveuses qui accompagnent la dentition des enfants. Dans quelques provinces, on mange l’Armoise et on en farcit la volaille, surtout les oïes, dont elle rend la chair plus tendre et plus savoureuse. Les troupeaux s’en repaissent avec avidité.

L'ESTRAGON, A. dracunculus (Dragonne, Serpentine). est une espèce d’Armoise originaire de Sibérie et cultivée dans tous les jardins potagers. Sans avoir la teinte blanchâtre des autres Armoises, il participe à leur odeur aromatique ; sa saveur fraiche et piquante le fait joindre aux herbes de la salade etaux cornichons ; on s’ensert aussi pour aromatiser le vinaigre ‘60 grammes de feuilles fraîches par litre). La médecine l'emploie comme anti-scorbutique. On le multiplie par éclat en avril et mai; on met les plants à3 décimètres de distance dans une terre bien travaillée; à l’entrée de l'hiver, on coupe les tiges, et on recouvre de terreau ou même de litière pour le prémunir contre les fortes gelées.

L’ABSINTHE, À. absinthium (grande Absinthe, Armoise ainère), a été connue de tout temps comme très-amère. Jérémie pleurant sur les ruines de Jérusalem dit éloquemment « qu’elle à été rassasiée d’absinthe et de fiel. » Elle croît dans les lieux pierreux des montagnes ; mais elle est aussi fréquemment cultivée pour ses propriétés médicales, qui résident dans ses feuilles et dans ses sommités fleuries qu’on fait infuser dans l’eau, le vin et l'alcool. L'abus de la liqueur ou eau d’Absinthe brûle l'estomac; mais, prise en petite dose, elle aiguise l'appétit, facilite la digestion, accélère la circulation du sang etexerce sur toute l’économie animale une influence fortiliante. On l’emploie dans lesatonies du canal digestif, les diarrhées chroniques, dans certaines gouttes, les fièvres intermittentes et les vers, quand l’inflammation n’est point à craindre. On a quelquefois substitué l’Absinthe au Houblon dans les

brasseries de bière. Toute la plante donne beaucoup de potasse par incinération. Ses feuilles sont jolies et finement découpées; on les retrouve dans les ornements de l’architecture gothique. |

L'AURONE, À. abrotanum, est un petit arbrisseau blanchàtre, grêle et à feuilles capillaires, originaire du Midi; c'est la Citronnelle, ainsi nommée de sa forte odeur de citron. On l’emploie, sous le nom de Garde-robe, pour éloigner les insectes des étoffes et des fourrures. C’est un bon vermifuge qui peut remplacer l’Absinthe et l’Armoise ; il demande de la chaleur et se multiplie par l'éclat des pieds au printemps.

L’A. DES ROCHES, À. mutellina, est particulière aux bautes montagnes, ou elle est connue sous le nom de Génepi blanc. Le Génepi noir, A. glacialis, est aussi une espèce d’Absinthe. Les pâtres les cueillent avec les Achillées.

L’A. ou AURONE DES CHAMPS, À. campestris, est très-commune sur les coteaux arides, où elle ne fleurit qu’en septembre ; ses sommités sont stimulantes, toniques et anti-spasmodiques. On les substitue souvent au vrai semen contra, vermiluge renommé en médecine humaine et vétérinaire, qui n’est que la réunion des fleurs et des graines du sommet des tiges de l'A. bE JUDÉE, À. Judaica.

ARNIQUE. Arnica montana (du grec ptarmikos, sternutatoire, propriété de ses fleurs). (Bétoine des montagnes, Panacée des chutes, Tabac des Vosges.) Ce n’est que dans les prairies des montagnes que l’on peut voir l’Arnique dans tout son éclat ; ses fleurs, du plus beau jaune, la feraient comparer aux Soucis des jardins sans la mauvaise odeur de ces derniers. Elle a des propriétés énergiques. Dans les Vosges, en Suède et en Russie, on fume ses feuilles comme celles du Tabac ; la poudre des fleurs est aussi un violent sternutatoire. Toute la plante fait partie des vulnéraires suisses; mais ce sont surtout les fleurs et les racines dont la médecine fait usage. C’est la grande panacée des praticiens allemands ; on la considère comme un remède infaillible contre les accidents qui résultent de chutes et de coups à la tête ; mais les symptômes qui accompagnent l’emphoi que l'on fait de PArnique doivent en faire restreindre l'usage : c’est toujours un remède violent. On l'emploie avec succès dans les rhumatismes, les paralysies, les amauroses et toutes les affections où il faut réveiller l'énergie du cerveau. L'Arnique est aussi fébrifuge, mais moins que le Quinquina. On la prend en infusion et en poudre.

ABRÊTE-BOEUF. V. ONONIDE.

ARRHÉNATÈRE ÉLEVÉE. Arrkenaterum elatius. (Fromental, Ray-grass.) Cette Graminée, classée autrefois parmi les Avoines, est la plus grande de celles qui sont employées pour prairies ; elle convient mieux aux prés de côtes qu'aux bas-fonds. Son foin est de bonne qualité, mais gros et sujet à sécher promptement sur pied. On y remédie en semant épars et en mêlant au Fromental quelques Légumineuses de prairies artificielles, comme Lupuline, Sainfoin, etc. Avec ces soins, le Fromental est supérieur à toutes les Graminées des prés. :

ARROCHE DES JARDINS. Atriplex hortensis. (Bonne-Dame, Follette.) Cette plante annuelle, originaire de Tartarie, s’emploie communément pour adoucir làcreté et la couleur trop verte de l’Oseille ; on peut aussi la mettre au pot-au-feu ou la manger comme les Epinards. Elle monte très-vite et devient fort grande; quoiqu’elle se ressème d’elle-même, il faut, si l’on veut n’en point manquer, semer tous les ans au mois de mars et en septembre. On en distingue trois variétés : la blonde, la rose et la brune; la couleur de cette dernière a peut-être fait donner au genre son nom latin (d’atra, noiràtre). Les feuilles employées en cataplasme sont émollientes et les graines purgatives, dit-on. On s’en sert pour faire la peau de chagrin. ,;

L’A. ÉTALÉE, qui croit dans les champs, a les mêmes propriétés que celle des jardins. Toutes deux donnent de la soude (V. SOUDE) par incinération.

ARROSEMENTS. L’eau, absolument nécessaire à la nutrition des plantes, doit leur être donnée avec une certaine mesure et distribuée dans des conditions favorables. Quoique cette mesure et ces conditions ne puissent être déterminées d'une manière invariable, il est cependant des règles générales qu'un horticulteur doit connaître et dont il ne peut impunément s’écarter.

La première consiste à choisir une eau qui ait des qualités convenables. La meilleure estsans contredit l’eau de pluie, qui, étant chauflée, aérée et électrisée dans les nuages, a des ver tus qui lui sont propres et que rien ne peut parfaitement remplacer. Dans tout jardin bien ordonné, il faut donc la recueillir avec soin dans des bassins ou réservoirs exposés à l'air et au soleil, afin de pouvoir l’y puiser quand on en aura besoin.

La seconde condition d’un bon arrosement est d’être modifié d’après les différentes saisons et les diverses tempéra tures.

Le printemps, l'été et l'automne sont lés époques de l’an-

aée où l'application de l’eau aux plantes est le plus nécessaire. Les arrosements du printemps doivent être peu abondants, mais souvent réitérés, surtout à l’égard des semis et des jeunes plants dont la végétation doit être hâtée. Il s’agit . de remplacer l'humidité que l’évaporation enlève à la surface, plutôt que de pénétrer la terre qui conserve encore une assez grande fraicheur. ;

L’été impose l’obligation d’arroser les plantes de toute espèce, surtout celles cultivées en terre légère. Lorsqu'il ne pleut pas, il faut arroser tous les jours les plantes en vase, qui se dessèchent plus promptement.

L’automne, dont les jours sont plus courts, voit successivement se ralentir la végétation; c’est l’époque de la maturation des graines et du bois des rameaux. Dans cette saison, les arrosements, moins nécessaires, doivent aussi se ralentir, à moins que la chaleur ne continue sans pluie. Il importe toujours de les raisonner, car, exagérés, ils peuvent empêcher la maturité, et, dans tous les cas, ils diminuent la qualité des fruits. Leur prolongation inutile a la même influence que celle des pluies intempestives; elle continue la végétation des bourgeons, qui sont alors plus sensibles au froid.

Le moment le plus convenable pour la distribution des arrosements est, dans le printemps, le matin, après le lever du soleil, afin que sa chaleur compense le rafraichissement qu'ils procurent et que les plantes aient le temps de sécher avant la nuit; autrement, les gelées blanches, si communes à cette époque, auraient trop de prise sur les pousses attendries. Des

considérations pareilles sont applicables aux arrosements d'automne. Quant à l'été, il vaut mieux arroser après le coucher du soleil. L'eau apporte alors aux plantes une fraicheur qui répare les pertes occasionnées par la chaleur desséchante du jour; cette fraicheur a, en outre, l’avantage de prolonger, durant la nuit, son influence salutaire, qui serait -promptement dissipée par l’évaporation diurne. Ce n'est que dans des cas extraordinaires qu’on peut arroser pendant la journée, et notamment dans les plantations de légumes ; car ces plantes, constamment tenues molles par Vabondance de l’eau qu’on leur prodigue, pourraient sans cela brûler sous les feux du soleil.

Pendant l'hiver, il est évident qu’il ne faut pas arroser ies plantes qui sont en plein air. (omme alors la végétation est en repos ou du moins très-peu active, les arrosements seraient inutiles; ils n'auraient d’autre effet que d’attendrir les plantes et de les rendre ainsi plus accessibles à la gelée, Mais, s’il en est ainsi à l’air libre, il n’en est pas de même dans

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