‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 633 sur 1111 · ART · texte numérisé non relu

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à dégénérer, mais on le multiplie ordinairement par œilletons. C’est en avril, quand les vieux Artichauts sont longs de 3 décimètres, qu’on les bèche, qu’on les déchausse et qu’on leur enlève toutes les pousses nouvelles, à l'exception de deux ou trois; avec la serpette, on coupe au talon; la plaie sèche pendant deux ou trois jours, et l’on plante en bon terrain, à 6 décimètres de distance, en échiquier. Si le jeune plant est bien conduit et suffisamment arrosé, il donne du fruit la même année.

Dès qu’une tige n’a plus de pommes, il la faut couper à rase terre ; aux approches de l'hiver, on retranche les grandes feuilles à un pied environ, et on butte la plante, ce qui consiste à amonceler la terre tout autour sans en couvrir le centre, qu’on protége de paille, litière ou feuilles sèches ; dans les beaux jours, on découvre pour donner de l'air ; en mars ou avril, on bèche et on dégarnit les œilletons. Un carré d’Artichauts n’est guère en rapport que quatre ans; il faut donc dès la première année préparer une plantation pour les suivantes. Si les tiges sont encore garnies de fruits à l’approche des gelées, on peut les replanter dans le jardin d'hiver; les Artichauts y croissent et s'y conservent très-bien.

Pour avoir des Artichauts bons à manger pendant l'hiver, on choisit les plus belles têtes quand elles sont mûres; on coupe les sommités des écailles de linvolucre, et on ôte avec soin tout ce qui n’est pas charnu. Cela fait, on les coupe ‘en quatre et on les met tremper dans de l’eau légèrement mélangée de vinaigre. Quand ils y sont restés quelque temps, on ‘les fait bouillir dans de l’eau jusqu’à ce qu’ils soient à moitié cuits. Pour cette opération, il faut employer non un vase de fer, qui les noircirait, mais un pot de terre vernissé. Lorsque les Artichauts sont à moitié cuits, on les retire et on les place sur une passoire ou sur une claie pour les faire dessécher. Pour amener une pleine dessication, il faudrait même se servir du four si le temps était trop humide. Quand ils sont complètement secs, on les enfile en chapelet à une corde en évitant qu'ils se touchent les uns les autres, ce qui les ferait moisir, et on les suspend dans un grenier sec, ou dans tout autre appartement où il n’y a point d'humidité. Les Artichauts se conservent fort bien de cette manière et ne perdent pas leur goût. Pour s’en servir, il suffit de les préparer comme des têtes fraîches, sans les faire au préalable tremper dans l’eau.

: On est parvenu à corriger la mauvaise odeur et l’amertume des feuilles en les faisant éfioler (V. ErroLer), et à les rendre ainsi comestibles comme le Cardon; mais ce moyen, quelquefois tenté, n’est point mis en usage.

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Le CaRDON ou CARDE, C. cardunculus, ne dure que deux ans. Ses capitules sont moins gros que ceux de lArtichaut, mais ses côtes épaisses et sans amertume sont un très-bon aliment. On sème le Cardon en pleine terre, dans des capots de terreau, à 4 mètre de distance en tous sens; on ne laisse qu'un ou deux pieds dans chaque capot, et on arrose fréquemment. Les feuilles croissent vite et atteignent quelquefois jusqu’à la hauteur de ? mètres. Pour les blanchir, on les fait étioler en les liant, les buttant et les préservant du soleil ; trois semaines suffisent, plus de temps les exposerait à pourrir. On empaille les Cardons huit ou quinze jours avant de les planter dans le jardin d'hiver, où on les met à côté les uns des autres. Les Cardons de Tours sont les plus beaux et les meilleurs, mais leurs fortes épines sont redoutables; ceux d’Espagne n’en ont point, mais ils sont moins grands et plus durs. Le Cardon plein inerme et le Cardon à côte rouge, charnus comme celui de Tours et sans épines comme celui d’Espagne, pourraient avantageusement les remplacer.

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