ARUM. V. GOUET
ASARET p'EuroPE (Oreille-d’homme, Cabaret.) Toute la plante est vénéneuse. Les feuilles sèches sont généralement regardées comme un violent sternutatoire ; elles sont émétiques et purgatives , ainsi que les racines prises en décoction. Ces dernières sont employées contre le farcin et les vers. Son nom de panacée des fiévres quartes indique les vertus qu’on lui attribuait autrefois, mais qu’on ne lui reconnaît plus aujourd'hui. |
ASCLÉPIADE DE CorNuTi. Asclepias Cornuti. (Herbe à l'’ouate.) Cette Asclépiade était autrefois nommée Asclépiade de Syrie, mais c'était une fausse dénomination, attendu qu’elie n’est nullement originaire de cette contrée, où elle ne vient même pas, mais d'Amérique, d’où elle a été apportée. Voilà pourquoi on a aujourd’hui changé son ancien nom en celui d’A. de Cornuti, d’après l’auteur qui le premier a décrit cette espèce. C’est de son fruit qu’on retire surtout l’ouate, moelleux et chaud duvet de nos vètements d'hiver. On a proposé d’en faire du molleton, de la flanelle, du velours, de la charpie et des chapeaux. On tire de la filasse de l'écorce des tiges ; en x pratiquant des fentes, on en fait couler un lait drastique,
ÀSP 389
mortel pour les animaux, et qui, en s'épaississant, donne une espèce de caoutchouc. L’Asciépiade vient en toute sorte de terrain, mais demande une exposition chaude. Sa racine trace beaucoup. On cultive aujourd’hui, soit dans les serres, soit en pleine terre, un grand nombre d’Asclépiades remarquables par lélégance de leur port et la beauté de leurs fleurs. Parmiles premières, une des plus curienses est l'A. carnosa, dont les tiges sont grimpantes, et dont les fleurs, disposées en ombelle, ont la consistance et l’aspect d’une cire
colorée en rose carné.
ASPERGE OFFICINALE. Asparagus (du grec). Cet aliment recherché, aussi sain que délicat, croit naturellement dans les îles du Rhône et dans d’autres lieux humides et sablonneux. On s’est empressé de introduire dans tous les jardins potagers. La patte ou racine d’Asperge est une espèce de bourgeon à ralicules fasciculées. La grosse tige charnue qu’elle pousse rapidement se mange cuite avant qu’elle ait développé ses feuilles, qui sont menues, nombreuses, et rendent la plante singulièrement gracieuse dans sa première saison. Ses fleurs sont sans éclat, mais les baies rouges qui leur succèdent sont encore un des ornements de cette plante intéressante ; elle donne de très-bonne heure sa tige, dont le plus ou moins de grosseur fait le prix.
Pour avoir de belles Asperges, on sème en terrain léger. au printemps ou en automne, et on recouvre la graine de 18 centimètres de terre ; le jeune plant reste à se forlifier pendant deux ans. L’aspergerie étant préparée dans ua terrain meuble, riche en engrais et bien terreauté, il y a deux manières de l’établir. La première consiste à creuser des fosses de à 19 décimètres, au fond desquelles on met du gravier, du plâtras ou des genèts, pour préserver les pattes de toute humidité stagnante ; on recouvre ce dépôt d’une bonne couche d'excellente terre ; on pratique dans ces fosses de petits monticules sur chacun desquels on arrange soigneusement et une à une les pattes d’Asperges qu'on dispose avec précaution. La seconde méthode d'établir une aspergerie consiste, au lieu de creuser des fosses parallèles, à enlever, à une bèchée et demie de profondeur, toute la terre du sol où on veut la placer ; après quoi on dispose les pattes absolument de la même mahière que nous l’avons indiqué pour les fosses.
: Dans les deux méthodes, les pattes doivent être placées, de 7 en 7 décimètres, enlignes espacées de 8 décimètresles unes des autres. On lesrecouvre de décimètre de bonne terre mélangée de terreau, et on arrose légèrement. On sarcle de temps en temps; en automne, on coupe les tiges, puis on ajoute un se-
390 ASP
cond décimètre de terre au printemps suivant et autant encore à l’autre.
Ce n’est que la quatrième année que l’aspergerie est en rapport; pour vouloir trop tôt en jouir, on altère la qualité. Il convient aussi de ne couper que les grosses Asperges de chaque touffe pour laisser fortifier les autres. Une aspergerie bien conduite dure très-longtemps, il ne s’agit que de la bien fumer chaque année, et de la bêcher peu profondément au printemps; les additions de terre doivent être plus ou moins fortes selon que l’on veut les Asperges plus ou moins blanches. La verte commune et la grosse violette de Hollande sont les plus cultivées ; on cite aussi celles de Marchiennes, Ulm, Besançon, et, comme Asperges sauvages, celles des iles du Rhône.
Le sirop d’Asperge ou la décoction de sa racine est un excellent diurétique ; elle était autrefois classée comme la première des cinq racines apéritives majeures (les quatre autres étaient celles du Fragon, du Fenouil, de lAche et du Persil). On s’en sert dans les hydropisies, les rétentions d'urine et autres affections de ce genre. On a reconnu que les pointes d’Asperges ont des propriétés sédatives employées avec succès dans les hypertrophies du cœur et les palpitations. En faisant fermenter les graines, on en a obtenu un excellent alcoo! pour les liqueurs de table.
ASPÉRULE (des petites aspérités du fruit). Les Aspérules, comme toutes les plantes de la famille des Rubiacées, ont des racines qui teignent en rouge.
La plus gracieuse des Aspérulesest l'A. ODORANTE (petit Muguet, Hépatique étoilée). Ses feuilles rayonnent en anneaux d'un joli vert tendre ; ses fleurs en corymbe d'un beau blanc et leur odeur de muguet en font l’une de nos plus jolies fleurs du printemps ; elle embellit les lieux boisés. Ses sommités fleuries sont diurétiques et font partie des vulnéraires suisses; on les a proposées pour remplacer le Thé. On dit qu’elle a les propriétés de la Garde-robe et qu'elle éloigne les insectes dévastateurs. Les troupeaux s’en repaissent avidement.
L’A. A L'ESQUINANCIE, À. cynaachica (Rubiole, Garance de chien), étale sur les coteaux arides ses tiges grêles et presque nues, terminées par un Joli faisceau de fleurs roses ; on lui attribuait autrefois la propriété de guérir les esquinancies en la prenant en gargarismes.
L’A. DES TEINTURIERS ou petite Garance, A. finetoria, sert dans le Nord à teindre en rouge la laine et les crins.
ASPHODÈLE. C’est dans la France méridionale que vient en pleins champs ce genre de plantes, qui offre deux iolies
espèces. La première est l’A. JAUNE, A. luteus(Bàton-de-saint- Jacques ou de Jacob) ; sa tige droite et simple comme un gros bâton s’élance d’une toulïe de longues feuilles filiformes, en est garnie tout de son long, et se trouve comme plaquée à son sommet de fleurs jaunes disposées en épi. Il leur succède de grosses capsules rondes, dont le suc teint assez bien le papier en jaune. La deuxième est l’A. RAMEUX ou Bätonroyal ; elle a de l'éclat et de la grâce ; sa tige rameuse, élevée de près de 1 mètre, présente une longue grappe de fleurs blanches en étoile; sa racine est formée de la réunion de plusieurs tubercules qui émettent de longues feuilles en glaive. Ces tubercules, pleins d’une fécule alimentaire, ont servi en temps de disette à faire du pain. Les anciens plantaient lAsphodèle autour des tombeaux, dans la croyance que les mânes se nourrissaient de ses racines. On les regardait autrefois comme apéritives, incisives et excitantes. On peut s’en servir pour faire de la colle meilleure que celle de la farine; après avoir fait sécher et pulvérisé les tubercules, il suffit d’en délayer la poudre à l’eau froide. Les animaux sont très-avides des racines charnues des Asphodèles. On les multiplie aisément par leur éclat; ils sont très-rustiques.