BEC BAUDRIER-DE-NEPTUNE. V. VARECH
BEC-D£E-GRUE, —DE-HÉRON, —DE-CIGOGNE. (reraniurx, Erodium, Pelargonium. Ces trois derniers noms sont ceux des trois genres qui partagent ce groupe nombreux, dont le fruit rappelle si bien l'idée de ces oiseaux au long bec emmanché d'un long cou. Sans rappeler ici le mode singulier de a dissémination de leurs graines (V. t. II, p. 17), il suffira de dire que les Becs-de-grue proprement dits appartiennent à nos prairies, nos bois et nos montagnes ; qu’à part l'E. cicufarium, tous les Erodium ou Becs-de-héron sont du midi de la France, et les Pelurgonium ou Becs-de-cigogne, de FAfrique et du Cap.
Fous nos Geranium ont des fleurs rouges, roses, blanches, bleües ou violacées ; leurs pétales tombent très-vite, mais leurs fleurs se succèdent et durent longtemps. Le plus beau de tous, par son vif éclat et la grandeur de ses pétales, est leG. sanguineum, qui croit dans les lieux arides ; il a été introduit dans les jardins. Le Robertianum a des feuilles élégantes et une tige presque aussi rouge que ses fleurs ; c’est le plus commun de tous et le plus utile; on l’emploie, sous les noms de Robertin, Herbe à Robert, Herbe à l'esquinancie, dans les aflections de la. gorge comme astringent. On dit que son suc repousse les punaises. Ses feuilles teignent en” jaune.
A Ja section des Erodium appartient l'E, cicutarium, trèscommun au pied des murs et sur les coteaux arides, agréable surtout parce que c’est l’une des premières fleurs qui vient saluer le printemps. Quelques empiriques le conseillent en décoction comme dépuratif.
L’E. moschatum, remarquable par son odeur de muse, se prend en infusion théiforme comme anti-spasmodique, astringent et diaphorétique. Il croît dans le Midi.
Les Pelargonium ou Geranium étrangers l'emportentsur tous les autres ; ils forment un groupe d’environ 200 espèces primitives, que la culture a augmenté du double ou du triple par des variétés hybrides, à fleurs plus ou moins grandes, trèsdiverses de forme, de couleur et d'éclat. A part quelques espèces à racines tuberculeuses et à tige herbacée, tous ces beaux Geranium sont des sous-arbrisseaux à bois très-tendre, se multipliant aisément de bouture ; mais leur culture exige des soins : il leur faut une serre tempérée dont la chaleur ne soit pas au dessus de 10 degrés ni au dessous de 4; ils demandent de l'air et de la lumière pour entretenir leur vé- gétation continuelle ; les arrosements doivent être calculés sur le besoin de la plante et de l’atmosphère ; il faut enlever fré-
BEL 409 quemment les feuilles qui se fanent et les moisissures; avec ces précautions, les amateurs ont des fleurs presque toute l’année, et forment de magnifiques collections de tableaux à part, comme les Dahlias, les OEillets, les Tulipes, etc., qu’on cultive d’une manière spéciale. Ce n’est que par semis qu’on a pu obtenir les belles variétés de Pelargonium. Us doivent être faits sous châssis en terre humide et légère. Les boutures viennent vite et se font de juillet en septembre; elles ont pour but de renouveler tous les trois ou quatre ans les pieds qui, en vieillissant, donnent moins de fleurs. On les garde en serre Jusqu'après leur floraison ; alors on les met en plein air, on les change de pot, on les taille, on les arrondit, et on Les rentre à la mi-septembre. Cette culture est la même pour tous les Pelargonium ; nous n’en désignons aucun, parce que tous seraient dignes d’être cités et méritent également les soins de l'amateur.
BECCABUNGA. V. VÉRONIQUE.
BEDEGAR. V. ROSE CANINE.
BEHEN. V. SILÈNE BALLONNÉ.
BELLADONE. V. AMARYLLIS, ATROPA.
BELLE-DE-JOUR. V. LisERON.
BELLE-DE-NUIT. Nyctago (du grec nycta agôn, amenant la nuit). « Il est certaines fleurs qui semblent conserver leurs parfums pour la nuit, comme le rossignol réserve ses plus beaux chants pour l’heure des étoiles. La Belle-de-nuit est de ce nombre ; elle s’ouvre quand la chaleur du jour s’aflaiblit et permet de descendre au parterre; elle dure encore le matin quand la nature s’éveille et que la rosée vient rafraîchir la terre; elle recoit les premiers rayons du soleil et livre aux brises de la nuit ses émanations embaumées. Chaque soir ce sont des fleurs nouvelles que le jour ni de tumultueux insectes n’ont pas encore flétries. Les sphinx aux brillantes couleurs, au corsage annelé de rose et de noir, viennent seuls plonger leur trompe dans ces calices mellifères, et, suspendus dans l'air, ils ne touchent même pas le vase qui contient leur nectar: Toutes les couleurs se peignent dans ces riches corolles ; les plus brillantes panachures s'y détachent, s’y séparent ou s’y fondent en nuances tendres ou foncées, que la main de l’homme peut encore changer àson gré (4). »
Les Belles-de-nuit doivent être semées vers le milieu d'avril dans une bonne terre substantielle. Il est mieux de les semer
(1) Extrait de La Belgique horticole, 2 année, 8e livraison. TOME III. 18