BET
de la feuille se prépare comme les Epinards et sert à adoucir l’Oseille. Les bestiaux sont également avides de la tige et de Ja racine, dont on retire du sucre. La Carde poirée à côte blanche est celle qu’on cultive le plus ; les variétés à côte rouge, jaune et rose sont plus remarquables peut-être, mais moins bonnes. La Bette se sème tous les deux ans et doit être repiquée à 4 ou 5 décimètres, en mars pour en jouir l’hiver, et en juillet pour le printemps suivant. Il faut la couvrir de litière dans les grands froids. Les feuilles de la Carde poirée sont émollientes et laxatives; on s’en sert beaucoup pour panser les vésicatoires et les exutoires.
La deuxième, cultivée pour sa racine et d’une réputation européenne, est la BETTERAYE, B. rapacea, renommée depuis un demi-siècle par le sucre qu’on en retire. A l’époque du blocus continental, la France se trouvant privée du sucre des iles, la douceur de la racine de Betterave fit présumer qu’elle en devait contenir ; bientôt des champs immenses se couvrirent de cette plante utile, des raffineries s’établirent de toute part, et après quelques années la France dut à son industrie un sucre indigène plus doux et plus blanc que celui des colonies.
Cette heureuse découverte fut bientôt après suivie d’une autre non moins importante : on donna aux troupeaux et aux
-vaches laitières la racine des Betteraves ainsi que leurs feuilles. Les engrais furent plus rapides, le lait plus abondant, la crème plus épaisse, et partout on cultiva la Betterave comme plante fourragère sous le nom de Disette.
Toutes les variétés de Betterave sont plus ou moins bonnes pour ce qu’on vient de dire, mais celles qu’on emploie le plus pour le sucre sont : la blanche pure la blanche à collet rose et la jaune à chair blanche. On cultive comme fourragères la Betterave champêtre ou Disette, la Betterave sur terre et la jaune ordinaire. Les meilleures pour la table sont : la petite rouge et la petite jaune de Castelnaudary, à chair très-ferme ; la rouge et la jaune ronde, très-précoces. L’une des plus remarquables par sa grosseur et sa singularité à sortir de terre aux trois quarts est la grosse rouge sur terre, qui en certains endroits pèse 8 à 42 kilog.
Toutes les Betteraves se cultivent de même; elles veulent une terre douce, profonde et fumée d'avance. Après avoir miné, on sème en raies, en laissant un espace de 5-6 décimètres entre chaque plante. On met deux ou trois graines à chaque place, afin d’être plus sûr d’en avoir.au moins une. Néanmoins, il faut toujours en semer à part dans un carré de jardin, afin de pouvoir remplacer celles qui viendraient à