BONNET-TURC. V. COURGE GIRAUMON
BOTANIQUE. Douée de cet attrait qui accompagne les sciences naturelles , et qui leur est donné sans doute pour élever à Dieu le cœur de l’homme par la contemplation de ses œuvres; la: Botanique a, de plus que toutes les autres, la facilité de son étude et la richesse inépuisable d’un fonds qui ne manque jamais. En effet, pour le botaniste la nature n’a que des fleurs ; elle prend plaisir à en semer sous ses pas; 1l en trouve partout. La prairie où il joua dans son enfance, les chemins ombragés de l’école et du clocher, les bords si frais du ruisseau qui court dans le vallon, et, sans aller si loin, le tronc caverneux du vieux saule et le rocher moussu sur le-
quel il s’assit tant de fois, sont pour lui un vaste champ d’é-
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tudes et une source de jouissances. Etendu sur un:-lit de gazon, il a le double plaisir d’un repos qui linstruit et d’une étude qui le repose. Que de tribus, que de nombreuses familles jusqu'alors muettes pour lui vont, à présent qu’il sait leur langage, lui conter leur histoire et dévoiler à ses yeux tout un monde de merveilles !
Que de profonds enseignements, que de philosophie dans cette étude qui a commencé par une fleur! Considérez comment croissent les lis, et, à la vue d’une herbe des champs plus belle que Salomon dans sa magnificence, levez les yeux plus haut et bénissez leur Auteur.
Ce n’était point assez de nous les faire si belles ; la plu-
part ont été douées de qualités et de vertus particulières : les unes, par la fécule substantielle de leur graine, les principes nutritifs de leur racine, le mucilage de la tige et des feuilles,
et les sucs variés de leurs fruits délicieux, soutiennent la vie,
rafraichissent le sang, flattent le goût et réjouissent le cœur ; d’autres, par leurs fibres déliées, souples et solides, se prètent à la fois à la ténacité de nos cordages,. aux tissus de nos vêtements et au fin lin du sanctuaire. Celles-ci, richesse de nos guérets, font la toiture de la chaumière et le lit du prisonnier ; celles-là, orgueil de nos montagnes, fournissent à nos vaisseaux leur gigantesque charpente , à nos demeures leurs planchers etleurs parquets, aux palais leurs lambris. Aux unes nous devons ces sues colorants qui teignent nos laines et nos soies , aux autres ces vertus narCotiques qui endorment la douleur. Que de qualités émollientes, vulnéraires et fébrifuges dont la médeeine a su tirer un si grand parti! Combien d’autres qui fournissent leur éelat à nos parterres, leur goût à nos apprêts, leurs huiles à nos veilles, à nos tables, à nos rouages, et leur encens à la Divinité ! Enfin, ne devons-nous pas à la plupart la fraicheur de nos ombrages et les délices du coin du feu ?
Si toutes les plantes soht du domaine de Fhomme et ont été créées pour servir à ses besoins, quel intérêt pour lui de les connaître ! Car, si toutes peuvent être utiles, quelques unes ont aussi de dangereux poisons; et trop de fois on a vu une ignorante main substituer la Ciguë et l’Etuse au Cerfeuil et au Persil. à
Qu'on étudie done la Botanique. Que la mère de famille en sache assez pour connaître les vertus et les dangers. des plantes, appliquer leur arome à ses liqueurs et leurs produits divers à l'économie domestique. Que le pépiniériste et le fleuriste se mettent à la hauteur de la science ; un peu de Botanique leur est nécessaire dans une profession dont les fleurs
ps