‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 665 sur 1111 · BOT · texte numérisé non relu

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et les: plantes sont l’uñique objet. L'agrônomt# en l’étudiant saura bien mieux combiner ses assolements , fertiliser ses terres, bonifier ses espèces, multiplier ses produits. On frémit à l’idée d’un herboriste qui se tromperait sur le nom et la propriété des simples qu’on lui demande avec sécurité ; enfin la médecine et la Botanique se doivent trop l’une à l’autre pour se séparer jamais : si les premiers botanistes furent médecins, il n’est point aujourd’hui de médecin qui ne soit botaniste.

Seul au vieux presbytère, le bon curé, l’oracle du lieu, ne doit-il pas aussi savoir un peu de Botanique ? Il lui faut bien quelques distractions ; et quel délassement plus utile que celui des fleurs? Les simples qu’il connaît mieux pourront plus d’une fois soulager ses malades ; et quand son jardin deviendra la pharmacie du village, ses bonnes gens pourront encore mieux dire de lui : Il a passé en faisant le bien !

Mais c’est surtout à la jeunesse que la Botanique est nécessaire, et c’est bien pour elle que, si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer. Il est un âge où un vague mélancolique porte à errer sans but et livre l'esprit à d’oiseuses et dangereuses rêveries ; à quels périls on.échappe alors, si le goût des fleurs vient par son attrait réveiller le cœur et occuper d’une innocente passion! Pour peu que l’âme soit bonne, a dit le chanoine * Rendu, elle devient meilleure encore par l'étude de la nature : et l’âme des jeunes gens.est si bonne! Le philosophe de Genève, J.-J. Rousseau, passionné pour la Botanique, assure que l'étude des. fleurs. émousse le goût des amusements frivoles, prévient le tumulte des passions et porte à l’âme une nourriture qui lui profite en la remplissant du plus digne objet de ses contemplations.-

Concluons de tout ceia qu’il faut étudier la Botanique, et surtout l’étudier à cet âge qui, passant comme les fleurs, peut aussi, comme:elles, promettre et donner des fruits. Elle offre cependant quelques difficultés, il en faut bien convenir. Dès l’abord on. sera rebuté par une foule de mots qui sembleront barbares, quoique empruntés à une langue aussi riche qu’harmonieuse, et dont la précision.se prête à la-pensée ; mais bientôt on se familiarisera avec elle, et ce mot qui, à lui seul, exprime une vertu, un trait, un Caractère, paraîtra si exactement propre à la plante, qu'il ne s’oubliera plus.

La mémoire du botaniste en gardera bientôt un souvenir fidèle ; ce mot que lui apprit à dire l'herbe du ruisseau : Plus je vous vois, plus je vous aime, il le dira à toutes les fleurs. Et qui pourrait ne pas les aimer? nous leur devons tant ! Si tous les jours elles renaissent.pour nous, que tous les jours elles soient

l'objet de nos études et de nos soins. Cueillons les fleurs du printemps, savourons les fruits de l’automne, et quand les noirs frimas viendront attrister la nature, quand elle n’aura plus de vie et de charme pour nous que dans ses Lichens et dans ses Mousses, alors repassons nos souvenirs, revoyons nos plantes chéries, et allons au coin du feu visiter notre herbier.

BOUCAGE SAXIFRAGE. Pimpinella saxifraga. (Pimprenelle blanche, petit Persil de bouc.) Beaucoup de ressemblance dans ses feuilles radicales avec la Pimprenelle, mais une fleur blanche toute différente, l'habitude de naître dans les fentes des rochers, et surtout l'avantage de donner aux chèvres et aux boucs une nourriture fort de leur goût, voilà tout ce que rappellent tant de noms donnés à la même Ombellifère. Ses racines, à odeur forte et saveur amère, sont réputées astringentes, toniques, stomachiques. On a conseillé sa mastication contre la pituite, la raucité de la voix, angine muqueuse, la paralysie de la langue. Cette Boucage est très-commune le long des chemins un peu secs. Ses ombelles se succèdent jusqu'aux premières gelées.

La GRANDE BoucaGe (Bouquetine , grande Pimprenelle blanche) est plus rare et se trouve dans les bois desbautes montagnes. Il en existe une variété à fleurs roses. Sa racine est excitante et jouit des mêmes propriétés que celle de la Boucage saxifrage.

L'espèce la plus importante, originaire d'Orient et cultivée dans les jardins, est la B. aNIS, P. anisum (Anis officinal, Anis vert). C’est l’Anis des confiseurs. Tout le monde connaît les petites dragées, les tourtes à l’Anis et la fameuse anisette de Bordeaux, qui doit tout son parfum à cette espèce d’Anis. Voici comment on la fabrique : prenez Anis vert 310 grammes, Thé hyswen 62 grammes, Anis étoilé 124 grammes, Coriandre 31 grammes, Fenouil officinal 31 grammes, alcool à 25 degrés 16 litres; faites: macérer pendant 45 jours; ensuite faites un sirop avec8litres d’eau et 10 kilogrammes de sucre ; mêlez le tout et filtrez. Au bout de quelque temps, vous aurez de l’anisette excellente, qui ne vous reviendra qu’à 2 francs le litre. Dans quelques pays, surtout en Italie, on met de lAnis dans le pain, la pâtisserie, le fromage, les ragoûts. On en rere une huile essentielle dite huile d’ Anis, usitée comme excitant et employée en parfumerie. Les graines d’Anis étaient anciennement une des quatre semences chaudes majeures. C’est un médicament très-employé et d’un usage domestique, surtout dans les coliques venteuses. On le prescrit aussi comme excitant, stomachique , expectorant. Les semences, grosses comme la tête d’une épingle, sont verdâtres, ovoides,

marquées de 6 à 8 côtes, et portées sur un petit pied ; les fleurs sont blanches, à pétales réguliers, en cœur ; les feuilles sont découpées, celles de la racine entières. La plante est annuelle.

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