‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 680 sur 1111 · CAF · texte numérisé non relu

CAF

L'infusion du Café vert n’a point l’arome qui s’y développe par la torréfaction, et que tous les soins des gourmets tendent à lui conserver; mais elle peut donner une couleur verte employée en peinture, et une encre verte aussi, en la faisant au vinaigre. Les Arabes conservent avec soin la pulpe mucilagineuse qui enveloppe les grains de Café ; employée fraîche, elle leur fournit une espèce d'alcool ; sèche et pulvérisée, elle est la base de leur fameux Café à la sultane, aussi célèbre chez eux que le Café au lait à Paris. Ce dernier y est devenu un déjeûner nécessaire ; les ouvriers et les gens de peine y prennent leur Café comme les savants et les hommi®s de cabinet.

Qu'il est dommage que ce grain précieux ne puisse mürir que dans nos serres chaudes! On a vainement tenté de le naturaliser en Europe; mais nos colonies s’y sont prêtées avec succès. Les Hollandais les premiers ont transporté le Café d'Ouden et du riche plateau de l’Yémen à Batavia et dans leurs colonies des Indes. En 1720, Déclieux, officier français, fut chargé par le roi de porter à la Martinique deux pieds de Caïféier conservés avec soin au Jardin-des-Plantes. La traversée fut longue; on diminua la ration d’eau, mais le fidèle envoyé partagea toujours la sienne avec ses plantes chéries. Elles prospérèrent par ses soins sous le ciel plus chaud des Antilles, et de ces deux faibles plantes, don de la France à l'Amérique, proviennent maintenant tous les fameux Cafés &e la Martinique, de la Guadeloupe, de lIle-de-France et de lile Bourbon, qui nous dédommagent si bien de la rareté de celui de Moka. Ce dernier, trop souvent alléré dans. le commerce, se reconnait à ses petits grains arrondis, jaunâtres, et à l’arome plus fin qu’ils exhalent par leur torréfaction.Le Café de Bourbon est à grains plus gros, allongés, blanchâtres; celui de la Martinique a les grains assez gros, aplatis, verdâtres, ordinairement recouverts d’une espèce d’arille ou d’enveloppe. Les grains tout à fait ronds qu’on rencontre quelquefois dans le Café n’appartiennent point à une espèce particulière, mais ne sont dus qu’à l'avortement de l’une des deux semences qui étaient dans.la coque.

On obtient un excellent café en mêlant par parties égales le Moka avec le Martinique vert. Il ne faut point trop le brüler sion veut lui conserver son arome. Nos grands-pères disaient que, pour boire de bon café, il fallait le prendre sedendo, sibilando et |susurrando : sedendo, assis, bien à son aise; sibilando, en soufflant dessus, pour indiquer qu’il doit être trèschaud; susurrando, en conversant agréablement avec ses amis. Les anciens disaient encore qu’il devait être chaud,

CAL 437 cher et clair : chaud, c’est sa première qualité ; cher, se défier des drogues à bon marché qu’on vend sous le nom de Café; clair, c’est-à-dire point trop chargé.

CAILLEBOTIER. V. VIORNE OBIER.

CAILLE-LAIT. V. GAILLET.

.CALAMAGROSTIS (du grec calamos-agrotés, chaume rustique). Ce genre de Graminées est plus important par ses . longues racines propres à soutenir le terrain des lieux aqua-

tiques que par son chaume dur et ses feuilles rudes qui donnent un mauvais foin; aussi ne font-elles point la base de nos prairies. -

CALAMENT oOFrFiCINAL. Calamintha officinalis. (Baume sauvage.) C’est, après le C. À GRANDES FLEURS, qui croit dans les lieux couverts des hautes montagnes, le plus beau de tous les Thyms, dont il faisait autrefois partie. Il est employé en parfumerie. Il donne par distillation la fameuse eau des Carmes, fréquemment employée à lextérieur et à l'intérieur comme vulnéraire et anti-spasmodique dans les chutes, les syncopes, etc.

Le CALAMENT NÉPÈTE, Calamintha nepeta (petit Calament des montagnes), très-commun le long de tous nos chemins, a les mêmes propriétés. Cette plante, pilée et appliquée sur les douleurs de rhumatisme, rubéfie la peau et y appelle des sécrétions séreuses qui soulagent le malade.

CALCÉOLAIRE. V. SABOT.

CALEBASSE. Lagenaria vulgaris. (Courge-bouteille.) Ce genre, longtemps réuni aux Courges sous le nom de Cucurbita ieucantha, s’en distingue cependant d’une manière bien tranchée par sa fleur blanche à limbe presque plan, ses feuilles molles et cotonneuses, sa tige essentiellement grimpante et son odeur désagréable. Elle est originaire de l’Amérique méridionale et a fourni trois variétés :

1° La CouGourpE (Gourde des pèlerins, Courge-bouteille), dont les fruits, plus petits que les autres, ont la forme d’une grosse poire terminée par un gouleau étranglé et renflé ; c’est celle que le pèlerin attache à son bourdon et le pauvre à sa ceinture pour l’emplir quelquefois de vin et plus souvent d'eau claire, celle aussi dont le chasseur fait sa boîte à poudre et le jardinier ses magasins de graines.

2° La GOURDE ou CALEBASSE a une large panse et un trèspetit col.

3° La COURGE-TROMPETTE a le fruit très-long, arqué en faucille, renflé aux deux bouts en pilon.

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