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ments profonds. Ses fleurs se succèdent jusqi'aux premières gelées.
Citons enfin la C. RAIPONEE, C. rapunculus (Bâton-de-saint- Jacques, Rave sauvage). Si toutes-les espèces précédentes n’ont que la beauté ou la grâce en-partage, celle-ci-joint à l'éclat de ses fleurs le mérite d’être alimentaire dans toutes ses parties ; ses jeunes pousses sont excellentes en salade, et sa racine, comme son nom l'indique, donne une rave blanche, ferme, charnue et de bon goût. La C. raiponce se sème parmi les Radis et les Oignons, à la volée, mêlée avec du sable, en juin ou juillet ; on arrose d’abord en pluie douce une ou deux fois par jour. Elle se mange en février, mars et avril.
CAMPÈCHE. Hæmatoxylon Campechianum. (Bois bleu, Bois-de-sang, Bois d'Inde, Bois de Campèêche.) C’est un arbre épineux, de 10 à 12 mètres, de la famille des Légumineuses. Ses feuilles, toujours vertes, sont pennées sans impaire ; ses fleurs jaunes, petites et régulières terminent ses rameaux ; ses gousses membraneuses sont très-comprimées. Il a passé de la baie de Campèche aux îles de la Jamaïque et de Saint- Domingue, et a fait longtemps l’objet du commerce des seuls Espagnols.
Cet arbre est important pour la couleur rouge foncé de son bois proprement dit ; car son aubier est blanc-jaunâtre et son écorce brune. Il lui doit son nom grec haimato-xylon, bois de sang, et le cours très-répandu qu'il a dans le commerce. Les teinturiers en font grand usage pour les couleurs bleu, vio-
let et rouge foncé. Il n’est aucun- menuisier qui n’ait chez lui
une bûche de Campêche pour donner à ses bois une couleur d’acajou plus ou moins vive. Il se prête même beaucoup trop, dans les grandes villes, à la fraude des marchands de vin. Les Anglais l’emploient en médecine comme tonique et astringent, et les Américains se servent de ses feuilles et de ses fruits, sous le nom de quatre-épices, pour aromatiser leurs mets. Ils profitent aussi de la profusion avec laquelle il pousse chez eux et de sa rapide croissance pour en faire des haies épineuses ; mais elles nuisent beaucoup aux terrains qu’elles DRrent Sous notre climat, le Gampêche ne fait que végéter.