‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 692 sur 1111 · CAREX. V. LAICHE · texte numérisé non relu

CAREX. V. LAICHE

CARIQUE. V. FiGutEr.

CARLINE (du latin Carolus). On raconte que Charlemagne, s'étant servi des racines d’une espèce de Carline pour guérir son armée d’une fièvre maligne, lui donna son nom par re- ‘ connaissance ; quoi qu’il en soit, ce genre intéressant est très-remarquable par les folioles scarieuses de l’involucre, qui forment à la fleur une auréole dorée ou nacrée. La plus belle est la C. À FEUILLES D’ACANTRE (Caméléon, Chardousse ou Ciardousse, Carline sans tige), connue dans le Vivarais sous le nom de Pinchinelle. Elle croît abondamment sur les montagnes calcaires et arides du Midi; on la cueille d’avril en mai comme un mets délicat qu’on préfère aux Artichauts ; on en mange l’involucre confondu avec le collet, accommodé ou bien confit au sucre et au vinaigre. Mais ce que cette plante a de plus remarquable consiste dans ses propriétés hygrométriques ; c’est le baromètre du pays, qu'on accroche aux portes ou aux murs après la floraison : les involucres

s'épanouissent et se renversent si le temps est sec, tandis que, s’il est humide, on les voit se crisper et se resserrer étroitement, et cela pendant plusieurs années. Cette plante est disposée en large rosace à longues feuilles aplaties sur le terrain ; l’involucre repose au centre, absolument sans tige. Les anciens faisaient usage des racines dans les maladies pestilentielles.

La C. cAMÉLÉON (Carline des Alpes, Caméléon noir) doit son nom aux reflets changeants de sa large auréole d’une grande beauté. Ses feuilles glabres sont très-piquantes ; sa tige est rougeàtre, quelquefois développée, mais plus souvent basse. Elle croît sur les coteaux des Alpes et du Midi. Sa racine est usitée comme diurétique. Dans les Pyrénées et les Alpes, on mange son réceptacle comme celui des Artichauts.

La C. VULGAIRE est très-commune sur nos coteaux pierreux. Ses capitules sont plus petits, mais leur disposition en corymbe parfaitement régulier, et leurs auréoles dorées, qui persistent après le dessèchement de la plante, offrent encore longtemps une sorte d’intérêt.

CAROTTE. Daucus carota (du grec karos, sommeil léthargique, à cause des qualités soporifiques qu’on supposait à ses graines ou à sa racine). (Pastonade, Chirouis.) La C. SAUVAGE, qui a de très-particulier une petite fleur rouge, stérile au centre des ombelles, est la souche de la Pastonade des jardins ou Carotie; en cultivant avec soin celle des champs, on en a obtenu une racine plus grosse et fort bonne. Celle des jardins, de tout temps recherchée pour ses qualités alimentaires, est devenue, depuis quelques années, l’objet d’une grande culture comme plante agricole. Ses feuilles sont excellentes comme fourrage, et sa racine comme engrais pour les animaux, qui la mangent crue ; mais cuite, on la sert journellement sur nos tables: “est un aliment salutaire qui rafraichit le sang et l’épure. On en fait l'accompagnement obligé du pot-au-feu. On l’emploie aussi en cataplasmes émo!lients pour déterger les ulcères. Le suc sert à colorer le beurre ; on l'empêche de rancir, ou on le corrige de ce défaut, en le faisant bouillir avec du suc de Pastonade. Les fleurs servent à préparer la liqueur d'huile de Vénus; elles teignent le papier en rouge foncé; leur décoction, après quelques minutes, donne la couleur lilas à la laine et à la soie. Les graines faisaient autrefois partie des quatre semences chaudes mineures ; les trois autres étaient PAmmi, le Persil, le Céleri. Mèlée à la bière, elle lui donne une qualité supérieure.

Les racines de Pastonade sont rouges, jaunes, blanches ou violettes. Les jaunes sont les plus douces, et, parmi celles-ci,

celle d’Achicourt, près d'Arras, passe pour la meilleure. La blanche hors de terre dure longtemps; elle est grosse, longue et tendre. La violette est sucrée et acquiert un volume considérable. Comme fourragères, la grosse blanche de Breteuil et la blanche à collet vert méritent la préférence sur toutes les autres.

Toutes les Carottes, quelle que soit leur destination, demandent une bonne terre bien fumée dès l’année précédente. On sème au printemps, en recouvrant à la herse; les sarclages doivent être fréquents ; on éclaircit le plant en raison de son développement, jusqu’à ce que les Carottes qui doivent rester en place se trouvent espacées de 1 à 2 décimètres. Si on l’arrache pour replanter, il faut beaucoup ménager le pivot et létablir bien perpendiculairement dans son trou. La Carotte résiste aux premières gelées, et pourrait passer l'hiver en pleine terre, en la couvrant bien; mais communément on arrache en décembre. Après avoir coupé les feuilles au niveau du collet, on met les racines à la cave, empilées l’une sur l’autre, la tête en dehors et séparées par des couches de sable fin. On prolonge leur durée en recoupant les :eunes pousses qui se développent à la cave. Les plus belles et les plus régulières se replantent en février et mars, à 6 décimètres de distance, pour avoir de la graine qui dure trois ou quatre ans. -Celle de deux ans est préférable à celle de l’année, trop su- Jette à monter.

CAROUBIER. Ceratonia siliquosa (du grec keralos, arbre à corne, de ses longues siliques). (Figuier d'Egypte). Cet arbre, de médiocre grandeur, croît sur les bords de la Méditerranée. Son bois dur, pesant et durable est recherché des ébénistes, tourneurs et menuisiers. Ses feuilles persistantes et pennées servent, ainsi que l'écorce, au tannage. A de petites fleurs en grappes d'un rouge foncé succèdent de longues siliques de 3 décimèêtres qu’on nomme Carouge, Féve-de-Pythagore, Painde-saint-Jean. Leur pulpe rougeàtre est bonne à manger ; on la regarde comme adoucissante et laxative. Dans le royaume de Valence, c’est la nourriture des chevaux et même des pauvres. Les Arabes l’emploient pour confire les tamarins, les myrobolans et autres fruits ; ils s’en servent comme de sucre. La graine torréfiée avec soin peut faire un café agréable. On en retire une belle teinture d’un jaune éclatant pour les étofles de prix.

Le Caroubier languit dans le Nord ; il lui faut l’orangerie, une exposition Chaude et peu d’eau. On ne le multiplie guère que par semis.

CARTHAME DES TEINTURIERS (du grec karthamos, pur-

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