COCHÈNE. V. SORBIER DES OISELEURS
COCHLÉARIA. V. CRANSON.
COCOTIER PORTE-NOIX, PALMIER. Ce roi des végétaux, comme on le nomme aux Indes, est le plus beau don qu’ait fait la Providence aux habitants de toutes les iles du grand Océan. Il est à lui seul l’image de sa bonté toujours attentive à tous les besoins des hommes.
Ce superbe géant des régions intertropicales s'élève près de la mer à 50 mètres et plus, et forme de superbes forêts dans les îles de la Polynésie. Type par excellence de la famille des Palmiers, il offre toujours un stipe sans rameaux, couronné de feuilles longues de 5 à 6 mètres, que garnissent tout de leur long des folioles de 3 décimètres. Du milieu d’elles se détachent successivement de grandes spathes qui contiennent un régime, grappe commune à plusieurs fleurs. Ces fleurs sont blanches, monoïques, à 6 pétales et 6 étamines. L’ovaire, qui surmonte la fleur et présente un stigmate trilobé, se convertit en une noix grosse comme la tête, revêtue d’une espèce de brou qu'on nomme caire ou bastin. La noix est ovale et présente trois côtes. Sa coque, très-dure, renferme une grosse amande formée par du lait épaissi ; on en retrouve dans l’intérieur de l’amande; plus rarement il s’y forme une substance ovoïde et pierreuse, bézoard végétal que l’on nomme pierre de coco, et que les Chinois portent en amulette comme préservatif contre les maladies.
Toutes les parties de ce bel arbre ont leur application dans les arts et l’économie domestique. Les racines sont astringentes et se prennent en poudre, mêlées à l’anis, dans la dyssenterie et la diarrhée. Le bois du tronc, le plus voisin de l'écorce, sert pour pieux, chevrons, meubles et charpentes. Le même bois, près du pied, est si dur et reçoit si bien le poli qu’il imite l’agate; on l’emploie en marquetterie. A quelques centimètres au dessous de ce bois dur, l’intérieur
COC À 457
du stipe présente, quand il est jeune, une moelle comestible, sucrée, agréable au goût; c’est à que se nourrit, dans le Cocotier amer, le fameux ver palmiste, que les Américains mangent avec délices, et qui se métamorphose en une grosse espèce de prione, insecte du genre des coléoptères longicornes. Cette même moelle, quand l'arbre est adulte, consiste en un amas de fibres longues et serrées, qui peuvent se tirer d’un bout à l'autre. On en fait des cordages pour la marine, moins forts que ceux de chanvre, mais qui dans l’eau ne se pourrissent jamais.
Les grandes feuilles du Cocotier servent à nourrir les éléphants, à faire paniers, nattes, voiles de pirogues, chapeaux, parasols, éventails, lanternes. Les Indiens écrivent dessus avec un poinçon. Chacune d'elles est entourée à sa base d’un réseau filandreux ; on emploie cette espèce de toile naturelle pour filtres, tamis, vêtements, compresses. La réunion des feuilles avant leur développement forme un bouton terminal qui fait un excellent manger sous le nom de chou-palmiste. Dans l'Amérique, on sacrifie le Cocotier pour s'emparer de son chou ; mais les Indiens ont plus de respect pour leur arbre nourricier : c’est lui qui leur promet ses fleurs et ses fruits.
Les fleurs triturées dans leur bouton donnent une agréable boisson, qui se transforme promptement en vinaigre très-fort; épanouies, elles sont pectorales. Leur spathe ou enveloppe florale est assez grande et assez forte pour servir à vider l’eau des pirogues.
Mais c’est surtout pour son fruit que Je Cocotier est précieux. Le caire ou écorce fibreuse qui le protége peut être concassé, assoupli, et donner une espèce d'étoupe qu'on emploie pour calfat, cordages, toiles grossières, vêtements ; la coque de l’amande, extrêmement dure, sert à faire des gobelets, des tasses, des assiettes , des cuillers, etc.; même en Europe nons en faisons usage : c’est le verre que le botaniste suspend à ses côtés, celui qui a fait nommer coco l’eau de réglisse qui se vend sur nos places. Son charbon mème est utile; il est très-velouté et employé pour la peinture. Cette coque; enfin, donne, par sa combustion, unè huile empyreumatique, en usage dans les Indes comme odontalgique.
Ce qui la rend bien plus importante encore, c’est de contenir un litre et plus d’un lait exquis, toujours d’une délicieuse fraicheur. Ce lait, qui, dans ces plages brülantes, renouvelle sans cesse pour le voyageur et l’Indien le miracle de l’eau du désert, s’extrait aisément par les trois plaies qui marquent la base du fruit. Il est blanc, doux, sucré, aigrelet, et forme une agréable boisson qui ne fait jamais mal. Par la
La)