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culte comme une touchante image de la prière qui doit mon ter au ciel avec sa vapeur embaumée, ou comme l’emblème des vertus de ceux qui habitent ou visitent les temples.
Deux espèces d’encens ont cours dans le commerce ; la plus
récieuse, la plus pure et la plus anciennement connue est ’OLiBAN ou ENCENS D'AFRIQUE. C’est le Libanos et le Thus de Théophraste, de Pline et des naturalistes anciens. On sait positivement qu'il nous vient des plus chaudes contrées de l'Afrique orientale, ‘mais on ignore encore à quel arbre il appartient. Linné l’indique comme une sécrétion de deux espèces de Genévriers, les Juniperum thurifera et Lycia, qui se retrouvent en Barbarie et jusqu’en Espagne. Un voyageur en Afrique l’attribue à une espèce de Figuier ; mais son odeur et ses propriétés étant à peu près les mêmes que celles de la seconde espèce d’encens, on peut raisonnablement penser qu'il appartient à la même famille et peut-être au même arbre. Celui-ci est le Boswelia serrata, bel arbre du Bengale, rangé dans la famille des Térébinthacées; sa racine est connue dans le commerce sous le nom d’encens des Indes ; elle est moins pure, moins transparente et d’une teinte beaucoup plus sombre que l'encens d'Afrique.
La médecine ancienne faisait usage de l’encens; il entre encore aujourd’hui dans une foule de produits pharmaceutiques, mais ce n’est bien qu’à l’état de vapeur qu’il convient de l’employer. De toutes celles dont on peut faire usage, c’est la plus balsamique, la plus pénétrante, celle qui convient le mieux au parenchyme pulmonaire, dans le cas d’asthme humide et de spasmes atoniques. C’est aussi un des remèdes céphaliques les plus prononcés, l’un des plus propres à stimuler les facultés intellectuelles ; mais il y aurait du danger à respirer beaucoup de cette vapeur dans un lieu peu aéré. On l’a préconisé contre les rhumatismes. Les larmes ou grains d’encens sont un remède populaire contre les maux de dents; les anciens en faisaient un grand usage dans l’'embaumement des corps.