FIG
sente un mode de fécondation fort curieux : ilest dioïque, quelques pieds sont sauvages, les autres cultivés ; ces Figuiers sauvages ou Caprifiguiers n’ont que de mauvais fruits, ne renfermant que des étamines seulement ; mais une multitude d'insectes qui bourdonnent incessamment autour piquent et repiquent sans cesse ces fruits jusqu’à ce qu’ils y aient introduit leurs œufs. Bientôt de ce même œuf sort une larve, puis un insecte dont l’éclosion est si bien calculée sur l’époque de la floraison des fleurs du Figuier à fruit ou cultivé et de l’émission du pollen dans le Figuier sauvage, que linsecte ailé,
couvert de la poussière fécondante, vole la porter de fleurs en
fleurs sur arbre qui l’attend; c’est le Figuier domestique, dont les fruits avorteraient sans pouvoir mürir s'ils n'étaient piqués à leur tour. Les insulaires ont si bien observé ce fait intéressant, qu’ils ont soin de couper les fruits du Caprifiguier au moment où l’insecte est près de s’en échapper, pour venir les suspendre aux branches de leurs Figuiers; ce travail important se nomme caprification; si on en manque l’époque ou s’il s’opère mal, la récolte est sacrifiée, et les 109 ou 150 kilogrammes de fruits qu’on retirerait de chaque arbre sont perdus.
On compte jusqu’à 100 espèces de Figuiers, toutes propres aux payschauds, oùelles donnent avec profusion un fruit délicieux, rafraichissant et sucré. Les meilleures figues nous viennent de l'Espagne, de l'Italie et de la Provence, qui enfont un grand commerce. On les mange fraîches dans le pays qui les a vues naître, et sèches dans ceux où on les exporte. C’est un aliment sain et agréable; la médecine en fait des remèdes pectoraux, adoucissants et laxatifs, des gargarismes et des cataplasmes émollients. Le bois du Figuier est mince, poreux et léger; on lemploie à polir après lavoir chargé d’émeri.
Le lait qui en découle quand il est en sève est âcre, corrosif
et mème assez vénéneux dans certaines espèces pour qu'on s'en serve à empoisonner les flèches; il détruit les verrues et peut servir d’encre sympathique; les Romains le faisaient entrer dans la composition de leur fameux ciment.
Cet arbre du Midi peut, avec des soins, prospérer dans la France centrale en l’exposant au midi et le préservant des gelées par une bonne couverture l'hiver, qu’on doit lui enlever un peu tard. Sa culture demande un sol sablonneux , quelques arrosements l'été, une taille assidue pour enlever les rejetons, le bois mort, les branches faibles et l'extrémité de celles qui filent trop; il faut aussi supprimer le bouton à bois qui naît près de la figue-fleur (on nomme ainsi celle qui se montre au développement des feuilles); si l’on tient à
TE TONER
| FLÉ 361 avoir des figues-fruits ou figues d'automne, qui mürissent rarement bien dans les pays un peu froids, on fera bien de supprimer les premières pour que celles-ci aient plus de suc. On peut hâter la maturité en enfonçant dans l'œil un poinçon huilé quand elles ont atteint leur grosseur. On sait que les fruits attaqués par les insectes mûrissent toujours plus vite ; il en est de même ici. |
, Les variétés qui convienent le mieux à nos chmats sont la ligue blanche ronde, la blanche longue, la jaune angélique, la figuë-poire de Bordeaux. |
FILIPENDULE. V. SPIRÉE.