‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 784 sur 1111 · DU VENT. V. ANÉMONE PULSATILLE · texte numérisé non relu

DU VENT. V. ANÉMONE PULSATILLE

FLORICULTURE. C’est, comme le mot l’indique, la science de la culture des fleurs. Elle enseigne à connaître le terrain et l'exposition qui conviennent à chacune d’elles, les soins

u’il faut leur donner, la manière de les combiner pour pro-

uire de gracieux effets, Fépoque où il faut les semer et les moyens de les reproduire. Cette science très-compliqueé nécessite de nombreuses connaissances, un-goût exquis, et surtout une expérience consommée que rien ne peut remplacer. Nous ne voulons pas ici en donner la théorie; nous nous contentons de renvoyer aux articles PARTERRE, ARROSEMENT, SEMIS, BOUTURE, MARCOTTE, GREFFE, COmme aussi à ceux qui traitent de la culture de chaque plante en particulier.

Nous voulons cependant dire quelques mots de la floriculture des salons et des fenétres.

On entend par là la connaissance, la culture et l'emploi des dillérentes plantes qui peuvent croître et fleurir dans nos appartements et par suite les orner. Elle embrasse comme conséquence la connaissance et le choix des meubles nécessaires à cette culture, etelleétudie les relations soit des fleurs, soit de ces meubles, avec l'architecture, l’histoire et le langage symbolique qu'ils peuvent exprimer.

1° Floriculture des salons. Sinous avons employé ce mot, c’est parce que les appartements habités, surtout ceux où l’on couche la nuit, sont peu favorables à la culture des plantes. Pour qu'elles y réussissent, on doit choisir une pièce où l’on ne vienne que de temps en temps, bien éclairée, d’une température de 7 à 8 degrés et égale autant que possible. C’est cet appartement, quelles que soient d’ailleurs sa beauté et sa richesse, que nous avons décoré du nom de salon. Sa flori-

culture étant plus difficile que celle des parterres, attendu que les plantes n’y sont pas dans une condition normale et régulière, elle exige des précautions particulières que nous allons indiquer. |

Un premier point que lon ne doit pas oublier, c’est que les végétaux sont des êtres essentiellement fixes, privés de locomotion et de mouvement. Lorsqu'ils sont dans les champs et dans les bois, la main de la Providence les place dans l’exposilion qui leur convient le mieux, et ils n’en bougent plus. Mais quand ils sont dans nos appartements, ils subissent forcément les influences de la position à laquelle on les assujétit. IL suit de là qu’une fois qu’on leur a choisi une place convenable, il ne faut les en sortir et les en déranger que le moins possible. Des déplacements continuels modifieraient l'action respiratrice, changeraient l’éclairement et troubleraient la vie.

Un second point qu’on ne doit jamais perdre de vue, c’est que les plantes ont besoin pour vivre, non seulement d’air, mais de lumière. Le premier leur manque rarement dans quelque position qu’on les mette, mais la seconde leur fait souvent défaut dans les appartements. Il faut donc les exposer, non pas toujours à une lumière directe et ardente qui les brûlerait, mais à une lumière suflisante et surtout régulière, dont l'influence leur est indispensable.

Une troisième condilion à observer, c’est la régularité et la qualité de larrosement. Il est des personnes qui n’arrosent leurs plantes que lorsqu'elles voient la terre se durcir et les tiges se faner; alors elles leur donnent de l’eau tout à coup et copieusement pour les oublier ensuite pendant plusieurs jours. Il est évident que ces transitions brusques nuisent aux racines et font dépérir le végétal. Les arrosements doivent être en général modérés, constants et relatifs à l’état des plantes. On ne doit pas les arroser en plein soleil, parce que par là on provoque une évaporation trop grande et trop accélérée, une transpiration trop abondante et trop prompte, produisant en elles des échauffements qui les conduisent à des phthisies et à des éthisies dont elles deviennent victimes. Rien de plus favorable à la bonne santé des végétaux que les arrosements du soir après le coucher du soleil, ou ceux du matin avant qu’il ne darde ses rayons. Les arrosements du soir prévalent même toujours sur ceux du matin pour la culture en appartement. La température de l’eau est encore un point délicat : il faut, comme nous l'avons dit à l'article ARROSEMENT, l’employer à une température égale à celle de l'appartement où les fleurs sont placées. De temps en

temps au moins il est bon aussi d’employer de l’eau de pluie, ui renferme des principes de nourriture et dé vie que l’eau de source et de fontaine ne contient pas.

- Enfin, une quatrième précaution à prendre, c’est de tenir ses plantes dans un état de propreté parfaite. La poussière, en se déposant sur les feuilles, bouche leurs stomates et les empêche de respirer. Pour les en débarrasser, le meilleur moyen est de les arroser de temps en temps avec une seringue à pomme d’arrosoir ; si l’on n’a pas cet instrument à sa disposition, on peut se servir d’une éponge imbibée d’eau qu'on passe avec précaution sur les surfaces imprégnées de poussière. Cette opération est très-délicate et demande une grande dextérité.

Autrefois, pour la floriculture des appartements, on cultivait les plantes en pot et on les y fixait à des tuteurs. Ce procédé avait plusieurs inconvénients : les plantes s’élevaient trop haut pour chercher la lumière ; on ne pouvait les mettre sur les tablettes des fenêtres ; placées à terre, elles étaient exposées à mille accidents. Aujourd’hui, on les cultive généralement dans des vases suspendus auxquels on donne les formes les plus gracieuses et les plus variées. Les plantes ainsi placées croissent de haut, en bas, descendent en gerbes ondoyantes ou en cascades fleuries, et elles charment les regards sans gèner la circulation. |

Les oignons à forcer qu’on cultive dans les appartements pour avoir une floraison précoce en hiver, se placent tantôt dans l’eau sur des carafes destinées à cet usage, tantôt en pleine terre dans des caisses à pied nommées jardiniéres (V. JARDINIÈRE.)

2 Floriculture des fenêtres. La fenêtre est le jardin du modeste ouvrier, qui n’en à pas d’autre où il puisse cultiver les fleurs qui reposent ses regards au milieu de ses fatigues. Avec des soins et des précautions, il peut y avoir des plantes pendant toute la belle saison. Tantôt il y fera grimper des Liserons aux couleurs chatoyantes et variées, qui lui formeront des persiennes fleuries ; tantôt il y développera des Pois-desenteur dont le parfum suave embaumera son séjour. D’autres fois il y placera de petites caisses artistement travaillées, d’où le Réséda lui enverra son arome plein de mystère, où la Pensée l’invitera à élever son àme vers son Créateur, où les Cyclames, les Oxalis, les Géraniums, les Fuchsias et les OEillets viendront successivement lui payer le tribut de leurs fraiches couleurs et de teurs émanations embaumées. Au jour de sa fête, ses enfants souriants lui apporteront une nouvelle fleur pour son jardin chéri, qui servira ainsi non seulement à

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