‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 855 sur 1111 · JACINTHE MUSQUÉE. V. MUSCARI ODORANT · texte numérisé non relu

JACINTHE MUSQUÉE. V. MUSCARI ODORANT

648 jAR JACOBÉE. V. SENECON.

JACQUIER. Artocarpus incisa et integrifolia. (Arbre-àpain, Rima.) Nos Céréales, telles que l’Orge, le Seigle et le Froment, aussi bien que le Riz fs Indes et de la Chine, sémblent, par les soins que leur culture exige, avoir été destinées à la nourriture des peuples civilisés; il fallait aux peuplades sauvages des îles nombreuses du grand Océan un aliment plus simple et d’une préparation plus facile : la Providence le leur a donné dans le fruit de l’Arbre-à-pain, dont les espèces croissent en abondance dans les îles de l'Océanie. Ce sont de grands et beaux arbres de la famille des Artocarpées, à mr ils ont donné leur nom. Leurs fruits, d’un volume prodigieux (il y en a de 25 kilogrammes), sont de grosses boules charnues et verdâtres, formées, comme celles du Mùrier blanc, par la réunion de plusieurs petits périanthes qui deviennent succulents. Leur pulpe, blanche et fibreuse, jaunit en mürissant ; elle renferme une fécule nutritive abondante et des grains très-nombreux, de la grosseur de nos châtaignes, et qui se préparent de même.On mange la pulpe coupée en tranches et grillée sur des charbons, rnaïs un peu avant la naturité complète; les fruits qui y sont renfermés sont réduits en une marmelade aigrelette dont les sauvages Se TIOULrissent de décembre en janvier, temps où l'arbre ne donne pas de fruits. Ils font aussi de l'écorce du Jacquier battue et préparée des tissus plus ou moins fins qui leur servent de vêtements; enfin, le tronc des arbres est assez grand pour leur fournir des pirogues. C’est ainsi que ces pauvres peuples trouvent dans un seul de leurs arbres l'image de cette bonté qui veille à tous leurs besoins, sans qu’ils aient, dans leur ignorance, le bonheur de la connaître pour la remercier et s'élever jusqu’à elle.

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