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soit soumise à une obscurité profonde, on la verra bientôt succomber dansun état de pléthore; les graines, au contraire, qu'on y fera germer, développeront une tige longue, maïgre et étiolée, c’est-à-dire sans force ni couleur, jusqu'à ce qu’on la porte à la lumière, où bientôt elle reprend , avec plus de vie, la couleur bien verte qui caractérise la bonne végétation.
Nous profitons, sous le nom d’éfiolement, de la privation de la lumière pour les plantes. Tout le monde connait l'usage où sont les jardiniers de lier de paille ou de couvrir de terre les Céleris, les Cardons, les Chicorées, pour les faire blanchir, c’est-à-dire pour les attendrir, les rendre plus succulents et moins amers. Dès que le jour cesse de les éclairer, le carbone, cause principale de la dureté des fibres, ne s’y dépose plus, les sucs de la plante restent plus aqueux, et elle ne peut acquérir la saveur bien prononcée, quelquefois trop, qui la caractérise. Les plantes qui pomment, comme les Choux et les Laitues, ont le cœur naturellement étiolé.
Cette couleur verte qui convient à toutes les plantes s'y trouve donc déposée par l’action de la lumière; celle de ja corolle, quoique avivée par elle, en paraît indépendante. On sait en effet que les pétales, dans l'intérieur du bouton, sont déjà colorés; ce qu’il y a de bien certain, c’est l'attraction qui semble entrainer les plantes vers la lumière, de quelque part qu’elle émane. Si dans un jardin d'hiver on a préparé deux ouvertures, l’une pour l’air, l’autre pour le jour, on verra les plantes s’incliner vers celle-ci et paraitre avoir encore moins besoin d'air que de lumière. C’est là ce qui explique la tige droite et élancée des arbres dans les forêts toutfues; leurs cimes, pour trouver le jour, montent perpendiculairement, tandis que, dans les clairières, les rameaux, trouvant la lumière partout, divergent de tous côtés.
C’est par l'influence de la lumière sur les fibres végétales que l’on exprime le mieux le phénomène intéressant du sommeil des plantes. (V. SOMMEIL DES PLANTES.)
LUNAIRE BISANNUELLE. Lunaria biennis. (Monnayère, Médaille-du-pape.) Tandis que les autres plantes séduisent par leur beauté, leurs parfums et leurs fruits, la Lunaire ne fait jamais plus d’effet qu'après sa mort. Elle est alors remarquable par les larges silicules rondes qui renferment ses graines ; Ka -cloison qui les sépare a un reflet satiné si brillant, qu'il à l'éclat de la perle, de la nacre et de l'argent: de là ses noms de Clef-de-montre, Satinade, Passe-satin. Ses larges panicules, sur une tige de 5 à 10 décimètres, sont d’un très-joli ellet. La racine, connue sous le nom de Bulbonac, se mange en sa-