LYCOPERDON. V. VESSE-LOUP
LYCOPODE. Lycopodium. Ce genre, riche en espèces, touche aux Mousses de très-près par son feuillage imbriqué et sa fructification cryptogame. On le trouve dans les bois humides, sur les montagnes ombragées, au pied des rochers tournés au nord et quelquefois dans les marais. L'espèce la plus importante est le L. À MASSUE, L. clavatum (Mousse terrestre, Herbe-à-la-plique). Ses longues tiges se terminent par deux sommets en massue, formés de petites feuilles enveloppant des capsules qui, au moment de la fructification, laissent échapper une poussière jaune, très-abondante, semblable à la fleur de soufre, et nommée Soufre végétal. Les montagnards-suisses et allemands la recueillent soigneuse-
LYO GS5 ment. Les massues, coupées, séchées et tamisées, donnent leur poussière qu'on expédie par tonneaux pour la confection des feux d’artifice des représentations théâtrales; on en fi-
ure des incendies, des torches, des brasiers, ete. Cette poudre éminemment inflammable l’est si instantanément, que sa combustion ne peut se communiquer. Elle est aussi imperméable à l’eau, de sorte qu’en en jetant à sa surfice, on peut à plusieurs reprises y plonger la main sans se moviller.
Le soufre végétal possède des propriétés plus utiles. On l'a employé beaucoup en Pologne contre la plique, singutière maladie des chevaux qui les emmèle et les rend insensibles. Les Russes croient y trouver un spécifique contre la rage. On s’en sert en France pour rouler les pilules et saupoudrer les écorchures chez les enfants’et les personnes trop grasses. C’est un assez bon astringent. On en retire une couleur jaune ; empre comme mordant avec le bois de Brésil, elle donne un
leu plus noir.
Le L. A FEUILLES DE GENÉVRIER, L. juniperifolium, et le L. SÉLAGINE, donnent avec le bois de Brésil un joli gris. Ce dernier sert en médecine vétérinaire contre l’hydropisie et la vermine des chevaux ; sa décoction est émétique. Le L. DEN- TICULÉ est cultivé dans les serres pour garnir de son frais gazon les cascades, les lieux humides et le bord des fontaines qui les abritent.
LYONNAIS. Ancienne province de France, qui comprenait autrefois le Forez et lé Beaujolais, et forme aujourd’hui les départements du Rhône et de la Loire. Si l’histoire de cette belle contrée, si riche en antiquités romaines, en monuments Ep M et en glorieux souvenirs, est pour ses habitants un titre de noblesse ; si l’illustre cité qui lui donne son nom a été de tout temps le centre des arts et du commerce, le Lyonnais peut aussi fournir à la Botanique dés pages intéressantes et s’enorgueilhr des richesses végétales qu'apportent dans son sein les deux beaux fleuves qui fertilisent ses campagnes.
La position presque centrale du Lyonnais au milieu de fa France permet à la Flore du Midi et à celle du Nord de sv réunir pour y verser à l’envi leur corbeille et y semer des fleurs à pleines mains. Pierre-sur-Hlaute et le Mont-Pilat s'v couvrent de plantes alpines et sous-alpines , les étangs de la Bresse et du Forez de végétaux aquatiques. Une foule de plantes méridionales fleurissent dans les plaines du Dauphiné et sur les riches. coteaux du Rhône et du Mont-d'Or. Tandis que les fraîches vallées du Lignon, de l’Azergue et de la Brevenne offrent leurs prairies émaillées de fleurs, mille autres espèces enrichissent les bois calcaires d’Alix et la chaîne gra-
684 LYO
nitique et quartzeuse du Chatelard , dont le monticule boisé borne admirablement le riant tableau dont lArgentière fait le fond.
Un sol aussi fertile en plantes devait être le berceau de la Botanique française et la patrie de ses plus chers favoris. C'était bien là que devait naître cette illustre société, la Société Linnéenne, dont les membres, aussi distingués par leur savoir que par l’accueil bienveillant qu'ils offrent dans son sein à tous les amis de la science, concourent puissamment aux pro grès de la Botanique par leurs travaux et leurs lumières.
Dès le xv° siècle, Symphorien Champier, médecin des rois Charles VIT et Louis XIL, célébra dans son Hortus gallieus les richesses médicinales de la Flore lyonnaise. Il était né à Saint-Symphorien-le-Château, et fit ses premières excursions sur les bords fleuris de la Coïise. Après lui, Daleschamps vint passer trente-cinq ans à Lyon pour y exercer la médecine et préparer son Historia generalis plantarum, ouvrage que le célèbre J. Bauhin continua après qu'il eut exploré le Lyonnais. Ce fut à peu près vers ce temps que J. du Choul publia son Voyage au Mont-Pilat. |
Plus tard, J. Damoulin, André Caille et C. Millet honorèrent par leurs travaux la Flore du Lyonnais. Mais un nom plus illustre devait former à cette époque le plus beau fleuron de sa couronne : les trois frères de Jussieu, Antoine, Bernard et Joseph, et leur neveu Antoine-Joseph, commençaient dans les montagnes du Lyonnais leurs savantes recherches, et préludaient, sans que leur modestie leur permit de s’en douter, à cette heureuse révolution que devaient faire subir à la Botanique leurs observations profondes et le fameux Genera plantarum d’Antoine-Laurent, hommage le plus précieux qu’on ait offert à la Botanique.
C’est à peu près vers la même époque que le digne émule de l'Anglais Miller, le savant abbé Rozier donnait aux agronomes les plus utiles leçons dans son immense Dictionnaire d'Agriculture. La cité se rappelle avec reconnaissance qu’elle doit à ses soins le premier établissement de son jardin des plantes, l’un de ses plus beaux monuments.
Après ces noms illustres mériteraient d’être cités ceux de Goiflon, Pestalozzi, et surtout de la Tourrette, qui publia plusieurs mémoires sur la Botanique et donna à la ville son premier herbier.
Emmanuel Gilibert fit plus : savant aussi infatigable que médecin distingué, il professa longtemps la Botanique en Lithuanie êt revint dans sa patrie remplir avec honneur les mèmes fonctions. Il augmenta et embellit le jardin botanique et décrivit avec exactitude toutes les plantes du Lyonnais ;