‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 897 sur 1111 · MACIS. V. MUSCADIER · texte numérisé non relu

MACIS. V. MUSCADIER

MACRE. Trapa natans. (Châtaigne où Truffe d’eau; Cornuelle, Echardon, Saligot.) Tout est singulier dans la Macre : sa germination annuelle au fond de l’eau et son apparition à sa surface , la forme deltoïdale de ses feuilles, leurs pétioles ballonnés pour les soutenir à la nage, et la bizarrerie de son fruit quadrangulaire, armé de quatre cornes opposées, assez semblable aux chausse-trappes pour avoir fait nommer la plante Trapa. Il renferme une amande blanche, farineuse et bonne comme la châtaigne. Elle se mange crue ou cuite. En Suède, on en fait du pain, et, dans le Limousin, une bouillie délicate. Les fruits se vendent en Italie sous le nom de noïx-jésuites; on les employait autrefois comme astringents et résolutifs. On dit que leur décoction chasse les puces. Ils étaient en honneur chez les Egyptiens, car on en trouve dans leurs momies.

La Macre croit dans les étangs et les lieux marécageux. II suffit, pour la multiplier, de jeter dans l’eau ses fruits mûrs ; ils s’enfoncent dans la vase, poussent au printemps, et donnent leurs fleurs blanches de juin en août. Il faut être attentif à recueillir les fruits, qui se détachent promptemnent et retombent au fond de Peau.

La M. À DEUX CORNES, T. bicornis, est plus grosse que l’espèce commune. On en fait grand cas en Chine, où on l'a multipliée extrèmement. Celle d'Europe a, outre l'avantage d'être comestible, celui d’assainir les eaux stagnantes.

MADI CuLTIVÉ. Madia sativa. Celte Radiée étrangère, originaire du Chili, a acquis depuis quelques années une assez grande célébrité. C’est une plante annuelle de 3 à 4 décimètres, dont la tige droite, revêtue de feuilles nombreuses, sessiles, duvetées et visqueuses, se couronne de plusieurs capi-

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tules à fleurettes jaunes, séparées par de larges paillettes foliacées. La graine, dépourvu‘ d’aigrettes, a beaucoup de rapport avec celle des Dahlias. Toute la plante, la feuille surtout, a une odeur repoussante qui la fait respecter de tous les animaux.

La rapidité avec laquelle s'étend la culture du Madi est une grande preuve en sa faveur. Iltient un des premiers. rangs parmi les plantes oléagineuses. Quoiqu'il craigne le froid, comme il croît vite, on.peut le semer tard et suppléer ainsi à la récolte du Colza quand elle vient à manquer. Du reste, ses produits sont loin de valoir ceux du Chou. On dit son huile presque aussi bonne que celle d'olive ; elle a cependant un petit goût qui prend à la gorge et qu'il est difficile de lui ôter. Ses graines ont le défaut de ne point mürir simultanément, mais elles sont abondantes quand on a semé dans un bon. terrain et qu’on a soin de donner à la terre un petit labour en été. Il demande un terrain fort et une chaude exposition.

On cultive dans les jardins le M. ÉLÉGANT, venant également du Chili. Sa tige de 1 mètre, toute chargée de rameaux qui forment la pyramide, se couvre de fleurs jaunes à couronne centrale d’un pourpre noir. Elles s’épanouissent sur le soir et ont une odeur de melon. On doit le semer sur couche au printemps pour le remettre plus tard en platesbandes. Il est aussi annuel.

MAGNOLIER (de Magnol, botaniste célèbre). Magnolia. Arbres exotiques, formant l’un des plus beaux genres des plantes connues. Le M. À GRANDES FLEURS, M. grandiflora, le plus répandu dans nos jardins, atteint jusqu'à 30 mètres à la Caroline, sa patrie; mais chez nousil ne s'élève guère qu'à 10. Sa tête, bien formée, est couverte de feuilles toujours vertes, luisantes, ovales, longues de 2 décimètres. Les rameaux se terminent, de iuillet en novembre, par des fleurs odorantes d'un blanc mat, velouté, larges de 2 décimètres et composées de 9 à 42 pétales. Les étamines, extrêmement nombreuses, forment au milieu d'eux comme une gerbe dorée, et les fruits en cosse qui leur succèdent s’entr'ouvrent pour laisser apercevoir des graines de corail. À tous ces avantages ce bel arbre joint celui d'être rustique et de supporter nos hivers aussi bien que le Tulipier, qui appartient aussi à la famille des Magnoliacées. 11 ne demande qu'une terre franche, plutôt sèche qu'humide, une exposition au sud-ouest et un abri contre les vents du nord-est. On cultive plusieurs autres espèces de Magnoliers.

MAHALEB. V. CERISIER.

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