‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 928 sur 1111 · MUS · texte numérisé non relu

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Ces mues s’annoncent par une sorte de fringale et sont pour eux un état maladif qui dure peu. Après la briffe, qui précède son dernier changement (c’est du vingt-septième au trentedeuxième jour de sa vie), l’insecte cesse de manger et commence à monter sur les rameaux de Bruyère, de Colza ou d’Ansérine-à-balais qu’on lui donne. C’est là qu’il file en cocon son propre tombeau, admirable réseau de soie dont le brin, d’une excessive finesse, a plus de 3 à 400 mètres de long ; il est blond ou d’un jaune d’or. Toutes les opérations qu’il subit dans les filatures pour être prêt à tisser les étofles, les velours, etc., sont du plus grand intérêt. On ne garde qu’un petit nombre de cocons intacts pour laisser venir la chrysalide à l'état de papillon ou d’insecte parfait. Cet instant venu, il sort de sa coque, vit quelques jours, s’accouple, pond 4 à 500 œufs et meurt. C’est des cocons avariés qu’on retire la filoselle. On fait périr les insectes de ceux qui fournissent la belle soie en les étouffant à la vapeur ; ils servent ensuite d’engrais à la volaille. Les débris des feuilles et la fiente des vers sont aussi pour les champs l’un des meilleurs engrais.

MUSCADIER. Myrrhistica moschata (du grec myrrha, pour son arome comparé à celui de la myrrhe, parfum d'Orient.) C’est un arbre des Moluques, cultivé surtout à Ainboiïne ; il appartient à la famille des Laurinées, si célèbre déjà par ses espèces aromatiques, le Laurier, le Cannellier, le Sassafras, ete. Son tronc ne s'élève guère qu’à 10 mètres. De son écorce découle, par incision, un suc âcre, visqueux et rougeàtre, qui sert à marquer le linge d’une manière indélébile. Le bois, très-léger et blanc, est employé à de petits meubles. Les rameaux sont verticillés, et les feuilles ovales et entières, à légère odeur de muscade. Les fleurs sont dioïques, axillaires, petites et jaunâtres. Le fruit, partie de l'arbre la plus intéressante, est une espèce d'amande de la grosseur d'un œuf de poule ; il est revêtu, comme nos noix, d’une sorte de brou très-épais, qui s’en détache à sa maturité. La coque de l’amande offre une singularité remarquable : c'est le macis ou fleur de muscade, sorte de cupule ou plutôt de grillage formé tout autour du fruit par le développement particulier de larille. La noix muscade (muscade femelle, noix de Banda), qu’enveloppe le macis, grosse comme un petit œuf de pigeon, est formée d’une coque et de son amande. Celle-ci, grisâtre, veinée et chagrinée, se laisse couper au couteau et se ràpe facilement. Elle forme les noix muscades du commerce.

La noix muscade, aussi bien que le macis, qui a tout à fait es mêmes propriétés, sont d’un usage très-répandu comme

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condiment et comme médicament. Les habitants des Moluques emploient les muscades dans leurs mets, leurs boissons, leurs remèdes ; chez les peuples du nord de l'Europe, elles sont encore-plus goûtées qu’en France, et chez nous-mêmes il est mainte cuisine dont on peut dire avec Boileau :

Aimez-vous la muscade ? on en a mis partout.

C’est le stomachique le plus puissant et le plus énergique des excitants digestifs que l’on possède. On la ràpe sur les mets fades, le poisson, la volaille; il est mème des gourmets qui ne se séparent pas de leur étui-râpe à muscade.

Comme médicament, la muscade agit vivement sur la circulation qu’elle accélère. On la prescrit comine tonique, mais rarement seule, dans la débilité des organes digestifs, dans quelques diarrhées chroniques ; c'est un remède populaire. Les médecins indous en font usage comme d’une panacée.

MUSCARI ODORANT. Muscari ambrosiaceum. (Jacinthe ou Oignon musqué.) Quoique cette espèce de Muscari, originaire du Levant, soit une fleur de très-modeste apparence, il a mérité cependant, par son odeur de musc, l’honneur des jardins en même temps que celui de donner son nom à ce genre peu nombreux, détaché des Jacinthes de Linné. Sa tige est basse, sa fleur d’un roux terne et sans éclat; mais on lui pardonne bien, à cause de son parfum, de ne point plaire aux yeux. On doit planter ses caïeux en terre légère en octobre et les relever en juillet, mais seulement tous les trois ans. |

Le M. À GRaPpe, M. racemosum (OEil-de-chien), se multiplie tellement dans les champs, qu’on a peine à les en purger. Ses fleurs précoces, en petite grappe serrée et d’un beau bleu, mériteraient d'être placées en bordure s'il était moins commun.

Le M. caeveLu, M. comosum (Jacinthe-à-toupet, Oignon sauvage, Vaciet), est une plante élégante, mais commune et funeste aux Blés par la mauvaise odeur et le goût amer que sa graine communique à la farine; sa poussière séminale vicie aussi le bon grain. Il doit son nom à de longues fleurs stériles, violettes ou lilas, qui couronnent comme une élégante chevelure sa hampe allongée; garnie de petits grelots assez insigniliants.

MUSCATELLE, MUSQUÉE (PeTITE). V. ADOXA.

MUTEL. V. FROMENT CULTIVÉ.

MYOSOTIS. Myosotis palustris. (Gremillet, Scorpione des marais, Plus je vous vois, plus je vous aime, Ne m'oubliez pas.) Qui ne connaît et n’a cueilli cette petite fleur sur le bord des prairies humides et des ruisseaux ombragés? On raconte que

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