ORM
sous-arbrisseau de 5 à 6 décimètres, dont fes feuilles cotonneuses et les fleurs purpurines, odoriférantes, ont mérité l& culture. 11 veut Forangerie et se multiplie de graines, boutures ou éclats.
ORME CHAMPÊTRE. Ulmus campestris. (Ormeau, Ormille, Umeau.) Arbre de première grandeur, répandu dans toute l'Europe, et si cher à nos aïeux qu’ils en bordaient les routes, en faisaient des avenues, et que, par ordonnance du bon Henri, le fidèle ministre, ami de son maitre, en fit planter à la porte de toutes les églises du royaume ; de là le nom de Sully qu’on donne encore à ceux qui ont échappé à la hache révolutionnaire. Dans le Midi, comme du temps de Virgile et d’Ovide, on se plaît encore à marier la Vigne à l'Ormeau : Pampineæ vites, et amicæ vitibus ulmi ; de là le nom d’Ulmus marita, que lui donnaient les Romains.
Ses longues racines le rendent propre à garnir les terrains en pente sur le flanc des montagnes et le bord des ruisseaux; il vit longtemps, croît vite et chaque pied peut donner tous les ans jusqu'à 30,000 graines qui lèvent partout. Ses variétés sont. nombreuses et se multiplient de greffes, boutures et rejetons. On distingue les Ormes à feuilles larges et rudes, à feuilles étroites ou Ormilles, à feuilles glabres et noires, à feuilles glabres et panachées; ce dernier est le plus précieux pour le charronnage. Toutes ces variétés qui diffèrent entre elles, se ressemblent par un caractère assez singulier : c’est une moitié de feuille toujours plus petite que lPautre.
‘L'Ormille se prète si bien à la taille qu’elle peut remplacer la Charmille. Il importe d’émonder les Ormeaux dans leur jeunesse; la coupe des grosses branches leur fait des plaies difliciles à guérir. Leur plus grand ennemi est la larve du cossus, gros papillon de nuit, à ailes grisâtres, tachetées de brun et rayées de noir; on reconnait sa présence au pied de l'arbre à la sciure du bois qui bouche son trou. I] faut promptement enlever l'écorce qui le protége et le détruire.
Les usages de l'Orme le rendent important ; les fagots de branches feuillées nourrissent les moutons pendant lhiver ; les fruits se mangent en salade en certaines provinces. C’est dans son écorce, la première, que l’on a reconnu l’ulmine, principe neutre, immédiat, chimique, base de tous les végéaux. Sa décoction teint en jaune. On en fait des nattes, des cordes et du papier; on l’emploie à tanner. Jadis sa seconde écorce passait pour une panacée universelle ; elle est, macérée dans l’eau chaude, un remède contre la brûlure. Mais