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froides régions, le Froment et les autres Céréales qui, sous un ciel plus heureux, jaunissent nos guérets.
Il est vrai que ce Lichen est accompagné d’une grande
amertume, mais on la corrige en partie en le trempant dans une faible dissolution de sous-carbonate de potasse ou même dans l’eau froide et en le faisant promptement sécher. Sa récolte est la moisson des Islandais et des Lapons. Ils le ramassent sur leurs rochers, le font sécher ensuite et le conservent dans des barils. C’est pour eux une nourriture aussi substantielle qu’agréable; car un boïisseau de ce Lichen équivaut, dit-on, par la fécule qu’il contient, à deux boisseaux de Froment. On le mange en salade ou réduit en une espèce de farine qui se prend, comme notre amidon, en une gelée transparente, très-substantielle, très-bonne avec du lait. Cet-aliment est bien préférable, pour les peuples qui en font usage, à celui du poisson sec ; il les rend beaucoup moins sujets à l’éléphantiasis, espèce de lèpre commune dans le Nord. , Les propriétés médicinales de ce Lichen nous le rendent également précieux. Il est surtout vanté dans la phthisie, Phémoptysie et les affections muqueuses de la poitrine. On l’administre avec succès dans les toux rebelles qui succèdent à la coqueluche, dans les diarrhées chroniques, à la fin des dyssenteries. Son amertume le rend stomachique, anti-goutteux, vermiluge et fébrifuge. Par sa fécule abondante, il convient dans l’abattement des forces, l'épuisement et la consomption. Enfin, c’est au Lichen d'Islande que les préparations médicinales de Regnauld doivent une partie de leur célébrité.
I est aussi employé dans les arts. En Angleterre, dans la fabrication des toiles peintes, on remplace avec son mucilage l’usage de la gomme arabique. Il fournit une couleur jaune à
la teinture. En Carniole, on le donne aux porcs pour les en- |
graisser, aux Chevaux pour les refaire. C’est lui enfin qui fait, avec la Cladonie-des-rennes, la principale nourriture de ces animaux si utiles aux Lapons.
Les autres espèces de Physcie ne sont pas sans intérèt. La P. CILIÉE, très-commune sur les haies de nos montagnes, de gris sombre qu’elle est avant la pluie, prend subitement, à l'humidité, une teinte verte remarquable. On l’a employée en parfumerie pour donner de la consistance à la poudre à poudrer. Les peuples du Nord substituent souvent la P. DES NEIGES, P. nivalis, à celle d'Islande. La P. DU PRUNELLIER, P. prunastri (Mousse de l’acacia, Orseille feuillée), a été vantée comme un astringent très-utile dans les affections abdominales. En Egypte, on la met dans la bière et dans le pain pour produire la fermentation, et elle donne, quand on la
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PIE 167 fait macérer avec le sulfate de fer, une teinture rouge ou brune.
PHYTOLAQUE COMMUN. Phytolacca decandra. (Raisin des teinturiers, d'Amérique, du Canada, Morelle en grappes.) Ce géant des plantes herbacées, dont les tiges rougeûtres s’élèvent à 3 ou 4 mètres, à une racine vivace, grosse et charnue, qui passe l'hiver en pleine terre et ne craint que l'humidité. C’est un purgatif, ainsi que les feuilles et les baies. Celles-ci forment des grappes du plus beau rouge-violet, que les oiseaux aiment beaucoup; leur suc teint en rouge-corinthe, mais la couleur, peu solide, ne s'emploie guère qu’à colorer le papier, les sucreries, les liqueurs et surtout le vin en y associant de l’alcool. Ses jeunes feuilles se mangent en Amérique sous le nom d’Epinards doux. Leur in'usion dans leaude-vie est un bon remède contre le rhumatisme ; pour cela, on en fait des frictions en se couchant, et on y joint des boissons sudorifiques. Le Phytolaque, originaire de Virginie, se multiplie de tronçons, de racines et de graines, et convient très-bien aux massifs des grands jardins.