‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 987 sur 1111 · TOME li · texte numérisé non relu

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nourrir pendant l'hiver ; elles les préserveraient de la pourrtture, maladie à laquelle ils sont sujets dans cette saison. On les emploie dans le Midi à faire un excellent fumier en les laissant sous les troupeaux et dans les basses-cours. Cette ressource précieuse est inconnue dans le Nord, où on n’emploie guère les rameaux feuillés que pour allumer et aviver le feu. Les pommes de Pin sèches sont le bien des pauvres; ils les amassent en été pour s’en chauffer l'hiver; elles mettent, dans certaines espèces, deux ou trois ans à mûrir. La médecine les employait autrefois comme astringentes. Les fleurs à étamines donnent une poussière si abondante, qu’elle forme

uelquefois des nuages entiers, qui, emportés par le vent ie d’autres contrées, ont pu donner lieu aux fausses idées des pluies de soufre.

Tous les Pins réussissent dans les terrains secs, primitifs, granitiques, quartzeux et siliceux, qui forment les hautes montagnes; mais les terrains calcaires leur conviennent d’autant moins qu’ils contiennent plus de carbonate de chaux.

Dans leurs forêts, les Pins se ressèment d'eux-mêmes; mais si l’on veut en créer de nouvelles, il faut mêler à un semis serré, pour qu'ils croissent plus droits, des plantes annuelles pour protéger la germination. Transplantés jeunes, ils reprennent très-bien. On sème en terre de bruyère, en chaude exposition; on repique en pépinière, et on met en place quand commence la nouvelle pousse.

Les forèts de Pins sont une richesse pour nos montagnes : qu'il est à regretter qu’elles s’en dépouillent sensiblement par l’immense consommation que l’on fait de cet arbre précieux! Elles sont en outre, dans le tableau varié de la nature, une teinte sombre et majestueuse qui fait ressortir ses autres couleurs. Les {orêts de Pins, et généralement celles de tous les arbres verts agités par les vents, ont une sorte de sourd mugissement d’une harmonie grave et sauvage. Qui ne sait qu'Ossian, Young et lord Byron y allèrent souvent puiser des inspirations ?

Le P. pes FORÊTS (Pinéastre), plus spécialement enfant du Nord, est de toutes les espèces la plus importante et la plus répandue ; il couvre les montagnes du Lyonnais ; aussi le désigne-t-on spécialement sous Te nom de Pin de Tarare. Ses variétés sont les Pins de Riga, de Russie ou du Nord, le plus beau de tous, le Pin rouge d’Ecosse et le Pin horizontal de le Hanle-HeRs; tous trois sont d’une qualité supérieure au nôtre.

Le P. MARITIME OU DE BORDEAUX, à longues feuilles et

cônes très-gros, croit plus vite, mais est moins droit et moins haut que le précédent. C’est l’arbre des Landes et de tout le

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littoral de l’Océan. Les vents de la mer, mortels aux autres arbres, sont nécessaires à celui-ci. I] ne vient bien que là, résiste à la fureur des orages, et protége contre eux les campagnes plus fertiles que la Providence semble avoir confiées à sa garde. C’est lui surtout dont le pollen abondant a pu faire croire aux pluies de soufre.

Le P. PIGNON, P. pênea ou sativa (Pinier, Pin bon), propre au midi de la France, est cultivé en Italie et en Espagne, moins pour son bois, qui a cependant toutes les qualités de celui des arbres de sa famille, que pour l’amande de ses cônes, longue, blanche, et d’un goût de noisette ; elle se mange fraîche et sèche. On en fait des pralines et dragées, et on en retire en une huile douce et fine le tiers de son poids.

Le P. pu Lorb WEeimoutTn, P. sfrobus, nous vient de Amérique septentrionale. C’est un fort bel arbre cultivé dans les jardins anglais pour sa haute stature, la netteté de : son écorce, le vert sombre de ses longues feuilles en faisceaux terminant des rameaux flexibles et en verticilles très-bien marqués.

Le P. LaRICIO (Pin torche ou Pin de Corse) est, après le Pin de Riga, le meilleur pour la mâture. Il forme encore de

magnifiques forêts sur les montagnes de cette ile, aussi riche

en plantes qu’en souvenirs.

Le P. muGHo n’a que de 2 à 5 mètres de haut ; ses branches inférieures ont la longueur du tronc. C’est de lui que les Lapons font leurs arcs et les longues semelles qui leur servent à courir sur la neige. :

Le P. D’ALEP ou DE JÉRUSALEM ne résiste pas à nos hivers.

Le P. CEMRRA ou COMBROT DES ALPES est bas, tortueux, raboteux, mais précieux pour son amande bonne à manger et à faire de l'huile. Toutes ces espèces et plusieurs autres sont cultivées dans les jardins botaniques et paysagers.

PINCEMENT. Le pincement est une opération qui se fait aux arbres fruitiers dans le but d’arrêter la trop grande viueur de certaines branches et de les forcer à se mettre à ruit. Il se pratique aussi sur certaines plantes vivaces pour les maintenir plus basses, les faire ramifier et rendre leur floraison plus abondante. Le pincement se fait en serrant la jeune pousse entre l'index et le pouce plus ou moins fortement, suivant qu'on veut la couper avec l’ongle ou seulement la broyer pour arrêter un instant la sève. Cette opération ne coupant pas le rameau d’une manière aussi nette et aussi précise qu'on pourrait le faire avec un instrument, la plaie est beaucoup plus longue à se cicatriser, et la sève est refou-

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