‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 992 sur 1111 · QUI-POND. V. MORELLE AUBERGINE. À · texte numérisé non relu

QUI-POND. V. MORELLE AUBERGINE. À

PLAQUEMINIER ÉBÉNIER. Diospyros ebenum. Cet arbre, si célèbre par son bois, appartient aux Indes, mais est aussi cultivé dans nos colonies. Il est aussi remarquable par sa dureté et sa pesanteur que par sa teinte du plus beau noir. Ce n’est que le cœur du bois qui fournit l’ébène, car l’aubier, d’un beau blanc, tranche avec lui d’une manière remarquable. IL est peu de bois aussi recherchés que l’ébène par les tabletiers, les luthiers et les tourneurs pour une infinité de petits ouvrages, marquetterie, mosaique, etc.

PLATANE D'ORIENT (du grec platus, ample ou large). Après les Cèdres du Liban, le Platane est l'arbre le plus célèbre de l'antiquité. L'Ecriture compare l'homme de bien qui se nourrit de la véritable sagesse au Platane qui est planté sur le bord des eaux. Force, beauté, grandeur, majesté, tout est réuni dans cet arbre, qui résiste aux orages et forme par son large feuillage un abri aussi "impénétrable à la pluie qu'aux rayons du soleil ; aussi en a-t-on fait l'arbre des avenues, des boulevards, des places publiques. Il est tardif à prendre ses feuilles, mais en revanche il les garde très-longtemps.

Les peuples d'Orient, chez lesquels le Platane est né, en ombragent leurs édifices. Il fut, selon Pline, apporté dans l'ile de Diomède pour être planté sur le tombeau de ce roi. De

là il passa en Sicile, puis en Italie et enfin dans les Gaules. Les jardins de Salluste en étaient remplis. Il était consacré au génie tutélaire qu’on couronnait de ses feuilles et de ses fruits. On faisait à ces beaux arbres des libations de vin pour les mieux faire prospérer. Le fameux Platane de Lycie, au rapport de Pline, était d’une grosseur prodigieuse et formait une cavité nommée la maison ou la grotte végétante ; elle avait 27 mètres de tour, et le sommet qui la couronnait ressemblait à une petite forèt. Le gouverneur de la province y donna un

festin à dix-huit de ses amis. Les feuilles des rameaux for-.

maient leur toiture, et celles qui étaient tombées leur servaient de tapis.

L’épidérme, qui chaque année se détache du tronc en larges écailles très-remarquables, le laisse parfaitement uni. Le pétiole mérite aussi une attention particulière : il protége et recouvre en entier le bourgeon, qui ne parait qu’à la chute feuilles.

Le Platane croit vite et vient bien partout où la terre est profonde, franche et légère. Les insectes l’attaquent rarement. Onle multiplie de boutures avec le bois de l’année et un petit talon de la précédente. Son bois, qui ressemble à celui du Hêtre, a le grain plus fin. Sec et poli, il fait de beaux ouvrages ; frotté d'huile, il a l’éclat et la beauté du Noyer. Les habi tants du mont Atlas s’en font des barques d’une seule pièce.

Le P. p’OccipENT, originaire de l’ Amérique septentrionale, a les feuilles plus belles, mais le bois moins bon que celui d'Orient. Le dessous de ses feuilles est couvert d’un duvet qui s’en détache et fait tousser au point d’en cracher le sang. il se cultive et se multiplie comme le précédent, mais demande un terrain plus frais. Il est beaucoup moins répandu.

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