‹ Études d’hygiène publique (volume 3)Chapitre 25 sur 35 · D. — LA SUETTE MILIAIBE : ÉPILOGUE A L'ÉPIDÉMIE DE MONTMOEILLON · texte numérisé non relu

D. — LA SUETTE MILIAIBE : ÉPILOGUE A L'ÉPIDÉMIE DE MONTMOEILLON

L'épidémie de l'arrondissement de Montmorillon, en 1887, dont nous n'avions pas parlé parce qu'un rapport avait été présenté sur elle par M. Brouardel à l'Académie de médecine, était éteinte depuis 1 1 mois, lorsqu'elle eut son épilogue dans celui de Poitiers en 1888 : le 22 mai, le Dr J ablonsky constatait la maladie chez cinq personnes de Vernon, commune de 904 habitants, distante de 20 kilomètres (sud- est) de Poitiers et limitrophe de l'arrondissement de Montmorillon : deux autres cas étaient ensuite signalés. Dès ce moment, des instructions renouvelées de celles de la députation du Conseil central d'hygiène de la Vienne et de la Commission sanitaire envoyée de Paris par le Ministre du commerce l'année précédente, furent remises au maire de Vernon, qui s'empressa de les faire afficher et distribuer dans sa commune ; les écoles furent licenciées,

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le départ des hommes de la territoriale pour la période d'instruction de 13 jours fut ajourné. A la seconde visite de M. Jablonsky à Vernon, on constate six nouveaux cas; en même temps on apprend que la suette est depuis le 27 mai dans une localité située à 27 kilomètres à l'ouest ; le 5 juin elle gagne Gemay à 7 kilomètres au sud (arrondissement de Civray) ; dans la direction inverse, elle se rap proche de Poitiers, touche Villedieu, Nieuil-l'Espoir et Nouaillé. Il y eut en tout 112 cas, répartis dans 10 communes appartenant aux arrondissements de Poitiers et de Civray, et 10 décès. Dans son rapport adressé le 1er avril 1889 au Conseil central d'hygiène publique et de salubrité du département de la Vienne, le Dr Jablonsky tire, entre autres conclusions, les suivantes :

« Les symptômes présentés par tous nos malades sont ceux que nos prédécesseurs observèrent dans les épidémies précédentes, notamment en 1815, mais sous une forme atténuée... Nous n'avons rencontré nulle part ces formes typhoïdes observées dans l'épidémie de 1887, auxquelles M. le Dr Brouardel a donné le nom de suettes rubéoliques, et que nous appelons avec notre ami le DrGuillé, des rougeoles miliaires. Un certain nombre de faits militent en faveur de la contagion de la suette miliaire déjà admise par plusieurs auteurs. Nous sommes fondé à penser que les mesures de désinfection énergique employées dès le début de l'épidémie ont enrayé la marche de la suette. »

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