LA VULVO-VAGINITE DES PETITES FILLES
CONTAGIOSITÉ DE LA MALADIE. — UNE PETITE ÉPIDÉMIE A L'HOPITAL DES ENFANTS-MALADES. — PRÉCAUTIONS PRISES POUR ÉVITER LA PROPAGATION ET LEUR RÉSULTAT.
Dans un mémoire récent sur un mode de contagion de la vulvo-vaginite des petites filles non signalé jusqu'à ce jour, le bain en commun, le Dp Suchard, de Lavey (2), parle de la contagiosité comme d'une notion admise par presque tout le monde. « On connaît, dit-il, la propagation par les draps de lit, les linges, les objets de pansement. »
Cette opinion est loin d'être aussi générale que les deux lignes que je viens de citerpermettraient de le croire. Si les caractères cliniques de la vulvo-vaginite des petites filles sont connus, sonétiologie l'est beaucoup moins Les causes énumérées dans la plupart des livres classiques pourraient toutes être rangées sous deux chefs : les irritations mécaniques et les déterminations locales d'une affection générale, aiguë ou chronique.
Il n'est peut-être qu'un auteur qui précédemment ait parlé en termes formels de la transmission et en ait rap-
(1) Communication à l' Académie de médecine, séance du 23 oct. 1888.
(2) Suchard (A.-F.). De la contagion de la vulvo-vaginite des petites filles. Revue mensuelle des maladies de l'enfance, n° de juin 1888, p. 265.
porté des exemples, c'est Pott (1), dont le travail a paru ily a quelques années dans un recueil allemand consacré aux maladies de l'enfance ; encore s'agit-il d'une contagion particulière, probablement très rare, et dans laquelle la maladie passerait de la mère à la fille. Dans ces conditions, les blennorrhagies vraies comme les leucorrhées symptomatiques de catarrhe utérin ou vaginal pourraient donner lieu par contamination directe à la vulvo-vaginite.
Dans les faits que j'ai l'honneur de signaler à l'Académie, il s'agit de transmission d'enfant à enfant.
Au mois de juillet dernier, il y avait dans la section des dartreuses de la salle Bazin (2), à l'hôpital des Enfants- Malades, seulement deux petites filles soignées pour un écoulement vulvo-vaginal. Elles restèrent en traitement pendant trois semaines environ, sans qu'on pût noter aucun épisode capable d'attirer l'attention ; au bout de ce temps, plusieurs autres enfants furent prises d'accidents tout à fait semblables à ceux des deux premières.
Il y eut en tout 15 cas :
dont 1 chez une petite fille de 3 ans
2 chez des petites filles de 4 —
Cette évolution d'une espèce d'épidémie dans une salle
(1) Pott (Eichard). Die specifische Vulvo-vaginitis im Kindesalter und ihre Behandlung. Jahrhuchfur Kinderheilkunde, 1882, t. XIX, p. 71.
(2) La salle Bazin comprend deux sections distinctes et séparées, l'une destinée aux dartreuses, et l'autre aux teigneuses.