‹ Études d’hygiène publiqueChapitre 10 sur 19 · CHEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

CHEZ LES ENFANTS

J'ai l'honneur de soumettre à l'Académie deux faits qui se sont passés l'un en ville et l'autre à l'hôpital, et qui me semblent mettre hors de doute, au moins chez les enfants, la contagiosité de la tuberculose pulmonaire par les voies respiratoires. Il s'agit là, comme on sait, d'une question non encore résolue pour tout le monde et qui intéresse au plus haut point l'hygiène publique et l'hygiène privée. J'ai donc pensé faire œuvre utile en vous communiquant cette courte note, qui, tout en étant d'ordre purement clinique, n'en a pas moins, je crois, la valeur d'une expérimentation physiologique.

Le 25 mars dernier, on nous présentait à la consultation de l'hôpital des Enfants-Malades, un petit garçon de 28 mois, né de parents vigoureux, qui nous affirmèrent n'avoir jamais été malades. L'interrogatoire le plus minutieux ne fît découvrir chez les ascendants aucune tare scrofuleuse ou tuberculeuse. En novembre et décembre 1884, ce petit garçon alla jouer, presque tous les jours,

(1) JSote lue à l'Académie de médecine, dans la séance du 28 avril

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avec l'enfant d'une voisine un peu plus âgé que lui et qui se mourait de phtisie chronique. Les parents, n'y voyant aucun inconvénient, le laissèrent ainsi pendant de longues heures auprès de son petit ami. A la fin de janvier on vit, sans cause appréciable, la santé de l'enfant s'altérer ; il devint pâle, eut des sueurs nocturnes et maigrit notablement. En même temps, il éprouva du dégoût pour les aliments et perdit ses forces.

Aujourd'hui, cet enfant présente, au sommet du poumon droit, de la matité et des craquements humides ; la respiration est gênée, le pouls fréquent, et la peau presque toujours en moiteur. En un mot, on constate chez lui tous les signes fonctionnels et physiques d'une tuberculose pulmoijaire déjà à la seconde période.

Voilà le premier fait. J'ai eu l'occasion d'en constater un non moins démonstratif à l'hôpital des Enfants-Malades.

Une petite fille de 4 ans est admise dans notre service, salle Sainte-Elisabeth, n" 26, le 11 décembre 1884, pour une paralysie infantile. Le père, vigoureux et bien portant au moment de la naissance de l'enfant, est mort à l'âge de 30 ans, assez rapidement, et on ne sait de quelle maladie. Chez les grands parents du côté maternel, les seuls sur lesquels on ait des renseignements précis, on ne trouve aucun antécédent de scrofule ni de tuberculose.

Notre petite malade n'a jamais eu d'affection sérieuse avant 1884. Mais au commencement de cette année-là, elle fut successivement atteinte de rougeole et de coqueluche. Elle s'est bien remise de ces maladies, et depuis lors, sa santé s'est maintenue dans de bonnes conditions

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